Covid-19: Macron réunit deux conseils de défense

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(Des mesures de durcissement à attendre)

Emmanuel Macron aurait dû se rendre ce mardi après-midi au Creusot pour un déplacement sur le thème du nucléaire mais le président français a préféré annuler sa visite pour se consacrer à la crise sanitaire. La situation est « très difficile, voire critique », selon les scientifiques. L’exécutif veut décider vite. De nouvelles annonces sont attendues avant la fin de la semaine.

 

Trois jours, c’est le temps que se donne le chef de l’État pour prendre de nouvelles décisions. Les derniers chiffres alarmants ont poussé Emmanuel Macron à bousculer son agenda.

La deuxième vague est violente. « Le couvre-feu ne suffit pas », regrette un cadre de la majorité. Les réunions vont s’enchaîner au sommet de l’État : un conseil de défense ce mardi matin. Jean Castex va recevoir les chefs de partis et les partenaires sociaux dans l’après-midi avant un deuxième conseil de défense décisif mercredi matin.

Emmanuel Macron prépare les Français à un nouveau tour de vis. Plusieurs options sont sur la table :  avancer le couvre-feu ?, Des reconfinements locaux ? Seulement le week-end ? Tout est possible, répètent les ministres, mais le confinement épisode 2 ne ressemblera pas totalement à l’épisode 1 de mars dernier.

« À l’époque, on ne savait pas faire. Aujourd’hui, on sait qu’on peut avoir un confinement gradué », pronostique un député En Marche. Dans ce scénario, les écoles resteraient ouvertes, les Français pourraient continuer à travailler, mais les relations sociales seraient, elles, limitées au strict minimum.

Confinement écocompatible

La deuxième vague sévit donc brutalement en France. Le pays a dépassé un triste record ce lundi 26 octobre : 52 010 nouveaux cas positifs au coronavirus ont été enregistrés au cours de ces dernières 24 heures. Des voix s’élèvent pour réclamer un nouveau confinement. Deux spécialistes en santé publique du CHU de Lille, dans le Nord, ont signé une tribune dans le Journal du Dimanche paru le 25 octobre, pour proposer un « confinement écocompatible ».

Les deux médecins proposent finalement d’appliquer à la lettre l’expression « Métro, boulot, dodo ». Autrement dit, limiter au maximum la vie sociale des Français. La limiter à leur emploi, à l’éducation pour les plus jeunes, à l’accès au transport et aux commerces essentiels.

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Car pour Philippe Amouyel, professeur en santé publique au CHU de Lille, la mesure de couvre-feu nocturne appliqué par les deux tiers des Français ne suffit pas.

« Quand les gens sont dans la rue, quand les gens sont dans les transports en commun, majoritairement, ils respectent les gestes barrières. Le problème c’est les échanges qu’ont ces foyers familiaux avec l’extérieur. Avec les amis, avec les proches, avec les sorties, c’est certainement par là que les fuites du virus sont à l’origine du maintien de la progression. »

Le professeur Amouyel et son confrère militent pour que ce « confinement écocompatible » soit imposé le plus vite possible pour casser la courbe. Ils le voient comme un nouveau temps d’arrêt, brutal mais pas forcément long.

« Si on se base sur le confinement, près de la moitié des cas ont diminué chaque semaine dès la troisième semaine de son installation. Donc sur deux à trois semaines on pourrait déjà amorcer cette descente. »

Autre arme absolue selon les deux experts : le dépistage systématique pour identifier et isoler les cas asymptomatiques. Par cette tribune, ils espèrent que le gouvernement penchera pour des mesures radicales pour que les Français puissent retrouver le plus rapidement une vie normale.

L’accès aux soins de plus en plus difficile

Les hôpitaux sont les premiers à subir cette dégradation de la situation sanitaire. Ils craignent une saturation des lits de réanimation et un manque de personnel.

L’hôpital de Laon est un petit hôpital de campagne, 300 lits et 12 lits de réanimation. Laon est une petite ville pauvre située dans le nord de la France et un désert médical. Dans l’hôpital certains soignants sont absents car ils ont trop « donné » durant la première vague. Et cela a forcément une influence sur l’offre de soin à la population.

 

rfi.fr

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