A quelques 9 mois de la présidentielle: Talon tiraillé

501

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

(Céder aux pressions ou foncer : un casse-tête !)

A quelques neuf mois de l’élection présidentielle de 2021, le président de la République, Patrice Talon, est visiblement acculé, partagé entre plusieurs pressions. Va-t-il foncer ou céder ?

- Advertisement -

Au fur et à mesure qu’on tend vers la présidentielle de 2021 au Bénin, on note un déchaînement des passions dans le pays. Deux tendances se dégagent, les intérêts n’étant pas les mêmes. D’une part, il y a la suscitation tous azimuts de la candidature de Patrice Talon, par une catégorie de jeunes, pour un second mandat alors qu’il n’a sollicité qu’un seul en 2016; et d’autre part, la pression de la classe politique opposante à laquelle s’ajoutent, par ailleurs, des intellectuels et autres acteurs de la société civile. Ces derniers font feu de tout bois pour la restauration de certains piliers de la démocratie et de l’Etat de droit en souffrance sous le Pouvoir de la Rupture. En tout cas, depuis quatre ans, difficile de manifester publiquement sans être mâté par l’armée. Les fins de non-recevoir sont régulièrement opposées aux demandes d’autorisation de manifester. Les travailleurs ont vu leur droit de grève supprimé sinon réduit strictement à 10 jours l’an. La liberté de presse est en chute libre dans les classements à l’international. Le Conseil supérieur de la magistrature est envahi par les désignés du Pouvoir. Le Parlement est constitué de 83 acteurs tous issus des deux partis politiques nés des entrailles du Pouvoir, et ce à la suite d’élections législatives sur fond de violences en 2019. Dans le Code électoral, le législateur a instauré un système de parrainage de tout candidat déclaré à la présidentielle par 16 ‘’signatures’’ de députés et/ou maires dans un contexte où le Parlement et la grande majorité des mairies au Bénin sont contrôlés par le régime de la Rupture. C’est fort de tout cela que des voix s’élèvent de plus en plus. Outre les réflexions solitaires de certains citoyens, relayées par des médias, il y a des initiatives émanant de certains creusets de cadres, d’organisations de la société civile et de partis politiques d’opposition. Dans sa parution du lundi et d’hier mardi, votre journal Matin Libre a fait part du Mémorandum  du Collectif pour l’ordre démocratique et républicain au Bénin (Coder), constitué de personnalités bien connues dont Célestine Zanou, Omar Arouna, Simon Narcisse Tomety, Nourou Dine Saka Saley. Ce qui est exigé par ce creuset, c’est entre autres : « l’abrogation de toutes les lois liberticides et rétrogrades adoptées après 2016 ; l’abrogation de Code électoral et loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990 ; le rétablissement des libertés publiques et individuelles, l’ouverture des vannes respiratoires de la démocratie sans le moindre frein ; la restauration de l’Etat de droit et de la démocratie, chers aux Béninois ; le rétablissement des citoyens, exilés et condamnés à tort, dans leurs droits ». Le 10 juillet dernier, c’était une déclaration du regroupement politique « La Résistance nationale » qui invitait chaque citoyen béninois et l’ensemble des démocrates à se convaincre de ce que l’urgence pour la République du Bénin est de rétablir les fondamentaux de la démocratie et non de prendre le chemin d’une quelconque parodie électorale en 2021. La Résistance nationale, en se référant aux actes des assises dénommées dialogue d’octobre 2019, exige la tenue sans délai, d’un dialogue politique et social participatif et inclusif de l’ensemble de la classe politique et de la société civile, à l’effet de normaliser et de rétablir les standards démocratiques « malencontreusement reniés, bafoués et ruinés par le pouvoir dictatorial dit de la rupture ». La déclaration traitée et publiée par Matin Libre a été signée par le président du parti Restaurer l’Espoir, Candide Azannai. Il faut également rappeler que récemment, six des sept Centrales et Confédérations syndicales ont décidé, via la signature d’une charte, de parler désormais d’une seule voix au profit de la classe laborieuse. Ce réveil des organisations syndicales à la fin du contrat social de Patrice Talon avec le peuple béninois est-il anodin ? Ce qui est tout de même évident, c’est qu’à neuf mois de la fin du mandat du chantre de la Rupture/Nouveau départ, la pression s’accentue. Patrice Talon, surnommé « Agbonnon », est pris entre deux feux. Il doit aviser face aux appels incessants des jeunes qui disent soutenir sa candidature pour le second mandat auquel il ne doit pas échapper. Mais l’équation que le chef de l’Etat devra résoudre avant l’échéance, ce sont les exigences de ceux-là qui ne partagent pas ou plus sa gouvernance à cause des considérants précités. Qu’il veuille rempiler ou non, il semble que là n’est pas la préoccupation de ces acteurs qui tiennent au retour à la normale de l’Etat de droit et de la démocratie. Que fera Talon tiraillé ? Céder aux pressions ou foncer jusqu’à organiser la présidentielle ?

Worou BORO

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite