Gestion des déchets solides et ménagers à Cotonou et environs: Les pré-collecteurs dénoncent une politique d’exclusion

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Des bruits de bottes se font déjà entendre autour de la nouvelle politique de gestion des ordures ménagères à Cotonou et environs. Réunis au sein de la Coordination de gestion des déchets solides et ménagers (Cogeda), les acteurs à la base spécialisés dans la pré-collecte des ordures sont montés au créneau ce jeudi, 13 août 2020 à la Bourse du travail à Cotonou pour dénoncer leur exclusion de la gestion des déchets…

 

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Ils s’indignent et protestent contre le fait qu’on leur retire la seule activité qu’ils ont exercé depuis des décennies et qui leur permettait de nourrir leurs familles. Les acteurs de la pré-collecte des déchets solides et ménagers sont mécontents et crient à une injustice. Selon les explications du coordonnateur de la Cogeda, Soyikou Kokou, la voirie urbaine étant jugée défaillante et face au refus des élus locaux de Cotonou de prendre le relai, des particuliers avaient mis en place des structures de pré-collecte d’ordures. Ceci, pour contribuer à l’assainissement des localités. Ainsi, après le zonage de Cotonou en 2001, 77 structures ont été reconnues pour assurer la pré-collecte, c’est-à-dire le transport des ordures des ménages vers les sites de regroupement. Mais si la gestion battait de l’aile, la pré-collecte ne connaissait pas de difficultés majeures, selon ce dernier. Car, précise-t-il, le grand problème était lié aux sites de transit. Mais les vrais problèmes n’ont jamais été solutionnés pendant que les autorités compétentes ciblent la pré-collecte comme le maillon malade. De la mutation d’Ong en Petite et moyenne entreprise puis en Groupement d’intérêt économique (GIE), la ville de Cotonou avait finalement signé de convention avec 13 GIE. Le désir de détruire le maillon étant insistant, les pré-collecteurs déplorent être écartés avec la nouvelle politique de gestion des déchets solides et ménagers. Comment peut-on décider de sacrifier des compétences acquises par ceux-ci après de longues années d’intervention ? La question reste toute posée. Et si la Coordination de gestion des déchets solides et ménagers a réussi à rendre disponibles les services de pré-collecte dans tous les ménages, on ne peut se passer de leur expertise, déplore Soyikou Kokou. Le hic selon ce dernier, c’est que la tâche a été confiée, après deux appels d’offres infructueux, à des acteurs dont ils ignorent les qualifications et qui n’auraient aucune expérience dans la gestion des ordures. Et pour prouver leur efficacité, ceux-ci souhaiteraient que les pré-collecteurs acceptent d’être sous-traités. Ce que n’approuvent pas la Coordination, selon le porte-parole des pré-collecteurs. Outre les campagnes de dénigrement, injonction a été faite aux ménages de ne plus payer les prestations de pré-collecte d’ordures qui serait désormais gratuite. Contraints au chômage forcé et face aux emplois en péril, les pré-collecteurs implorent la clémence du Chef de l’Etat afin que justice leur soit rendue. Ils plaident pour leur participation à la gestion des ordures à Cotonou et environs.

Aziz BADAROU

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