Seconde rencontre avec les Béninois de la diaspora: Joël Aïvo dénonce « l’économie du monopole » au Bénin

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Le professeur Frédéric Joël Aïvo était une fois encore, au contact de ses compatriotes de la diaspora. Une semaine après son premier dialogue avec ses frères de l’extérieur, le professeur de droit s’est à nouveau prêté aux questions des Béninois vivant à l’étranger. Dans une visioconférence animée par le journaliste Francis Laloupo, il est revenu au professeur de préciser sa pensée politique et de rassurer son auditoire sur la maturité de son projet. C’était jeudi 20 août 2020.

 

Pour ce second dialogue   avec la diaspora en l’espace d’une semaine, Joël Aïvo aura mobilisé plus de personnes que pour la première fois. Le professeur a saisi l’opportunité que lui offre ce rendez-vous virtuel, pour se prêter aux questions de ses compatriotes, en ce qui concerne notamment, leurs inquiétudes sur le verrouillage de la compétition, et en l’occurrence, sur des questions de fond telles que l’économie, l’éducation et la formation professionnelle, la lutte contre la corruption ou encore la diplomatie.

 

« Le Nigeria doit être le premier partenaire du Bénin »

Le coup de froid dans les relations entre le Bénin et le Nigéria n’est pas du goût du professeur. Joël Aïvo a regretté la dégradation des relations entre le Bénin et les pays amis, notamment avec le Nigéria qui, à en croire ses propos, devrait être le principal partenaire économique et diplomatique du Bénin. « Nous avons la chance d’avoir à nos portes, la première puissance économique et diplomatique du continent. Un marché immense de plusieurs centaines de millions d’habitants, dont Lagos seul, la ville la plus béninoise du Nigeria est plus peuplée que tout le Bénin. Nous devons nous adosser à ce pays », a fait savoir le professeur.

L’universitaire béninois n’a pas manqué de lever un coin de voile sur sa vision de l’économie, à la demande de ses interlocuteurs. A ce propos,  Joël Aïvo a une fois encore dénoncé « l’économie du monopole » qui caractérise selon lui, la politique économique du quinquennat finissant. Il propose pour sa part, une politique économique basée sur la concurrence. « Les monopoles n’ont jamais profité qu’à des individus », dira-t-il. Pour lui, « la concurrence en revanche est le principal carburant d’une économie qui se veut prospère, elle pousse les producteurs de biens et de services à l’innovation et à la qualité, et c’est au consommateur et par voie de conséquence à l’État que cette situation profite (…) »

Selon l’orateur,  le chef de l’Etat, de par son parcours d’homme d’affaire, est le premier à savoir que « nous avons la meilleure offre économique, parce qu’elle est adossée à ce qui fait l’identité de notre société, à savoir la démocratie ».

 

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Au sujet des « étiquettes » politiques à lui collées

C’est avec ironie que le professeur Frédéric Joël Aïvo s’est prononcé sur les nombreuses étiquettes que ses adversaires lui ont collées depuis son engagement dans la politique. « Ils ont d’abord dit que j’étais le candidat de Sébastien Ajavon, ensuite le candidat du Prd. Puis, certains m’ont taxé d’être le plan B de Patrice Talon. Dernièrement, on m’a même taxé d’être le candidat de la France et même des Etats-Unis. Alors, à toutes ces personnes je leur dis, il va falloir que vous choisissiez vite parce que je ne peux pas être le candidat de toutes ces personnes à la fois », leur lancera-t-il. Le professeur a poursuivi en essayant de décoder la pensée de ses détracteurs : « Ces étiquettes me viennent de tous camps, du pouvoir qui pensait avoir réussi à désactiver toute les velléités d’opposition, mais également des forces démocratiques et sociales qui avaient jeté l’éponge. Pour les uns comme pour les autres, personne ne peut faire ce que nous faisons s’il ne compte sur des soutiens politiques extraordinaires. Eh bien le soutien politique extraordinaire sur lequel nous comptons, c’est la détermination de nos concitoyens à ne reculer devant aucun obstacle pour aller arracher notre pays des mains de ceux qui l’ont confisqué. Nous nous en rendons compte tous les jours », soulignera-t-il.

Education et santé

L’éducation et la santé sont au cœur des ambitions du professeur. Dans le secteur de l’éducation,  Joël Aïvo  prône le renforcement des capacités des enseignants, une école plus portée vers la formation professionnelle et la fin de la précarité que vivent les enseignants dits aspirants. Il met un point d’honneur aux investissements dans le domaine de la santé. Pour lui en effet, la santé mérite des investissements massifs pour que les panaris des gouvernants ne se soignent désormais plus à l’étranger.

Réhabiliter la justice

Les échanges entre le professeur et les Béninois de la diaspora ont également porté sur la question de la lutte contre le blanchiment des capitaux et la corruption. Pour relever ces défis, Frédéric Joël Aïvo recommande une justice bien outillée et totalement indépendante. Selon ses dires, il n’y a pas de doute, aucun des Béninois accusés de faits de corruption n’aurait ressenti le besoin de s’exiler si l’exécutif ne s’était pas emparé de l’appareil judiciaire pour en faire une arme politique.  « La réhabilitation de la justice est un chantier pressant pour que ceux qui hier ou aujourd’hui auraient pris ce qui appartient à l’Etat le rendent », martèlera Frédéric Joël Aïvo.

 

M.M.

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