Professionnalisation du football au Bénin: Où en sommes-nous ?

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Le Bénin, à partir de la saison 2020-2021 entend amorcer la professionnalisation de son football. A travers un communiqué en date du 29 juin 2020, signé de son secrétaire général Claude Paqui, le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf) a rappelé que «l’une des conditions obligatoires à remplir par les clubs des Ligues 1 et 2 avant toute participation au championnat de la saison 2020-2021 est la création d’une société sportive de gestion de leur équipe professionnelle». Mais au jour d’aujourd’hui, où en sommes-nous ? Les clubs sont-ils prêts ? Le Bénin est-il prêt pour amorcer le professionnalisme de son football ?

A travers la note circulaire N°675/2019/FBF/PDT/SG/DC/SA du 15 décembre 2019, avec pour objet «Mesure de professionnalisme du football béninois», la Fbf avait lancé les signaux du nouveau départ du football béninois. Puisque, au cours de leur séance du 30 octobre 2019, elle a décidé entre autres, primo, que tous les clubs des Ligues 1 et 2 doivent prendre les dispositions utiles et nécessaires en vue de la transformation en Société Anonyme Sportive Professionnelle de leurs clubs et se conformer aux Statuts juridiques y afférents et secundo, que les clubs doivent disposer d’un siège physiquement visible, doté d’un secrétariat administratif permanent et d’un minimum de personnel notamment d’un secrétaire, d’un comptable et d’une connexion internet. Ce minimum de conditions est éligible pour prendre part aux championnats des Ligues 1 et 2 de la saison 2020-2021 en plus des résultats de la saison 2019-2020. C’est dire que la Fbf s’est rigoureusement engagée pour redonner une autre image au sport-roi béninois.

Comme l’a dit dans une interview Jean Marc Adjovi Boco, Conseiller technique du Ministre des sports béninois Oswald Homeky, la professionnalisation du sport notamment du football nécessite des préalables qui n’existent pas pour le moment au Bénin. «C’est tout le rôle du Comité de suivi que le Ministre a mis en place. Ce Comité de suivi qui doit plancher notamment sur le cadre juridique qui va permettre à ces Sociétés Sportives qui seront créées d’exprimer tout leur potentiel», souligne-t-il avant d’ajouter : «Mais au-delà de ce préalable, il a aussi le rôle que doivent jouer les clubs en se structurant, parce que pour s’attirer des investisseurs, il faut que les clubs se structurent.» Mais les clubs sont-ils prêts à respecter toutes ces exigences de la Fbf ? A quelques mois de la nouvelle saison, combien parmi eux disposent-ils déjà d’un siège ? D’un secrétaire ou d’un comptable ? Toute l’inquiétude est là.

L’autre aspect est de savoir si les clubs sont-ils déjà prêts à se mettre en ordre de bataille pour aller chercher les investisseurs. Les bases juridiques sont-elles déjà posées pour faciliter la tâche aux associations à se transformer en Société Sportive ? Toutes les conditions sont-elles déjà réunies pour qu’on amorce la professionnalisation du sport-roi béninois la saison prochaine ? De ce fait, il y a tout un tas de domaines qu’on doit explorer afin d’atteindre la professionnalisation du football béninois qui doit être un processus…

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Les trois statuts juridiques pour les sociétés sportives évoqués par Jean Marc Adjovi Boco

-L’Entreprise Unipersonnelle Sportive à Responsabilité Limitée (EUSRL) : Ici l’inconvénient est que ce statut juridique ne permet pas la distribution de dividendes. C’est quelque chose qui n’intéressera pas les investisseurs.

-La Société Anonyme à Objet Sportif (SAOS) : L’Association doit détenir ici, 33% du capital. Pas certain qu’avec ce ratio, les investisseurs puissent être intéressés.

-La Société Anonyme Sportive Professionnelle (SASP) : C’est le modèle proche de ce qu’on peut faire ici au Bénin. C’est un modèle qui se rapproche du droit commun des sociétés commerciales. C’est-à-dire que 100% de la société est détenue par des investisseurs (unique ou plusieurs) mais qui se partageront 100% des dividendes qui seront versées. La Fédération ne reconnaît que des associations. Donc, l’Association doit toujours exister. C’est l’Association qui détient le numéro d’affiliation et donc la Fédération reconnaît cette Association. Cette professionnalisation est indispensable si on veut jouer demain dans la cour des grands, si on veut faire partie des grandes nations du football africain. Nous devons impérativement passer par cette professionnalisation des clubs qui nous permettra de lever les fonds indispensables pour atteindre nos objectifs.

 

Abdul Fataï SANNI

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