Usage des sachets plastiques au Bénin: Un phénomène qui résiste à la législation

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Des initiatives à l’adoption de la loi n° 2017-39 du 26 décembre 2017 portant interdiction de la production, de l’importation, de l’exportation, de la commercialisation, de la détention, de la distribution et de l’utilisation de sachets en plastiques non biodégradables en République du Bénin, le parcours a été long et parsemé d’embûches. Seulement, le bout du tunnel n’était pas encore proche. Et malgré les initiatives de sensibilisation et menace de répression, l’usage des sachets plastiques non biodégradables résiste encore à la législation en vigueur.

De la campagne “Sachet Héloué“ aux marches Ecorunning sans oublier les séances et initiatives de sensibilisation sur les conséquences néfastes de l’usage des sachets plastiques non biodégradables, la lutte semble encore loin d’être fructueuse. Les populations béninoises s’accrochent toujours à ces sachets plastiques. « Beaucoup de gens continuent d’utiliser les sachets plastiques au quotidien sans se poser la question du sort qui leur est réservé. Le sachet que nous utilisons pendant dix minutes aujourd’hui, va continuer par détruire l’environnement sur plusieurs décennies », se désole d’ailleurs Sandra Idossou, militante pour un environnement propre, et initiatrice de la ‘’Campagne sachet Hééloué’’. Ceci, à l’occasion de la Journée mondiale contre les sachets plastiques, le 3 juillet dernier. C’est une évidence qu’il ne sera pas facile de bouleverser les habitudes et si les béninois ont adopté pendant des décennies, ces sachets plastiques surtout plus accessibles et disponibles, les autorités béninoises devront peaufiner la stratégie de lutte. Si les officines de pharmacie réussissent le pari en ne délivrant aux clients que des sachets biodégradables, il faut toutefois avouer que ces sachets recommandés ne sont pas encore bien perceptibles sur le marché. Le défi de la disponibilité devra alors être relevé par le gouvernement afin que la mayonnaise puisse réellement prendre. Si des entreprises avaient réceptionné des quantités importantes de sachets biodégradables, il importe de s’assurer des dispositions prises pour la production à l’échelle nationale et surtout pour qu’il n’y ait point de rupture de stock. L’autre défi reste celui de l’accessibilité. Faut-il le préciser, avec 5fcfa, le sachet plastique est déjà accessible aux béninois. Il importe alors que le coût des sachets biodégradables soit revu à la baisse. La lutte contre les sachets plastiques demeure un défi permanent au Bénin. Mais pour l’heure, le phénomène semble défier les dispositions légales en vigueur et l’obstination des béninois à utiliser ces sacs n’est plus à démontrer. « Je suis assez déçue et découragée parce que j’estime que nous n’avons pas évolué. Nous avons beaucoup parlé, fait beaucoup de longs et beaux discours, mais rien n’a changé dans la réalité. En dehors des magasins, des supermarchés et pharmacies qui ont essayé de mettre en place des emballages autres que le sachet plastique, rien n’a changé dans le quotidien des vendeurs et usagers des marchés…Malheureusement, les fabricants, les importateurs, les distributeurs, les commerçants continuent leur sale besogne au vu et au su de nos autorités qui ne se donnent pas vraiment les moyens d’arrêter ce phénomène. Le sachet plastique est un commerce illicite qui doit être interdit et réprimé », déplore l’activiste Sandra Idossou. Les béninois sont-ils alors prêts à opter pour un comportement éco-citoyen, responsable ? Ls autorités semblent vouloir jouer la carte de prudence dans l’application de la loi interdisant l’utilisation des sachets plastiques. Cependant, la répression ne saurait tarder.

La répression prévue en octobre prochain…

A partir du mois d’octobre 2020, les sachets plastiques non biodégradables ne seraient plus les bienvenus. De sources concordantes, la répression contre l’usage de ces sachets est prévue pour le mois d’octobre. A en croire le directeur de la gestion des pollutions et des nuisances du Ministère du cadre de vie et du développement durable,  Bertin Bossou, les contrevenants subiront sans répit, la rigueur de la loi. Selon ce dernier, la vulgarisation de la loi va s’étendre jusqu’en septembre avant la phase répressive. « La loi a été votée, le chef de l’Etat l’a promulgué donc c’est exécutoire. Mais nous ne voulons pas démarrer directement par la répression. Si non, les citoyens risquent de nous dire qu’ils avaient oublié le contenu de la loi. Nous allons rappeler encore le contenu. On en a fait assez mais on va continuer dans ce sens », a-t-il précisé. Et de poursuivre : « nul n’est censé ignoré la loi. Les Communes et municipalités sont averties. Les chefs d’arrondissements, les chefs de quartiers, les chefs villages devront jouer aussi leur partition de sensibilisation pour que force reste à la loi ». Et selon Martin Aïna Pépin, directeur général de l’Environnement et du climat, des actions ont été menées dans le cadre de la mise en application de la loi. Outre des campagnes de sensibilisation, il a évoqué l’octroi d’agrément à des importateurs de sachets biodégradables ainsi que le renforcement du système de contrôle. La répression annoncée marquera-t-elle la fin des sachets plastiques non biodégradables au Bénin ? Wait and see.

 

Aziz BADAROU

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