Crispation et méfiance à la veille d’une présidentielle: Pathétique ! Tout le monde attend Talon…

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S’il faut caricaturer la situation au Bénin à 7 mois de la présidentielle, le chef de l’Etat Patrice Talon semble être le noyau autour duquel gravitent tous les électrons. Tout tourne autour de lui. Que cela soit au sein de la Mouvance, de l’Opposition ou de la Société civile, tout le monde semble avoir les mains liées. Difficile pour les acteurs se réclamant de l’une ou l’autre des chapelles de s’afficher ou de prendre des initiatives osées dans le cadre du scrutin qui se profile. En dehors de quelques réactions sans suite dans les rangs de la société civile et de la classe politique opposante pour soit réclamer du président de la République, la suppression des dispositions tendant à l’exclusion, ou soit négocier un ‘’ compromis politique’’, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Si ce n’est une ou deux déclarations de candidatures que d’aucuns qualifieraient de plaisanterie parce que les concernés ne peuvent jurer la main sur le cœur qu’ils ont déjà réussi à réunir les 16 députés et/ou maires qui doivent parrainer leur candidature comme prescrit dans le Code électoral. La quasi-totalité des maires et députés sont d’ailleurs des deux partis politiques siamois nés des entrailles du Pouvoir. Parlant du Pouvoir, à cette date, aucun membre, même proche de Patrice Talon ne peut dire s’il sera candidat ou non, lui qui avait publiquement sollicité un seul mandat de cinq ans. Du côté de l’Opposition critique à Talon, aucune candidature officielle non plus. ‘’Les Démocrates’’, dont l’ancien président Yayi Boni est membre d’honneur, eux, sont toujours dans l’attente du récépissé devant consacrer l’existence légale à leur parti.

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Pathétique ! Tout se passe comme si tout le monde a greffé son agenda sur celui du locataire de la Marina. N’importe quel membre de la galaxie Rupture sait bien qu’avant de prétendre avoir un léger appétit pour le fauteuil présidentiel, il doit attendre que le chef parle d’abord. Le « J’aviserai » étant toujours en suspens. Sur la problématique du parrainage et autres revendications liées au scrutin, c’est visiblement Patrice Talon que la société civile et la classe opposante attendent pour revoir leur stratégie d’action. Justement, parlant de parrainage, pour obtenir les 16 « parrains » qu’il faut pour porter une candidature autre que celle éventuellement du chef de l’Etat, d’aucuns pensent également que c’est Patrice Talon qui a les ficelles bien que la Mouvance affirme publiquement que députés et maires sont libres dans leur choix. De l’autre côté, Les Démocrates ne cessent de clamer que l’obtention du récépissé de leur parti dépendra du Pouvoir de Patrice Talon. Dans un Bénin reconnu démocratique depuis 1990, à quelques encablures de la présidentielle de 2021, comment expliquer cet attentisme mêlé de crispation dans le paysage politique ? Certaines langues trouveront qu’il faut attendre que le corps électoral soit convoqué et le jeu lancé. Et pourtant, cette ambiance qui prévaut, même au sein de la Mouvance, est loin d’être des plus habituelles. Est-ce une prouesse de la Rupture via la Réforme du système partisan ?

 

Worou BORO 

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