60 Ans D’indépendance Selon Daagbo Hounon Hounan II : « Au Bénin nous sommes sur de bons rails »

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Mercredi 29 juillet 2020. Devant le musée du Fort portugais actuellement en travaux, Modeste Zinsou, directeur de l’Office de tourisme de Ouidah et guide au Temple des Pythons vient chercher une équipe de journalistes en provenance d’Abomey-Calavi. Le cortège s’ébranle alors en direction de Daagbo Hounon Hounan II. Le palais bien retranché du centre de la ville, baigne dans un calme rare. A l’entrée, le dispositif de lavage des mains rappelle la pandémie du Covid-19. Ici, pas de bruits assourdissants.

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Paré de sa robe bleu, chapeau royal sur la tête et perles sacrées au cou, le ‘’Chef spirituel suprême Vodoun Houindo’’ s’installe au milieu de deux autres dignitaires. « Posez toutes vos questions sans crainte. S’il y a des réponses, nous vous les donnerons, le cas contraire nous vous le dirons aussi », dit-il pour nous rassurer. Pendant plus d’une heure, il se prononce sans langue de bois, reformule d’abord des questions à sa manière quand il le juge nécessaire avant de répondre. Sur le plan culturel le Bénin avance, pense globalement Daagbo Hounon Hounan II. Pour preuve, il évoque les politiques de valorisation de la culture du Vodun qu’il définit comme « l’organisation de la vie tout entière ». La fête nationale du 10 janvier en est une illustration. Mais il rétablit des vérités à ce sujet. « Il faut dire que pendant des siècles, les missionnaires n’ont pas pu dire la vérité aux gens et il a fallu le premier Symposium national sur le culte Vodun tenu du 28 mai au 4 juin 1991 pour dire « plus jamais l’appellation ‘’fétiche’’ ». A partir de là, l’une des résolutions portait sur l’institution de la journée du Vodun le 10 janvier de chaque année. Beaucoup se plaisent à dire que c’est le Président Soglo qui l’a créée, ce n’est pas vrai. Ce sont plutôt les dignitaires Vodunon eux-mêmes qui ont pris cette décision, laquelle a été accompagnée par le Gouvernement. Évidemment, Soglo était au pouvoir en ce moment-là. Je répète bien que ce n’est pas le Président Soglo qui a créé la fête nationale du Vodun. Ce sont les dignitaires Vodunnon rassemblés du 28 mai au 4 juin 1991 à la Maison de la culture de Ouidah qui avaient pris cette résolution et la demande a été envoyée au Gouvernement et a fait un ping pong entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale pendant près de cinq ans avant d’être adoptée. » Ce qui est salutaire à retenir en ce soixantième anniversaire d’indépendance c’est la conscience culturelle de plus en plus affinée. « Nous sommes heureux du fait que progressivement les gouvernants reviennent sur un certain nombre de choses qui sont propres à la tradition. Heureux sommes-nous de nous rappeler les grandes décisions du cinquantenaire des indépendances des pays africains où l’une des décisions stipule que « l’Afrique ne peut se développer que par sa culture ». Le Vodun est donc, dit-il « le socle du développement ». A ce titre, il a bénéficié des attentions à travers plusieurs initiatives tout comme il a été combattu à travers les clichés péjoratifs laissés par la colonisation et la chasse aux sorcières sous la Révolution de Kérékou. Il salue le gouvernement actuel qui traduit en acte la déclaration de Patrice Talon à savoir : « l’Afrique est de culture Vodun ». Sur la question de la multiplication des chefferies traditionnelles et la création anarchique des royaumes, il dit n’y trouver aucun mal. La reconnaissance de la chefferie traditionnelle dans la Constitution à l’occasion de la révision du 1er novembre 2019, il en exprime sa fierté. La suite après cette étape : « l’organisation interne est la chose la plus souhaitée ». Sur le plan éducatif, Daagbo Hounon vante les écoles traditionnelles Vodun et appelle à leur vulgarisation. « Si on prend un enfant de cette école et un autre de la même classe que lui mais de l’école classique, l’enfant de l’école traditionnelle Vodun est déjà actif contrairement à l’autre. Il peut fabriquer un panier alors que l’autre ne peut pas. Il connaît la valeur des feuilles médicinales de plus que l’autre ». Pour les 60 prochaines années, et pour le développement, il souhaite d’abord un Bénin qui compte sur ses propres forces. « Comptons sur nos propres forces. Cela passe par la reconnaissance du Vodun dans tous ses méandres. Et vous allez voir que s’il n’y a pas de déviance dans un futur proche, le Bénin sera le pays miroir de la vie tout en entière. Parce que la chose traditionnelle est là et on reconnaît le Bénin par rapport à ça. Nous avons des forces sur lesquelles il faut compter. Nous n’avons pas besoin d’eux pour nous développer. » Par ailleurs, il exhorte à « cesser d’être la copie conforme de l’Occident (…) C’est ça qui fait qu’aujourd’hui on continue d’être à la traine ». Si la rigueur qui caractérise la gouvernance actuelle est maintenue, le Bénin ne tardera pas à entrer dans le cercle des grandes nations, croit sa Majesté. « Tel que ça se passe maintenant je crois que nous sommes sur les  rails. Au Ghana aujourd’hui la prise de position du président fait dire que ce pays est sur les rails. De même au Bénin nous sommes sur de bons rails », salue-t-il.

S.B. AGBON(Coll.)

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