Défis des communes frontalières du Bénin: Les 5 visages de Tanguiéta

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Dans un dossier spécial, Banouto présente sous cinq (5) angles Tanguiéta, une des 36 communes frontalières au Bénin, à travers enquêtes et grands reportages.  

 

Située au nord-ouest du Bénin, la commune de Tanguiéta est frontalière avec le Togo et le Burkina Faso. Elle est entourée par la chaîne de l’Atacora, considérée comme le château du Bénin. Mais les populations de cette commune font face aux problèmes d’accès à l’eau depuis plusieurs années. Si dans certaines communes du Bénin, des gens cherchent désormais de l’eau potable, à Tanguiéta, la ressource en eau à l’état de nature n’est pas monnaie courante. Dans plusieurs villages, notamment en saison sèche, ont confié les riverains, avoir plus d’une bassine d’eau par ménage est presque impossible. A Sangou dans l’arrondissement de Tanongou, se laver est un luxe.

A quelques kilomètres de Sangou, se trouve le parc national de la Pendjari.  Après l’assassinat de Fiacre Gbédji, guide touristique béninois et l’enlèvement de deux touristes français, le 1er mai 2019 sur ce site, le tourisme est en berne. Selon les responsables du Parc, des guides touristiques et les autorités de la commune, cette attaque intervenue il y a un an a eu de nombreux impacts sur le tourisme et les activités connexes. Lesquels impacts, précisent les acteurs, ont été accentués par la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19. Pendant ce temps, les responsables du site et les autorités béninoises travaillent d’arrache-pied pour renforcer la sécurité dans et autour du parc. S’il y a un an, les guides touristiques avaient peur pour leur vie, suite à l’assassinat de leur collègue, désormais, ils disent ne plus être inquiets par rapport à leur sécurité.

 

Au cœur de Tanguiéta

Pendant que les acteurs du tourisme se plaignent des impacts économiques de l’attaque du 1er mai, le commerce des graines de néré bat son plein dans les marchés de la ville. Au marché central, les revendeuses de ce produit n’attendent que leurs clients Burkinabè ou leurs représentants pour couler leur marchandise. Aussi longtemps que le commerce autour de ce produit vivrier a existé entre le Bénin et son voisin (Burkina Faso), on ne peut pas encore parler de filière néré à Tanguiéta. La mairie elle, « se contente de collecter » les taxes.

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L’autre grand visage de Tanguiéta, en dehors du Parc Pendjari, c’est l’hôpital Saint Jean de Dieu. Dans ce centre de référence nationale, voire sous-régionale, depuis plus de 35 ans, le Dr Florent Priuli avec l’aide d’un urologue international, soigne des centaines de femmes porteuses de la fistule obstétricale. Dans son dossier spécial, Banouto raconte les histoires émouvantes de deux femmes rencontrées à Tanguiéta. Malgré les sensibilisations, plusieurs femmes porteuses de cette maladie, appelée « maladie de la honte » en Afrique, sont encore dans l’ombre et en souffrent. A ces femmes, le Dr Priuli apprend que la fistule obstétricale n’est pas une fatalité. Il leur suffit de se faire connaître pour suivre les soins appropriés.

Par ces temps de coronavirus, à Tanguiéta, les populations continuent de s’entasser dans des tricycles pour se rendre au marché, au mépris des gestes barrières recommandées. Au cœur de la ville, de nombreuses personnes se promènent sans masque de protection et continuent de se donner des poignées de mains.  Après plusieurs semaines de sensibilisation, les autorités communales et les forces de l’ordre ont décidé de passer à la vitesse supérieure : la répression.

De la question de l’accès à l’eau au commerce des graines de néré en passant par la gestion du Parc Pendjari et le traitement de la fistule obstétricale à l’hôpital Saint Jean de Dieu, Tanguiéta est une commune particulière de par sa position géographique.

Après une descente sur le terrain, le site béninois d’investigation et de grands reportages Banouto l’a présentée sous cinq visages, dans un dossier spécial  réalisé avec l’appui technique et financier de la Fondation Friedrich Ebert (FES-Bénin). Les titres sont évocateurs : Accès à l’eau au Bénin : quand se laver devient un luxe à Tanguiéta ; Tanguiéta : le néré béninois, une filière balbutiante ; Parc Pendjari au Bénin : le tourisme toujours groggy un an après l’assassinat de Fiacre Gbédji ; Fistule obstétricale au Bénin : sur les traces d’une histoire de réparation des femmes à Tanguiéta ; Covid-19 au Bénin : comme si de rien n’était à Tanguiéta, après la carotte le bâton.

 

Une enquête Banouto

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