Patrice Talon candidat: La promesse de mandat unique non tenue

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La promesse ne sera pas tenue. Contrairement à ses idéaux qu’il a tout le temps défendus, Patrice Talon ne fera pas le mandat unique. 1er août 2016, dans un entretien télévisé, le chef de l’Etat déclarait : “La quête d’une second mandat est un facteur de mauvaise gouvernance. Nous sommes tous d’accord que ça développe un clientélisme absolu. Dès le premier jour de prise de fonction d’un président élu, quand on lui offre l’opportunité d’être président à nouveau au bout de cinq ans, toutes ses actions et toutes ses décisions sont conditionnées par cela, par la chance qu’il doit préserver à être réélu au terme de son mandat.” Convaincu de l’impact d’un mandat unique sur la bonne gouvernance, la question a été étudiée par la Commission technique chargée des réformes politiques et institutionnelles. Mais, comme au sein de la classe politique, les avis étaient partagés. Le projet de révision alors concocté a plusieurs fois échoué. Déçu, le président a sorti le fameux ‘’j’aviserai’’. Mais en réalité, Patrice Talon avait réglé à son niveau la problématique de mandat unique. “Si par extraordinaire, le mandat unique ne passait pas, dans tous les cas, à titre personnel je ferai le mandat unique pour montrer à mes concitoyens que j’y crois fermement et qu’en cinq ans on peut faire le job et laisser la tâche à d’autres personnes”, avait-il affirmé lors de l’entretien télévisé du 1er août 2016. Qu’on essaie maintenant de lier sa décision de rempiler à l’échec des premières tentatives de révision de la Constitution n’est pas juste. Qu’il décide d’aviser, qu’il choisisse aujourd’hui de renoncer au mandat unique, aucune loi n’est violée, certes. Mais la parole donnée n’aura pas été respectée. Patrice Talon n’avait pas conditionné sa candidature pour un second mandat à la réforme de mandat unique, bien qu’il ait toute la latitude d’introduire finalement le mandat unique dans le texte de la Constitution finalement révisée par un Parlement recomposé où seuls les députés de sa chapelle politique siègent.

Ceux qui espéraient que le Bénin pourrait se mesurer à des pays comme l’Afrique du Sud de Nelson Mandela, la France de François Hollande vont devoir attendre qu’un autre président, dans un futur lointain, décide de lui-même de faire un seul mandat, alors que la Constitution lui permet d’en faire deux. En son temps, à propos du mandat unique prôné par Patrice Talon, Yaya Jammet avait ironisé dans Jeune Afrique: « Il est nouveau… » Finalement, l’ancien président de la Gambie aura-t-il raison ?

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M.M

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