Décision de passage en 2nde en faveur des élèves dans l’Atlantique et passage systématique: Ça cafouille dans le secteur éducatif

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Les récentes décisions prises à quelques jours seulement de la reprise des activités académiques laissent songeur. Si l’option de passage systématique des écoliers du CI, CE1 et CM1 ne fait toujours pas l’unanimité, celle favorisant le passage en classe de 2nde des élèves du département de l’Atlantique ayant obtenu le Bepc semble semer davantage la confusion.

 

 Le directeur départemental des enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Atlantique a, par note de service, instruit les chefs d’établissements scolaires du département à l’effet de faire passer en classe de Seconde, pour le compte de l’année scolaire 2020-2021, tous les titulaires du Brevet d’études du premier cycle obtenu entre 2017 et 2019. Il s’agit principalement de ceux n’ayant pas obtenu la moyenne de classe permettant leur passage en Seconde. Si la décision en elle-même ne pose pas problème, elle suscite toutefois des préoccupations. Pourquoi une telle décision uniquement en faveur des élèves du département de l’Atlantique ? Quand bien même certains pourraient laisser entendre que les autres départements emboiteraient le pas dans les jours à venir, ne serait-il pas plus raisonnable que la décision émane de l’autorité ministérielle notamment du ministre de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle? Car, la seule remarque qui se dégage de ladite note de service, laisse croire que certains apprenants sont privilégiés alors que la faveur aurait pu être accordée à tous les concernés sur toute l’étendue du territoire national. Nul doute d’ailleurs qu’elle suscite de polémique dans l’opinion. La polémique continue donc de s’enfler dans le secteur éducatif.

 

Ça jase également au primaire

Par note circulaire n°1315/MEMP/DC/SGM/D-INFRE/SP du 02 septembre 2020, le ministre des enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou a recommandé aux chefs d’établissements,  la mise en œuvre d’une formule de sous-cycle pour le passage systématique au cours suivant des apprenants du CI, CE1, CM1. Une option qui suscite toujours des réactions sur la toile. Si, selon l’autorité ministérielle, cette disposition s’inscrit dans la dynamique de “l’Education pour tous“, prônée au Forum mondial sur l’éducation en 2000 à Dakar (Sénégal), elle vise surtout à garantir l’accès des enfants à un enseignement primaire obligatoire et gratuit ; leur maintien à l’école ; l’acquisition des compétences et connaissances nécessaires dans la vie courante pour les jeunes et adultes et l’amélioration de la qualité de l’éducation. Chose curieuse, elle est encore loin de recevoir l’assentiment de tous. Pour le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, si la note circulaire du Memp est motivée par le souci de la réduction de l’échec scolaire, la volonté d’appliquer la loi ne prend malheureusement pas en compte les réalités du terrain. Selon lui, pour rester en phase avec les principes de l’Approche Par Compétences (Apc), chaque apprenant a deux années scolaires pour acquérir les notions requises pour chaque sous-cycle. De ce fait, chaque enseignant dispose de deux années pour conduire l’apprenant à faire les apprentissages nécessaires. A l’en croire, les mutations doivent en tenir compte.  Quant au principe de l’individualisation de l’enseignement /apprentissage, il affirme que l’Apc exige que l’enseignant ait une connaissance précise des besoins et des qualités de chaque apprenant. De manière à ajuster l’accompagnement qu’il lui apporte sur les deux années où il le suit. L’enseignant doit donc avoir reçu la formation requise et disposer dans sa classe d’effectifs raisonnables (entre 15 et 25), selon Anselme Amoussou. « Dans nos écoles se pose encore le problème de la qualité des formateurs… Aucune mesure de remédiation n’est encore visible à ce jour. Le syndicaliste conclut donc “qu’aucune des conditions nécessaires ne semble réunie pour que l’autorité atteigne les objectifs visés par la note circulaire“. Pour d’autres observateurs, cette option vise la promotion de la médiocrité dans l’enseignement primaire. Par ailleurs, le Memp estime qu’il ne s’agit point de nouvelles instructions et qu’elles ne visent pas à promouvoir la médiocrité dans les écoles. Pour l’autorité ministérielle, l’école doit combattre à tout prix la médiocrité par la culture de l’excellence mais tout en sauvegardant l’égalité des chances pour tous. Et, il faudra privilégier l’évaluation formative dans l’enseignement primaire étant donné qu’elle permet de jauger le niveau de l’apprenant au fur et à mesure que chaque séquence d’apprentissage évolue, et l’enseignant fait intervenir l’outil de remédiation en cas de difficulté. L’enseignant peut donc recourir à l’évaluation sommative après un certain nombre de séquences d’apprentissage. Dans ce cadre, les enseignants ont un rôle prépondérant à jouer pour un suivi rigoureux des apprenants.

Aziz BADAROU

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