Coronavirus: Moderna annonce un nouveau vaccin contre la Covid-19

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Après le géant pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech, et l’institut de recherche russe Gamaleya la semaine dernière, c’est au tour de la biotech américaine Moderna de publier, lundi 16 novembre, des résultats intermédiaires sur l’efficacité de son candidat-vaccin, qui s’administre en deux injections. Alors que Pfizer se prévalait d’un score impressionnant de 90 % (son concurrent russe, de 92 %), Moderna revendique un pourcentage plus élevé encore : 94,5 %. Selon Franceinfo, le vaccin de la firme américaine de Cambridge affiche des résultats encore plus prometteurs que ceux annoncés la semaine dernière par son concurrent Pfizer. Et se conserve dans des conditions plus simples que son concurrent.

 

Ce résultat a été obtenu au cours des essais de phase 3, la dernière étape de tests cliniques avant la mise sur le marché. Cette étude, qui vise à mesurer l’efficacité et la sécurité du vaccin, a été réalisée sur plus de 30 000 participants aux Etats-Unis, dont 42 % sont « à risque » (personnes âgées de plus de 65 ans ou présentant un facteur de risque). La moitié d’entre eux a reçu deux doses de vaccin (la deuxième administrée 28 jours après la première), l’autre des doses de placebo, sans que ni les uns ni les autres ne sachent à quel « bras » de l’expérience ils appartenaient. Comme Pfizer avant elle, Moderna n’a pas pour l’instant publié ses résultats dans un article scientifique, mais dans un communiqué de presse. On y apprend que 95 volontaires ont contracté le Covid-19 au moins deux semaines après l’injection de la seconde dose : 90 font partie du groupe ayant reçu le placebo, 5 du groupe vacciné. La totalité des cas sévères (11 personnes) ont été observés dans le groupe témoin. « Le résultat majeur de cet essai, ce ne sont pas les 94 %, c’est l’absence de cas sévères, car les décès, les passages en réanimation mais aussi les confinements ne sont dus qu’à ces formes sévères. Si on les supprime, la pandémie n’est plus un danger. Ces 0 cas, c’est la meilleure nouvelle de l’année », analyse Steve Pascolo, spécialiste des vaccins ARN à l’université de Genève.

Une efficacité annoncée de 94,5%

Concrètement, cela signifie que le risque de tomber malade du Covid-19 a été réduit de 94,5% entre le groupe placebo et le groupe vacciné lors du grand essai clinique en cours sur 30 000 personnes aux Etats-Unis, selon une analyse préliminaire des premiers cas. En l’occurrence, 90 participants du groupe placebo ont attrapé le Covid-19, contre 5 dans le groupe vacciné. On ignore encore la durée de la protection conférée par le vaccin, ce que seul le temps révélera. Mais si ce niveau d’efficacité était le même dans la population générale, ce serait l’un des vaccins les plus efficaces qui existent, comparable à celui contre la rougeole, efficace à 97% en deux doses, et bien meilleur que ceux contre la grippe (19 à 60%), selon les Centres américains de lutte contre les maladies. Pour rappel, le vaccin de Pfizer-BioNTech aurait une efficacité de 90%, et le vaccin russe Spoutnik V de 92%, selon des premiers résultats communiqués la semaine dernière.

Il y a eu peu d’effets secondaires, selon Moderna

Les résultats présentés par la société semblent prometteurs. Aucun malade grave du Covid-19 n’a été enregistré parmi les personnes ayant reçu le vaccin Moderna, contre 11 dans le groupe placebo. Environ 9 à 10% des personnes vaccinées ont eu des effets secondaires importants après la seconde dose tels que fatigue, courbatures, ou rougeur autour du point d’injection. Néanmoins la prudence reste de mise, car ces données n’ont pas été évaluées indépendamment par des scientifiques.

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“C’est un moment charnière dans le développement de notre candidat vaccin contre le Covid-19, s’est réjoui le patron de Moderna, le Français Stéphane Bancel. Cette analyse intermédiaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave.”

 

Le vaccin repose sur une technologie récente

Comme le vaccin de Pfizer-BioNTech, le vaccin de Moderna utilise l’ARN messager, qui n’avait encore jamais fait ses preuves. Des instructions génétiques pénètrent directement les cellules humaines, qu’elles reprogramment pour qu’elles fabriquent elles-mêmes un antigène du coronavirus afin de déclencher une réponse du système immunitaire.

Le vaccin a été codéveloppé avec les scientifiques de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (dirigé par Anthony Fauci, l’immunologue qui conseille la Maison Blanche), un organisme de recherche public américain. Le vaccin se fait en deux injections séparées de quatre semaines. Il doit être transporté à -20°C, mais pourra ensuite être stocké décongelé dans un réfrigérateur (2 à 8°C) pendant 30 jours.

Les avancées sont d’une rapidité historique

Moderna demandera une autorisation de mise sur le marché “dans les prochaines semaines” aux Etats-Unis. Si le vaccin était approuvé, la rapidité de développement serait une prouesse scientifique, moins d’un an après l’apparition du virus en Chine. A titre de comparaison, il a fallu neuf ans, dans les années 1950, pour développer et autoriser le vaccin contre la rougeole. Dans les dix dernières années, la durée moyenne de développement pour les 21 vaccins approuvés par la FDA a été de huit ans, selon une étude parue dans la revue internationale Jama (en anglais). L’Europe examine également le vaccin de Moderna, devenu donc lundi 16 novembre le troisième projet soumis à un “examen continu” par l’Agence européenne des médicaments, après ceux d’Oxford-AstraZeneca puis de Pfizer-BioNTech début octobre.

 

Thomas AZANMASSO

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