En fin de mandat: Soudain amour de Talon à ses prédécesseurs

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La particularité du message de Patrice Talon au peuple béninois, à l’occasion du soixantenaire de l’independance du Bénin aura été l’hommage qu’il a rendu à ses aînés et prédécesseurs au poste. Mais des questions subsistent quant à la portée de l’hommage du chef de l’État.

 

<< En ces instants où nous nous apprêtons à célébrer le souvenir de cette mémorable proclamation, il est de mon devoir de réitérer l’hommage de la nation à mes illustres prédécesseurs qui ont entrepris de poser les jalons de l’édification et du développement de notre commune patrie. C’est donc avec respect que je renouvelle la reconnaissance de la Nation à nos valeureux bâtisseurs de regrettée mémoire que sont messieurs Hubert Koutoucou Maga, Christophe Soglo, Sourou Migan Apithy, Justin Tomètin Ahomadegbe, Tahirou Congacou, Maurice Kouandete, Alphonse Alley, Emile Derlin Zinsou, Paul Emile de Souza, et Mathieu Kerekou. J’adresse la même reconnaissance à ceux d’entre eux que nous avons encore la grâce de côtoyer, leurs excellences Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi >>, a déclaré Patrice Talon le 31 juillet 2020, veille de la commémoration de l’événement. Tellement le geste paraît inédit que lors de plateaux de décryptage du message par des invités sur des chaînes de télévision, place lui a été faite dans les questions. Que le président de la République fasse un clin d’œil à ses doyens, c’est l’idéale, cela ne devrait donc étonner outre mesure. Depuis quatre ans cette fraternité qui devrait caractiser la célébration de la fête du 1er août au Bénin, a manqué au rendez-vous. On pourrait même se demander, à raison, si un jour, et particulièrement sous le Pouvoir Talon, on aura de ces images d’anciens et nouveau chef de l’État qui communient comme c’est le cas souvent au Nigeria, au Ghana. Pourquoi pas au Bénin, comme ce fut le cas sous les présidents Kerekou et Yayi Boni où le locataire de la Marina nomme les prédécesseurs à des postes de responsabilité, ou bien lors d’événements solennels, à l’instar du défilé du 1er août, les prédécesseurs y prennent part en honorant le président en exercice.

Patrice Talon, presque en fin de mandat s’est rattrapé. À défaut de visite de courtoisie, de gouvernance concertée, il a cité nommément ses prédécesseurs. Cependant, on peut s’interroger sur la sincérité d’un tel hommage quand on sait que ces quatre dernières années, la communication de la Rupture tend à montrer que depuis 1960, c’est sous Patrice Talon que tout a démarré. Celui qui a de vision, du goût et révèle le Bénin après 60 ans, c’est le chantre du Nouveau départ. Au nom des réformes, tout semble être remis en cause. Le terme de  » batisseurs » usité pour montrer que les prédécesseurs de Patrice Talon ont aussi, à leur manière, apporté leur pierre à la construction de l’édifice Bénin fait donc le lit à toute interrogation. N’est-ce pas de la brosse à reluire passée à ceux-là qui l’ont précédé au pouvoir ? E t pourtant dans le même message, le chef de l’État reconnaît que << les expériences que notre cheminement nous a permis d’accumuler, doivent plutôt constituer la rampe de lancement vers ce développement certain et durable dont nous rêvons depuis 60 ans>>. Cela sous-entend tout de même qu’il y a un soubassement sur lequel on peut s’appuyer pour aller de l’avant. La Rupture et ses thuriféraires doivent donc en tenir compte. Le Bénin a démarré la fondation de son développement depuis des décennies, et chaque gouvernement, tel un tresseur de corde, vient tisser sa corde au bout de celle laissée par son prédécesseur. Ce n’est qu’avec la somme de toutes ces expériences que le Bénin ira au développement comme d’autres nations qui l’y ont précédé.

 

Worou BORO

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