Assainissement du secteur de la microfinance: 15 jours pour sensibiliser les populations à la vigilance

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La lutte contre les structures illégales de microfinance passe par l’assainissement du secteur. C’est dans ce cadre que l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd) a organisé, conjointement avec le Comité de stabilité financière et d’assainissement du secteur de la microfinance (Csf-Asm) la quinzaine de l’assainissement du secteur de la microfinance. Les activités ont été lancées hier, mardi 17 novembre 2020, au Ministère de l’Economie et des finances.

 

15 jours pour sensibiliser les populations à la vigilance, partager avec elles les résultats du 3e recensement national des Sfd et les initiatives informelles du secteur de microfinance effectuées en 2019. De même, elles auront à connaître le cadre légal et règlementaire régissant le secteur, le bilan des activités du Comité de stabilité financière et d’assainissement du secteur de la microfinance (Csf-Asm) et des échanges sur les thématiques telles que les activités financières en ligne, le marketing de réseau, le e-commerce, etc.  Par le biais des journées portes ouvertes, les ateliers et conférences de presse, les populations seront renseignées sur l’existence de structures illégales de collecte d’épargne et/ou d’octroi de crédits dans leur environnement immédiat, le risque qu’elles encourent en allant déposer leur argent dans ces structures et la nécessité de les dénoncer.

Saluant le Ministre de l’Economie et des finances pour son implication personnelle dans la lutte contre les structures illégales de microfinance, le Dg/Anssfd Louis Biaou a souligné que l’organisation de la quinzaine de l’assainissement du secteur de la microfinance entre dans le cadre des nombreuses actions de veille, de sensibilisation mises en œuvre par le Comité de stabilité financière et d’assainissement du secteur de la microfinance. Lesquelles actions visent, à l’entendre, à attirer l’attention des populations sur la nécessité d’observer une vigilance accrue contre les promoteurs indélicats de structures illégales de collecte de l’épargne et de placement de fonds.

A sa suite, Natacha Kpochan Razaki, Directrice de cabinet du ministre de la micrifinance et des affaires sociales, a souligné qu’il y a des zones rouges où on constate une forte concentration des structures illégales de microfinance. La quinzaine sera, selon ses dires, l’occasion de faire le point des actions menées pour l’atteinte de l’objectif zéro structure illégale de microfinance sur l’ensemble du territoire national.

Quelques statistiques

Dans son allocution de lancement, le directeur de cabinet du Ministre de l’Economie et des finances Hermann Takou est revenu sur quelques statistiques. Des actions réalisées par le Csf-Asm, on retient qu’en 2013, 06 structures illégales de microfinance ont été fermées à Abomey-Calavi, Cotonou et Porto-Novo. 2015-2017 : le comité a dénoncé auprès de la Brigade économique et financière 13 structures illégales identifiées dont la majorité a été fermée et leurs promoteurs poursuivis et emprisonnés. 2017 : le comité a fermé 03 structures illégales à Cotonou et Porto-Novo. Au titre des indicateurs, la clientèle desservie s’élève à près de 2 millions 600 mille FCFA. L’épargne collectée s’établit à près de 134 milliards FCFA, le niveau de l’encourt de crédit se situe autour de 163 milliards FCFA, et des créances en souffrance de près de 13 milliards FCFA représentant environ 8% contre une norme de 3% admise dans le secteur. Ce qui montre, selon le Dc/Mef, l’importance d’assainir ce secteur confronté à des difficultés majeures telles que l’existence sur le même marché des initiatives informelles exerçant l’activité de collecte de l’épargne et d’octroi de crédits. Selon les statistiques, au 30 septembre de cette année, le secteur compte un total de 114 Sfd répartis comme suit, suivant les formes juridiques : 09 Sfd constitués sous forme de sociétés ; 86 Sfd de type mutualiste ou coopératif ; 19 Sfd constitués sous forme associative ou d’organisations non gouvernementales. En 2011, 721 structures illégales de microfinance ont été dénombrées. Mais en 2019 le recensement fait état de 38 initiatives exercent l’activité de microfinance en marge de la règlementation. Ces résultats traduisent, selon le président du Csf-Asm Hermann Takou, l’efficacité des actions d’assainissement du comité depuis son installation.

Bertrand HOUANHO

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