Pratique du taekwondo à l’ère de la Covid-19: Poomsae kata en virtuel pour maintenir la forme des athlètes

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(Les six meilleurs récompensés par la Fébétae, en mode innovation)

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La pandémie liée à la Covid-19 a contraint plusieurs événements sportifs à être arrêtés, suspendus, reportés voire annulés. Au Bénin, les activités sportives ont réciproquement subi le même sort, obligeant les athlètes à se confiner partiellement. Mais la Fédération béninoise de taekwondo (Fébétae), dirigée par son président, Dr Jules Victorien Kougblénou a trouvé la formule idéale et adéquate pour maintenir ses athlètes en forme, dans un tempo approprié et suivant un rythme. Ceci, avec l’organisation de Poomsae kata en mode virtuel et dont les meilleurs ont reçu leurs récompenses. C’était samedi 10 octobre 2020 au siège de la Fébétae à Akpakpa (Cotonou) dans le respect strict des gestes barrières imposés par le gouvernement béninois pour réduire la propagation du coronavirus au Bénin.

Eric Minankpon Tossou, Delphin Dossou Alidji et Ecclésiaste Koudenoukpo Faïhoun dans la catégorie hommes puis Gloria Obidoun Kiton, Bouama Natchimdjabo et Premya Zunelia Wankou dans la catégorie dames sont les grands vainqueurs de la première édition de Poomsae kata (démonstration technique) en mode virtuel. Une compétition organisée par la Fébétae dans le souci de maintenir les taekwondoïstes au contact de la pratique de l’art, et ce, dans les conditions sanitaires actuelles. Une idée géniale de la Fébétae pour permettre aux athlètes de maintenir leur forme.

«Cette compétition se fait aussi au niveau de worlds taekwondo en cette période de crise sanitaire qui a suspendu toutes les activités. On travaille individuellement à la maison. Je suis content d’avoir pris la première place mais on a encore du travail. Le taekwondo, c’est plusieurs compartiments. Il y a l’olympisme et le martial», a confié le médaillé en or, côté hommes Eric Minankpon Tossou. Pour lui, cette récompense est un mérite. «Mais dans le même temps, le mérite est toujours mis en cause chez nous. On a la médaille en or mais cela ne veut pas dire qu’on est déjà au sommet. Il faut travailler car il nous reste encore du chemin», a-t-il reconnu.

«Cette compétition nous a permis de revenir un peu dans la cadence et de mettre en pratique l’art traditionnel. C’est une autre facette de l’art. Ce qui a permis de voir un peu notre niveau», a avancé Bouama Natchimdjabo, classée médaillée en argent au niveau des dames.

La Fébétae dans la dynamique de l’innovation et de la créativité

Cette initiative a été fortement appréciée par les acteurs du taekwondo qui n’ont pas manqué d’apprécier le timing de la compétition. Dès lors, environ 25 candidats, hommes et dames se sont inscrits et ont réalisé la vidéo des épreuves demandées. Ceci, pour être en action permanente avec le tatami (circonstanciel) depuis leur domicile.

«Le Comité exécutif de la Fébétae a estimé qu’on pouvait faire autrement face à la dureté de l’oisiveté par rapport à la pratique du sport. Cela fait des mois qu’il y a une sorte d’hibernation, que beaucoup de nos pratiquants n’ont plus l’occasion de pratiquer l’art qui leur est très cher. Nous avons sursoit à toutes les activités en raison de la gravité de la Covid-19», a rappelé le président de la Fébétae, Dr Jules Victorien Kougblénou. A l’en croire, la Fébétae a décidé d’opter pour l’innovation et la créativité. «C’est dans la dynamique d’adaptation, d’innovation et de créativité que le Comité exécutif a décidé d’organiser un concours virtuel d’exécution de poomsae», a-t-il indiqué. Ainsi, un jury international composé de trois experts  a été mis en place pour apprécier les techniques des différents candidats à travers les supports vidéo présentés à ces derniers. Et après un travail minutieux des membres de jury qui a duré des jours, les meilleurs ont été dévoilés et distingués au cours de la cérémonie de remise de prix. «Cet art martial est trop jaloux de l’excellence et du travail bien fait…Ceux que nous avons devant nous, constituent la firme crème de nos pratiquants en matière de l’exécution de Poomsae», dira Eudes Chognika, représentant des membres du jury.

 

Quid des critères entrant en ligne de compte dans la notation…

Pour Eudes Chognika, un Poomsae est un combat imaginaire et dans ce type de combat, l’exécutant a dans sa tête que son adversaire est le plus parfait. «C’est quelqu’un qui exécute son combat avec beaucoup de précisions et de sérieux. Du coup, celui qui lui fait face doit agir aussi avec précision sans faille», souligne-t-il. A l’en croire, c’est une série de mouvements répondant à un certain nombre de critères. «Les déplacements sont contrôlés. S’il faut faire un demi-pas, et vous en faites un grand pas, ce n’est pas sûr que vous ayez l’adversaire qui lui est parfait dans sa position. Si pendant qu’il faut envoyer un coup de poing au niveau du visage, vous l’envoyez au niveau du cou, ce n’est pas le même impact», a-t-il fait remarquer. «Nous partons du principe que le point de départ soit toujours égal au point d’arrivée. Cela veut que l’adversaire soit, à l’arrivée, où il est attendu. Donc, l’exécutant aussi doit être là, à la fin», précise le représentant du jury qui a ajouté que les mouvements doivent être bien faits. «A chacun des mouvements qui sont exécutés…est-ce qu’il y a la précision dans chacun de ces mouvements. Si on prend chacun de ces mouvements au ralenti, est-ce bien exécuté ? Il faut passer chacune des vidéos dans toutes ces conditions. Quand on prend une vidéo, on décrypte entièrement la vidéo sur l’entièreté des différentes phases d’examination (…)», dira Eudes Chognika. A cela s’ajoute la qualité des images. Selon ses dires, la qualité de la vidéo a été prise en compte parce que certains ne sont pas restés dans la ligne de cette exécution. «La caméra en face, à des niveaux d’exécution, ils ont changé le sens. C’est comme si, à l’exécution, ils se sont arrêtés pour voir le cameraman changer de position avant de continuer. Or, il y a un  timing pour exécuter un poomsae. Quand vous commencez à un rythme donné, le rythme doit être soutenu jusqu’à la fin. Ce n’est pas une vidéo ordinaire. Ce n’est pas un concours de chorégraphie», a-t-il martelé.

Réalisation : Abdul Fataï SANNI

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