Ministère de la santé/Travaux de la Commission de mutations: Les Syndicats vident les lieux

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(Une question préjudicielle soulevée, le Sg Salako en parle)

Au ministère de la santé, alors que les travaux de la Commission nationale de mutations devaient démarrer hier, lundi 3 août 2020, c’est avec stupéfaction que les autorités à divers niveaux du ministère ont constaté le départ précipité de la douzaine de syndicats présents, de la salle. Les secrétaires généraux de ces organisations syndicales des travailleurs du secteur de la santé ont posé un préalable avant toute participation à ces assises. En effet, pour ces responsables syndicaux, tant que leur plateforme revendicative ne sera pas satisfaite, il n’est pas question de s’asseoir avec l’autorité pour se pencher sur une quelconque mutation d’agent. Et la préoccupation qui devient majeure, et non négligeable pour eux, est celle de leur camarade Adolphe Houssou qui serait recherché par la police pour des propos tenus. Après avoir collectivement quitté la salle, ils se sont confiés à la presse. Suivons ici le Secrétaire général (Sg) du Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine du Bénin (Syntrasesh), Soulé Salako, entouré de ses collègues dont Corneille Chanouedou et Olivier C. Bakpé respectivement Sg du Synphb et Sg du Synaess.

 

<< Le ministre a invité les syndicalistes dans le cadre de la tenue statutaire de la Commission nationale des mutations. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis quelques semaines, nous sommes en conflit avec l’administration parce qu’il y a des revendications qui ne sont toujours pas satisfaites depuis des années. Et à ces revendications est venue se greffer une situation inédite dans notre secteur depuis quelques jours. Il s’agit de la restriction des libertés de notre porte-parole au niveau du Collectif : le camarade Adolphe Houssou qui, depuis quatre semaines, n’est plus libre de ses mouvements. La preuve est qu’il n’a pas pu répondre ce matin à l’invitation de l’administration pour participer à la Commission nationale de mutations. Mais nous qui sommes ses camarades nous avons déjà, le 15 juillet, sorti une déclaration pour spécifier que nous attendons que l’autorité, les responsables puissent prendre toutes les dispositions pour satisfaire les revendications qui sont en souffrance. Ces revendications, nous l’avons rappelé, il s’agit des agents qui sont sans salaire, des questions de disparités salariales, des questions d’uniformisation des corps, des questions de régularisation de la situation administrative des agents qui sont partis en stage hors plan. Et à toutes ces situations, comme je l’ai dit, il y a la question des libertés, qui se pose aujourd’hui et est devenue la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Dans notre déclaration on avait dit que tant que l’autorité ne va pas chercher à régler ces situations, nous ne souhaiterions plus qu’il y ait des débats inutiles sur d’autres sujets avec l’administration. Nous avons constaté que malgré cette déclaration que nous avons pris soin de déposer à l’administration, on nous a invités pour la Commission de mutations nationale. Nous nous sommes  concertés et on a dit pas question de venir nous asseoir avec l’administration du ministère de la santé, pendant trois ou quatre jours comme si entre les syndicats du secteur et l’administration, il y avait la bonne ambiance, comme si on travaillait de façon collégiale et on pouvait tout le temps se voir pour parler des problèmes, alors que ce qui paraît prioritaire pour les travailleurs aujourd’hui, l’autorité n’a pas envie d’en parler. Les questions pour lesquelles nous avons sorti depuis une déclaration, l’autorité n’a pas réagi depuis deux semaines. Nous avons dit dans ces conditions, on ne peut pas venir s’asseoir pour quelque raison que ce soit. On est venu, on est rentré dans la salle, et on a fait part de notre mécontentement en disant au Directeur de cabinet de dire au ministre qu’on n’est pas disposé à participer à n’importe quelle activité avec l’administration tant que toutes les préoccupations contenues dans la déclaration ne seront pas satisfaites, tant que le camarade Adolphe Houssou ne sera pas libre de ses mouvements, n’aura pas la garantie qu’il peut venir participer aux activités comme il le faisait les années antérieures. C’est ce que nous avons dit et on est sorti de la salle. On était une douzaine. On s’est concerté et on a vidé les lieux. (…) Le Directeur de cabinet a dit qu’à leur niveau ils pensaient que la question des mutations nationales devrait être détachée de nos revendications, que tout en ayant les revendications à cœur, on pouvait continuer à se voir dans le cadre des mutations nationales et que c’est sur cette base qu’ils ont estimé qu’ils pouvaient nous appeler. Et il reconnaît que nous avons adressé une déclaration, ils ont eu copie de son contenu. Il reconnaît que dans le dossier Adolphe Houssou que nous avons échangé avec l’autorité et qu’il y a des démarches qui devraient être faites à leur niveau. Mais qu’ils ne se sont pas prononcés sur nos revendications. Ils ont estimé que comme l’activité de mutations est une activité statutaire, non liée à une revendication, qu’ils pouvaient nous convier.  (…) Si conformément aux textes, ils décident de muter les agents, ils ne pourront même pas dire d’abord que c’est la Commission nationale qui les a mutés. Cette année, ils risquent de dire que la Commission nationale de mutations n’a pas eu lieu. Et ce sera un incident puisque depuis quinze ans que moi je suis là, je n’ai jamais entendu une année où le ministère de la santé n’a pas fait tenir sa Commission nationale de mutations. Ça veut dire que si sous le professeur Benjamin Hounkpatin ça se produit pour la première fois, on gardera d’abord que les conflits ont été au point où la Commission nationale n’a pas pu se réunir. Maintenant s’ils décident de se passer de nous pour faire affecter les agents, ils l’ont toujours fait, ce n’est pas nouveau. En dehors de l’instance où on se réunit pendant les vacances pour affecter les gens qui ont demandé officiellement ensemble, eux ils le faisaient presque toutes les semaines, tous les mois parce que l’arrêté a prévu que le ministre a le pouvoir discrétionnaire de faire ça dans certaines conditions. Donc s’ils veulent utiliser ces alibis là pour le faire, ils le feront. Mais ils diront au moins, à cause des conflits, pour la première fois, depuis au moins quinze ans pour ce que je sais, la Commission nationale de mutations du ministère de la santé n’a pas pu se réunir. Et c’est ça qui est important pour nous. S’il n’ont pas envie de garder cette image d’eux, ils vont nous rappeler dans les jours à venir parce qu’à la fin le DC a demandé qu’est-ce qu’on peut faire pour ramener le calme. Et nous avons dit qu’il suffit de nous rappeler et de parler d’abord spécifiquement de nos revendications. Dès qu’on fera le point sur nos revendications et qu’on verra qu’il y a des débuts de solution, on pourra revenir dans les activités. (…) Sur la question des libertés, aujourd’hui c’est Adolphe Houssou, demain ça serait peut-être Salako ou Chanouedou…>>

 

Propos recueillis par M.M

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