État des droits de l’homme au Bénin: Gouvernement-Cbdh: le verre à moitié vide ou à moitié plein

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Au Bénin, les droits civils et politiques sont respectés. C’est du moins, ce qu’estime le gouvernement. Une déclaration qui contraste avec les observations contenues dans le rapport 2020 de  la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh). Celle-là même habilitée à donner  aux  institutions  de  la  République,  à  la  population  et  à  toute structure compétente,    des    renseignements,    des    avis    et    faire    des recommandations  sur  toutes  questions  relatives  aux  droits  de  l’Homme.

 

Le Bénin est et demeure un État de droit. Un État dans lequel, les libertés publiques et individuelles sont respectées et renforcées de même que l’état de droit, la démocratie. Invité sur « 90min pour convaincre » de la radio nationale, dimanche 8 novembre dernier, c’est ce qu’affirmé le ministre porte parole du gouvernement. Ainsi, selon les propos rapportés par le quotidien du service public ‘’La Nation’’, sous nos cieux, les Béninois peuvent par exemple dénoncer sans être inquiétés. Aussi, le Bénin n’est pas un pays où les journalistes ne peuvent pas librement exercer leur métier. «On n’est pas dans un pays où l’on poursuit les journalistes pour leurs opinions. On est plutôt dans un pays où les droits des uns et des autres sont garantis de façon responsable», fait savoir le porte-parole du gouvernement.

Seulement, quelques semaines avant ces déclarations du Ministre, c’est dans ce même Bénin que la Cbdh dans son rapport 2020, a fait cas des violations des droits qui, dans «toutes leurs catégories persistent et pour certains, elles se sont même amplifiées au cours du processus électoral des législatives d’avril 2019». C’est dans ce Bénin qu’ont été observées des violations du droit à la vie par des pertes en vies humaines enregistrées lors de la répression des manifestations de Kilibo (Commune de Ouessè), de Cadjèhoun (Commune de Cotonou) et de Kandi (Commune de Kandi) liées au processus électoral des législatives du 28 avril 2019 ; de la liberté d’expression à travers l’interdiction des manifestations publiques et la répression de ces manifestations non autorisées par l’usage disproportionné de la force par les Forces de défense et de sécurité au cours du processus électoral des législatives du 28 avril 2019 ; du droit à un procès équitable, etc.

Par ailleurs, quelle portée revêt pour le gouvernement, les ‘’critiques’’ de la Cbdh dont la mission est la  promotion  et  la protection des droits de l’Homme sur tout le territoire de la République du Bénin, ‘’critiques’’ relatives à la violation du droit d’accès à l’information et de pouvoir communiquer librement par la coupure du signal d’internet et de communication vers l’extérieur lors des législatives du 28 avril 2019 ?; l’entrave à la liberté de la presse par le brouillage et la perturbation de la Radio privée Soleil F.M. régulièrement autorisée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et la non-exécution de l’arrêt de la Cour d’Appel de Cotonou n° 051/CM/2019 du 16 mai 2019 levant la mesure d’interdiction de parution du quotidien béninois d’information et d’analyse ‘’La Nouvelle Tribune’’? Et, que dire de la récente décision du Groupe de travail de l’Onu sur la détention qu’il qualifie «d’arbitraire» du journaliste Ignace Sossou qui, pour avoir relayé sur les réseaux sociaux des propos du procureur de la République tenus lors d’un atelier organisé par Cfi, a été condamné à 12 mois de prison pour «harcèlement par le biais de moyens de communication électronique»?

Dans tous les cas, qu’à cela ne tienne. Le gouvernement à sa définition de la démocratie que le peuple béninois, lui, n’appréhende forcement pas. Puisque, pour La Rupture, les structures qui soutiennent qu’au Bénin la démocratie va mal, «ne sont pas juges de notre démocratie, ni d’aucune démocratie d’ailleurs. Et leur classement à travers un seul prisme ne permet pas de jauger véritablement l’état de notre démocratie».

M.M

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