A la quête de récépissé et de parrainage: L’Opposition se fraie un chemin dans le brouhaha

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Elections législatives non inclusives, communales et municipales presque tout aussi exclusives, l’Opposition au régime de Cotonou n’a fait que subir depuis le 16 avril 2016. La réforme du système partisan, pourtant souhaitée par toute la classe politique, a été, semble-t-il, conduite contre une partie, celle qui ne se retrouve pas dans la mode de gouvernance du régime de la Rupture. Pour la première fois depuis le renouveau démocratique, des heurts ont éclaté au Bénin au lendemain d’une consultation nationale. On a tiré à balle réelle sur des manifestants qui ne réclamaient que leur droit d’aller au vote, l’essence même de la démocratie. Jusqu’à aujourd’hui, des corps restent confisqués et les familles n’ont pas pu faire le deuil. Toutes les conciliabules d’avant et d’après les élections pour corriger les lois crisogènes n’ont pu permettre à l’Opposition d’avoir des élus au Parlement, ni dans les conseils communaux et municipaux. Bon gré mal gré, nécessité d’existence oblige, certains partis de l’Opposition n’ont pas eu d’autre choix que se conformer aux lois décriées. Dans le lot, Restaurer l’espoir de Candide Azannaï et le Mpl de Sabi Sira Korogoné ont pu obtenir leur récépissé. Légalement donc, ils existent, même s’ils n’ont pas pu participer à une élection. ‘’Les démocrates’’, un autre grand parti de l’Opposition est toujours en quête de récépissé. Certains partis comme l’Usl de Sébastien Ajavon et le Parti communiste du Bénin semblent avoir abandonné. C’est dans cette atmosphère que s’annonce la présidentielle. Election capitale dans tout pays, quelle conduite devrait tenir l’Opposition ?

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Faire le jeu du pouvoir

Certains partis de l’Opposition, en décidant de se conformer aux lois crisogènes, qu’ils ne cessent pourtant de dénoncer, avaient déjà choisi de faire le jeu du pouvoir afin de continuer à exister. Aujourd’hui, avec la présidentielle qui s’annonce, il est reproché à l’Opposition de raser les murs pour ‘’quémander’’ le parrainage chez des élus dont ils contestent pourtant la légitimité. Cela sous-entend qu’il est loisible à ces élus d’accorder ou non leur parrainage à un candidat de l’Opposition. Ils pourraient alors décider de ne parrainer aucun candidat de l’Opposition, ne serait-ce que pour prendre leur revanche. Mais la chose, vue sous cet angle, paraît simplice.  Après les Législatives qui ont exclu l’Opposition et les communales et municipales où juste un parti dit de l’opposition s’est ajouté aux deux autres partis siamois qui avaient seuls des élus au Parlement, n’est-il pas presque devenu vital pour le pouvoir d’ouvrir la présidentielle ? Une présidentielle non inclusive serait considérée comme l’exclusion de trop. Et, cette fois-ci, cela risque de desservir sérieusement les intérêts du régime auprès des partenaires au développement. Dès lors, c’est de l’intérêt même du régime de faire en sorte que la présidentielle soit la plus ouverte possible. Les députés et maires Up et Br seraient amenés, dans ce cas, si possible contre leur avis, à parrainer des candidats de l’Opposition. D’un autre côté, il y aura forcément un ‘’marché de parrainage’’. Officieux certes, mais cela existera. Dans un système politique comme celui du Bénin, il serait une illusion de croire que les élus vont accorder leur parrainage à X ou Y sans rien en retour.

Obtention de récépissé pour exister légalement,  aller à la quête du parrainage pour pouvoir participer à l’élection présidentielle peuvent être considérés comme un acte de survie de toute espèce menacée d’extinction. Ce n’est que de cette façon que l’Opposition peut continuer à entretenir l’espoir qu’un jour les choses changent.

M.M

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