Au lieu de susciter la candidature du chef de l’Etat: Appelez plutôt à des élections ouvertes

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Susciter la candidature du chef de l’Etat, c’est la filière qui fait recette aujourd’hui au Bénin. C’est le principal  menu des journaux télévisés. Même de grandes personnalités qui occupent des postes de responsabilité dans l’appareil d’Etat prennent les devants. Le Fâ est mis à contribution pour demander à Patrice Talon de rempiler, et qu’il n’y a que lui dans ce Bénin pour faire le job. Vraisemblablement, la Rupture s’accommode d’une pratique qu’on croyait révolue. Mais à y voir de près, on se demande si ce n’est pas une entreprise vaine.

 

Quand on regarde le paysage politique national aujourd’hui, qui d’autre a la garantie d’être candidat, si ce n’est le chef de l’Etat ? Depuis 2016, avec la réforme du système partisan, les Législatives de 2019 ont été exclusives. Seuls, les deux partis siamois se réclamant de Patrice Talon ont des députés à l’Assemblée nationale. Les communales de cette année, à quelque différence près, ont été tout aussi exclusives. Seul le parti Fcbe s’est ajouté aux deux partis siamois, l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br). Mais il n’a pu obtenir le nombre de mairies nécessaires pour prétendre parrainer tout seul un candidat. Or, pour être candidat à la présidentielle de 2021, il faut être parrainé par un certain nombre de députés ou de maires. Les 83 députés sont de la chapelle politique du chef de l’Etat. 70 maires sur les 77 sont issus des partis Up et Br. Dans ces conditions, seul le chef de l’Etat a le boulevard ouvert pour se présenter à la présidentielle de 2021. Il dispose d’un parrainage en béton. A tel enseigne que, quand on apprend que telle autre personne est candidat, la première question qui vient sur toutes les lèvres, c’est où est-ce qu’il va trouver le parrainage. Pourtant, la réforme du système partisan, telle que pensée par la classe politique tout entière, il n’a jamais été question de créer les conditions pour que le président en exercice puisse être le seul à se représenter. Dans ces conditions, comment encore appeler celui qui s’est déjà tracé tout seul son boulevard à rempiler ? N’est-ce pas déjà évident ? La bataille ne devrait être pas ailleurs ?

Ces appels à Talon auraient plus de sens si c’est pour demander au chef de l’Etat de faire en sorte que la présidentielle de 2021 soit la plus ouverte possible ? Car, si les soutiens du pouvoir sont tellement sûrs de l’impact de l’action gouvernementale depuis plus de 4 ans sur les populations, la victoire du chantre de la Rupture n’aurait-elle pas plus de saveurs si les élections étaient véritablement ouvertes ? Que Patrice Talon se représente ou pas, quelle victoire peut-on savourer dans les conditions actuelles où seul le candidat de la Mouvance au pouvoir est assuré d’avoir le parrainage ? A bien analyser, c’est dans l’intérêt même de la Rupture de faire en sorte que les élections soient ouvertes en 2021, comme cela a été le cas en 2016. Plutôt que de susciter la candidature du chef de l’Etat, les soutiens du régime devraient plutôt appeler à des élections ouvertes afin de conjurer l’exclusivité qui entache les élections depuis 2016 pour enfin bien savourer la victoire du candidat de la Mouvance.

 

M.M

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