Chavirements de barque et des morts par noyade: La police fluviale limitée ?

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Depuis quelques semaines voire quelques mois, des chavirements de barque sont récurrents et des pertes en vie humaine sont déplorées. Si les raisons de ces situations tragiques sur les eaux béninoises ne sont pas toujours évoquées, c’est possible que le pire soit évité si seulement les structures compétentes jouaient pleinement leur rôle. Ceci, en veillant notamment aux mesures de sécurité liées à la navigation. L’unité spécialisée de la police maritime et fluviale faillit-elle à sa mission ou se trouve-t-elle limitée ?

 

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Triste nouvelle ce lundi, 03 août 2020 sur le fleuve Okpara, dans le village de Waria, commune de Tchaourou. Une barque a chaviré faisant 06 décès et 05 rescapés. En référence aux informations relayées par des médias locaux, 11 femmes étaient à bord de la barque au moment du drame. Six personnes sont mortes dont une enfant de 7 mois, 5 femmes ont pu être sauvées par des pêcheurs. Seul le corps du bébé a été repêché, les cinq autres victimes sont toujours portées disparues. Les rescapés ont été conduits au centre de santé de Woria pour les soins. Les raisons du drame ne sont pas encore connues. Quelques jours plus tôt soit le vendredi 24 juillet 2020, le chavirement d’une barque sur le lac Nokoué avait fait trois morts, un disparu. Six personnes ont pu être sauvées dans ce drame survenu à Cotonou, à quelques kilomètres de la berge Yénawa. Déjà le 05 août 2019, plus d’une dizaine de personnes ont perdu la vie dans le chavirement d’une barque sur le lac Ahémé dans la commune de Bopa, dans le sud-ouest du pays. 12 morts ont été déplorés. Si pour des observateurs, la principale raison du chavirement des barques au Bénin reste la surcharge et étant donné qu’elle constitue une infraction sur nos eaux, il importe de se demander si des structures compétentes sont responsabilisées pour y veiller. Créée par décret 2016-136 du 17 mars 2016, l’unité spécialisée de la police maritime et fluviale, rattachée à la Direction centrale de la sécurité publique, exécute les missions de police administrative et de police judiciaire sur les cours d’eau intérieures et les eaux maritimes aux fins d’y dissuader toute velléité criminelle ; assurer des missions de renseignements généraux et de surveillance du territoire ; constater les infractions à la loi pénale, en rassembler les preuves et en rechercher les auteurs tant qu’une information n’est pas ouverte ; prévenir les troubles à l’ordre public, le cas échéant, les réprimer ; exécuter les délégations des autorités judiciaires et déférer à leurs réquisitions lorsqu’une information est ouverte.  Et selon l’article 48 dudit décret, le personnel de cette unité spécialisée est sélectionné en priorité parmi les fonctionnaires de police ayant des aptitudes en natation. Face à la situation de plus en plus inquiétante, il urge de s’interroger sur les moyens dont disposent la police maritime et fluviale pour contrôler les embarcations, lutter contre la surcharge et veiller au respect des mesures de sécurité sur nos eaux. En dehors de la base de Cotonou, l’Unité de police dispose-t-elle de base dans d’autres localités du Bénin ? La question mérite bien d’être posée au regard du bordel souvent observé lors des embarcations. De même, sur la plupart des plans d’eau, des zones à risques sont-elles identifiées et signalées aux conducteurs d’embarcations ? La flottabilité et la stabilité des barques mises en circulation sont-elles contrôlées ? La mesure du port de gilets de sauvetage est-elle toujours respectée ? La seule évidence est que le transport sur les eaux intérieures mérite qu’on y accorde plus d’attention afin que plus jamais, des vies humaines ne soient si banalement sacrifiées. Vivement que des mesures idoines soient prises et ce, dans les meilleurs délais.

A.B

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