Master-Class / Jean-Marc Adjovi-Boco sur le marché des transferts: «…Il nous faut changer les rapports de force qui existent aujourd’hui entre l’Afrique et l’Europe…»

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Ancien capitaine des Ecureuils, co-fondateur de l’Académie Diambars au Sénégal, aujourd’hui, Conseiller technique du Ministre des sports, Jean-Marc Adjovi-Boco anime jeudi 27 août 2020 (à Cotonou), une formation organisée par l’Association nationale  des initiatives de formation en football (Anif-Foot). Dans cette partie de l’interview, il lève un coin de voile sur le contenu des modules qu’il aura à présenter. Il s’est également prononcé sur l’état des lieux des encadreurs avant d’expliquer pourquoi les joueurs béninois ont du mal à s’imposer lors des tests en Europe.

 

Quelle est la pertinence du deuxième module de la formation relatif au marché de transfert ?

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 Cette partie est extrêmement importante parce qu’elle détermine le fait de connaître le marché des transferts pour en déterminer les clés. Elle va également déterminer l’approche pour les gens afin de pouvoir placer leurs joueurs et en bénéficier. Il est important que nos jeunes ne partent pas en Europe dans des conditions défavorables. C’est important pour eux, c’est important pour notre pays et c’est important pour le continent. C’est-à-dire, qu’il nous faut changer les rapports de force qui existent aujourd’hui entre l’Afrique et l’Europe pour que l’Afrique soit beaucoup plus respectée. Je peux vous dire que quand un jeune qui a passé cinq (05) années de formation chez nous à Diambars Foot Académie, part pour un club européen, il part dans les conditions prévues par la Fifa (Fédération internationale de football association). Il ne part pas pour moins de trois cent mille (300.000) euros. Les clubs européens ont parfois tendance à profiter de la situation économique des petits centres de formation africains qui pour la plupart ont besoin d’argent. Nous, on a la chance de ne pas avoir ce problème. On a également une certaine notoriété qui joue en notre faveur. Il nous revient donc d’imposer la réglementation Fifa sur le continent et qu’elle soit respectée. Je suis certain qu’aucun centre de formation au Bénin n’a touché ce qu’il devrait normalement toucher dans le cadre d’un transfert. Aujourd’hui, le Chef de l’Etat fait des investissements importants dans le sport. A un certain moment, il faudra avoir un retour sur investissement et c’est par-là  que ça passe. En disant ça, je ne prends pas les joueurs pour des marchandises. C’est juste qu’il y a un marché qui existe et vu  tout ce que le Président Talon est en train de faire notamment au niveau des infrastructures, il faut que demain, notre pays en bénéficie. Autrement, ce serait de l’argent public investi sans retour sur investissement. Ce qui serait un mauvais investissement. Il nous revient donc à nous qui maîtrisons le marché de mettre à la disposition des centres de formation, les clés nécessaires afin qu’ils aient les arguments pour pouvoir négocier avec les clubs. A partir de là, je peux vous promettre que pour un bon joueur, 300.000 euros, c’est rien.

Avez-vous fait un état des lieux des encadreurs des centres de formation ?

Je ne peux pas dire qu’on a fait un état des lieux. On a, avec le Ministère, commencé à évaluer les centres de formation. C’est vrai que la pandémie liée à la Covid-19 a bloqué toutes les actions qu’on a voulu mener. Ce qui est bien, c’est qu’on a lancé la construction des infrastructures mais le football passe d’abord par le développement et la formation des encadreurs. Sans formateurs, entraîneurs et éducateurs, le football ne pourra jamais se développer. Et ça, il faut qu’on en tienne compte. Nous avons la professionnalisation du football. L’axe de la formation des encadreurs doit être l’axe prioritaire.

Les joueurs béninois ont du mal à s’imposer lors des tests en Europe. Est-ce la formation qui est faussée à la base ?

Il y a plusieurs paramètres. La première partie, il y a la formation. On ne peut penser une seule seconde que si on n’a pas la formation des formateurs qu’on puisse avoir une formation de qualité. C’est juste impossible. Pour un pays de 12 millions d’habitants, avoir quelques éducateurs ou entraîneurs de qualité, ça ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est qu’on ait des centaines et milliers d’éducateurs pour qu’à tous les niveaux, dès le plus jeune âge, qu’on puisse commencer à mettre des séances de veille, de découverte, de préformation, de formation et de post-formation. Il faut que dans toutes les catégories d’âge, qu’on puisse avoir des entraîneurs spécialisés, des éducateurs ou animateurs qui vont se charger d’accompagner le développement de nos jeunes.

La deuxième partie, c’est une fois formés, quel est le service après vente. Je ne le cache pas. Si on a réussi à faire sortir autant de jeunes à Diambars, c’est parce qu’il y a eu un bon recrutement, une bonne formation et une bonne éducation et puis, il a fallu qu’on aille les mettre sur le marché, les présenter. C’est vrai que Bernard Lama, Patrick Viera, Sear Seck et moi-même avons nos réseaux. C’est ce qui nous permet d’ouvrir les portes à nos jeunes. Une fois que ces portes sont ouvertes, c’est à eux de faire le job. C’est vraiment important de comprendre toute la chaîne qui commence de la découverte des talents à la formation.

Propos recueillis par Abdul Fataï SANNI

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