Polémique autour de l’évaluation diagnostique des Ace 2008: Le Front revient à la charge et plaide

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Front d’action des Syndicats de l’Education (Front) 

Bureau Executif National 

Siège social: Bourse du Travail, Cotonou. Tél. : 97 04 48 36 / 97 07 51 53 / 97 30 53 65 / 97 21 80 17 / 64 43 53 67 

DECLARATION AU SUJET DE LA SITUATION DES ENSEIGNANTS ACE 2008 EN RUPTURE DE CONTRAT

 

Le lundi 14 septembre 2020 s’est tenue à la Bourse du Travail à Cotonou, une réunion statutaire du Bureau Exécutif National du Front d’Action des Syndicats de l’Education, consacrée exclusivement à la situation des enseignants ACE 2008 dont les contrats ont été rompus par le MEMP et le MESTFP avec interruption du mandatement de leurs salaires depuis le 07 septembre 2019.

Ladite séance qui a connu la présence effective de tous les membres dudit Bureau a pris fin par une Déclaration dont la teneur suit : 

Béninoises et Béninois, chers compatriotes !

Qu’il vous souvienne que le vendredi 16 août 2019, réuni en Conférence des Secrétaires Généraux, le Front avait procédé à une analyse minutieuse de la situation relative à l’évaluation projetée par le Gouvernement puis fait les observations suivantes :

1.Les objectifs et finalités de ladite évaluation ne sont pas clairement définis : les contradictions contenues dans les différents comptes rendus d’audiences et de réunions tenues dans ce cadre puis les imprécisions constatées dans le communiqué radiodiffusé conjointement signé par le MEMP et le MESTFP en étaient illustratives ;

2.Le cadre législatif ou réglementaire qui devrait encadrer une telle évaluation et lui donner toute sa valeur juridique n’existe pas ;

3.Les ACE reversés de 2008, bien qu’étant formés à coût de milliards déboursés par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et le contribuable béninois ont, dans le cadre de ladite évaluation, été diabolisés, humiliés et blessés dans leur dignité comme s’ils n’ont rien apporté à l’école béninoise.

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A l’issue de cette Conférence, le Front avait, dans sa Déclaration de position :

invité le chef de l’Etat, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale à suspendre le processus de l’évaluation diagnostique ;

recommandé que les multiples points d’ombre qui persistaient soient d’abord clarifiés et que le consensus soit fait sur les objectifs et finalités d’une telle évaluation.

De son côté, le Conseil Sectoriel pour le Dialogue Social (CSDS), structure faîtière du MESTFP à l’époque avait, à la fin des travaux de sa deuxième session ordinaire le 29 août 2019 à Bohicon, recommandé au ministre Mahougnon KAKPO ’’la suspension du processus de l’évaluation des connaissances académiques et professionnelles des enseignants contractuels de la promotion 2008 aux fins d’élucider tous les points d’ombre du projet et d’aboutir à un consensus’’.

En dépit de toutes ces recommandations et suggestions de la part des représentants des enseignants, ladite évaluation a eu lieu contre vents et marées les 24 août et 7 septembre 2019.

Un an après, les constats sont les suivants :

1.aucun enseignant ayant atteint le seuil de réussite à l’issue de l’évaluation n’est devenu Fonctionnaire de l’Etat comme annoncé par le Gouvernement ;

2.ceux n’ayant pas atteint le seuil de réussite ne sont pas non plus allés en formation de mise à niveau comme prévu ;

3.l’unique processus qui est allé à son terme et qui a mobilisé toute l’attention des ministres Salimane KARIMOU et Mahougnon KAKPO est celui de la rupture des contrats des trois cent cinq (305) enseignants qui n’ont pas pris part à ladite évaluation.

Par ailleurs, cette évaluation qui devrait, selon les propos des ministres du Gouvernement, s’étendre aux ACE 2008 des autres ministères, aux enseignants de l’EFTP ainsi qu’à ceux du Supérieur ne semble plus être d’actualité.

A l’analyse, quelques questions s’imposent :

Le projet avait-il été bien muri par les ministres en charge de l’Education ?

les ACE de la promotion 2008 régis par le décret n°2008-377 du 24 juin 2008 portant régime juridique d’emploi des Agents Contractuels de l’Etat se retrouvent-ils exclusivement au MEMP et au MESTFP ?

Le cadre normatif qui devrait permettre le reversement en Fonctionnaires de l’Etat des enseignants ayant atteint le seuil de réussite est-il finalement disponible ?

Si l’évaluation visait effectivement l’amélioration des performances des enseignants des deux sous-secteurs et par ricochet celle de l’offre éducative, on se demande pourquoi, un an après, ceux n’ayant pas atteint le seuil de réussite ne sont toujours pas mis en formation en vue de leur réévaluation et éventuellement leur réorientation dans des ministères de leur choix comme prévu par le Gouvernement.

Les objectifs et finalités de ladite évaluation se résumaient-ils à la rupture des contrats des trois cent cinq (305) enseignants n’ayant pas composé ?

Qu’est-ce que cette évaluation qui a mobilisé toute l’attention de l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les ressources du contribuable a-t-elle apporté en termes de plus-value au système éducatif béninois ?

Le Front n’avait-il pas raison d’inviter, en son temps, le Gouvernement à suspendre le processus de l’évaluation en vue de clarifier les multiples points d’ombre qui persistaient et d’obtenir le consensus autour des objectifs et finalités de ladite évaluation ?

Au regard de tout ce qui précède, le Front :

Fustige la tenue, malgré tout, de cette évaluation diagnostique en dépit des observations, recommandations et suggestions pertinentes de la Conférence des Secrétaires Généraux.

Invite le MEMP et le MESTFP à reconnaître que l’évaluation diagnostique des 24 août et 7 septembre 2019 n’a rien apporté de positif à l’Ecole béninoise ;

Demande humblement au Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement et garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale d’ordonner la réhabilitation des trois cent cinq (305) enseignants dont les contrats ont été rompus dans le cadre de ladite évaluation.

Vive le syndicalisme au service du développement !

Vive le Front d’Action des Syndicats de l’Education !

Vive l’Ecole béninoise !

 

Fait à Cotonou, le 14 septembre 2020

Pour le Front,

Les Porte-parole

 

Codjo Jean ADADJA Eric Roméo PETHOS 

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