Bénin/Gratuité de la collecte des ordures: Les populations désabusées

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(Cas de Godomey, Allègléta, Kindonou et Sètovi)

Au Bénin, la gratuité de la collecte des ordures est effective. Seulement, entre l’imposition par les agents collecteurs de faux frais et le traitement irrégulier et méprisant que subissent les populations de leur part, il y a urgence d’extirper le ver du fruit. 

 

La joie n’aura été que de courte durée. A l’annonce de la gratuité de la collecte des ordures au Bénin, beaucoup de ménages ont jubilé. Économiser les 2000 F Cfa qu’il fallait rendre mensuellement afin de se voir débarrasser des déchets ménagers est apparu comme un gain. Notamment en cette ère morose (Covid-19) où les activités économiques sont au ralenti et les produits de première nécessité coûtent bonbon. Seulement, c’était sans compter avec l’inconséquence des agents collecteurs qui, si rien n’est fait au pas de charge, finiront par infecter l’initiative. Si ce n’est déjà le cas.

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Nous sommes à Godomey, commune d’Abomey-Calavi. «Quand, ils sont venus ramasser les ordures pour la première fois chez nous, les enfants étaient au dehors devant le portail. Ils leur ont demandé de leur appelé leur maman. Quand je suis allée à leur rencontre, ils ont demandé que je leur trouve quelque chose, que je leur donne de l’argent pour qu’ils prennent de l’eau à boire. Je leur ai répondu que je n’en avais pas. Je leur ai aussi fait la promesse qu’une autre fois, je satisferai à leur demande mais ils m’ont fait comprendre que c’est une autre équipe qui passera», raconte dame E.O. qui poursuit toute désolée, «depuis ce jour, aucune équipe n’est venue ramasser les ordures. Pourtant, (doigtant la voie longeant la clôture du cimetière Pk14) la fois dernière seulement, ils ont pris par-là». «Ce qui m’énerve, c’est quand on m’oblige à donner de l’argent alors qu’ils sont payés pour le travail qu’ils font», va renchérir mémé A. Et, ailleurs, on semble vouloir jouer avec l’ignorance des populations. De Godomey à Allègléta, le scénario s’écrit autrement. Monsieur T.M, nouveau dans le quartier, pour la gestion des déchets de son ménage, va faire recours au service de collecte des ordures de sa zone. «A l’arrivée du monsieur, il m’a exigé de signer un contrat dans lequel, je prends l’engagement de payer le service chaque fin du mois…Quand, finalement, je me suis présenté à lui en tant qu’Enseignant et homme de la presse et lui rappelant la décision de l’Etat, il s’est ravisé…En réalité, il savait pertinemment que la collecte a été rendue gratuite», confie-t-il.

A  Kindonou, la collecte des ordures depuis bientôt deux semaines, se veut sélective. «Depuis deux semaines, on n’a plus vu personne pratiquement. Or, ils nous ont dit qu’ils passeront deux jours dans la semaine. Et, pour les quelques fois, quand ils passent, ils toquent à certaines portes qu’ils ont sélectionnées, je ne sais sur quels critères, pour prendre les ordures», laisse entendre Mme C. Et, la panacée est toute trouvée : «Quand on a constaté cela, nous avons repris par déverser nous-mêmes les ordures là où on le faisait», fait-elle savoir. De Kindonou à Sètovi, les poubelles craquent. Sous le poids des ordures qui, au jour le jour, s’amassent, elles ploient et débordent. Constat identique à Bar-Tito. Des récipients pleins d’ordures sont disposés aux abords des voies attendant d’être vidés.

 

 De la méthode de collecte des ordures 

Aux premières heures qui ont suivi la décision du gouvernement sonnant désormais la gratuité de la collecte des ordures ménagers, il était loisible de voir les agents collecteurs souvent au nombre de 3, y compris le chauffeur de l’engin, stationnés devant les maisons pour vider eux-mêmes les ordures de leur contenant. Et quand d’ordures, ils n’en trouvaient pas au dehors, ils prenaient la peine de toquer aux portails pour demander s’il n’y en avait pas à l’intérieur des maisons. Seulement, «Ce qu’ils font maintenant… c’est que, quand ils viennent dans une zone, ils vont stationner quelque part et se mettent à crier alertant les ménages». Et, c’est à une course folle contre la montre du conducteur que femmes et enfants en majorité s’adonnent dorénavant. Paniers, seaux et sachets remplis d’ordures, les voilà courant pour ne pas avoir à rater ‘’le train’’ puisque les collecteurs souvent pressés, n’attendent pas que tous déversent leurs déchets avant qu’ils ne démarrent en trombe laissant derrière, d’innocentes gens dépités de se retourner avec leurs réceptacles toujours remplis d’ordures.  Ceci se conte à Godomey. A Kindonou, «au début, c’est quand ils sont à une grande distance, qu’ils se mettaient à crier et chacun sortait pour apporter sa poubelle. Par la suite, c’est quand ils sont bien proches des maisons qu’ils le font. C’est tout un désordre». Il n’est pas aussi rare de constater, ces engins transportant les ordures, bondés de sorte à en éparpiller le long du trajet. Obligés parfois, les agents collecteurs  s’arrêtent pour corriger le tir. Et que dire de la désinvolture avec laquelle les engins sont conduits dans les rues…On se croirait dans une pétaudière. Dans tous les cas, la collecte des ordures, telle qu’elle se fait actuellement est à repenser. C’est une misère que vivent les populations.

 

Cyrience KOUGNANDE 

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