Conseiller technique du Ministre des Sports béninois: Jean Marc Adjovi Boco fait le constat et reprécise sa mission

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La mission à lui assignée par le Ministre des sports Oswald Homeky, ses certitudes de succès et ses constats faits sur le terrain depuis son arrivée au Bénin. Tel est le menu de l’entretien que Jean Marc Adjovi Boco, Conseiller technique du Ministre des sports béninois, Oswald Homeky a accordé aux membres du forum Sportif «Football Nouveau Départ». L’ancien capitaine des Ecureuils du Bénin était sans langue de bois. Lisez-plutôt !!!

 

Conseiller technique du Ministre des sports, quel est votre cahier de charges ou quelle est votre mission ?

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Ma mission est simple et compliquée à la fois. Elle est simple parce que je dois accompagner le ministre dans la mise en œuvre du plan d’actions du gouvernement au niveau du sport. Donc, je dois accompagner le Ministère dans les classes sportives, les associations communales, les académies. Mais elle est aussi compliquée car je dois accompagner le Ministère dans la recherche de partenariat, de financements extérieurs. Je dois convaincre et montrer la pertinence d’accompagner la vision du chef de l’État. La vision du chef de l’État est exceptionnelle, magnifique. Elle vise à faire du Bénin, une grande nation sportive du continent. Le programme qui a été mis sur place est juste exceptionnel. En ce qui concerne les classes sportives, les académies, les associations communales et les 22 stades dont la construction a déjà démarré, on déduit que c’est un programme tout simplement exceptionnel. C’est aussi une mission compliquée car les partenaires, pour investir en Afrique sont toujours réticents, et doutent toujours de notre capacité à mettre en œuvre. Donc, il faut convaincre. Mais mon expérience avec Diambars m’aide beaucoup car les gens d’une certaine crédibilité ont confiance en moi mais il faut se battre pour montrer que ce qui se fait ici (Bénin, ndlr) est bien. Il faut aussi que j’ajoute que je fais partie de cette commission de suivie qui doit retravailler sur la Charte des sports, de la jeunesse et des loisirs. Je dois aussi travailler pour la professionnalisation du sport au Bénin. Il s’agit des sujets intéressants mais qui demandent beaucoup de travail. Mais il faut avouer que l’équipe constituée par le ministre est superbe et c’est un honneur d’en faire partie.

Quelles sont vos certitudes de succès de votre mission auprès du Ministre des sports ?

Si j’ai démissionné du Conseil présidentiel pour l’Afrique en début d’année pour m’engager à 100% avec mon pays le Bénin, c’est parce-que je crois aux projets et aux hommes qui le portent. La vision du Chef de l’Etat est magnifique, elle est superbe. Maintenant, à nous de la mettre en œuvre. Ça ne serait pas facile. On a besoin de tout le monde pour que demain, nos jeunes frères, nos enfants, nos filles et fils puissent avoir les conditions d’exprimer tout leur talent et de placer le Bénin sur la carte du sport africain et mondial. Je peux vous dire que je travaille actuellement à l’international, justement pour mettre en avant cette vision du Chef de l’Etat. Je travaille d’arrache-pied à l’international pour que les gens voient ce qui est en train d’être fait au Bénin. Donc, j’y crois fermement mais encore une fois il faut rester humble. Le travail est énorme mais avec l’engagement de tout le monde, je suis intimement persuadé qu’on y parviendra. Il faut effectivement que tout le monde se mette au travail et demain, je peux vous promettre qu’on aura ce qui se fait de mieux au niveau du sport en Afrique.

Je voudrais ajouter aussi qu’il ne faudrait pas se reposer sur nos lauriers surtout après notre excellent résultat à la CAN. On sait que tout reste à faire. On a parlé de la professionnalisation du sport, de tout le travail qui doit être fait par l’État au niveau juridique, tout le travail qui a commencé à être fait au niveau des infrastructures, du développement et de la formation de nos jeunes. Mais il reste encore la formation de nos jeunes au plus haut niveau, l’organisation des compétitions, la formation de nos cadres. Il reste encore beaucoup de travail. Il ne faut donc pas faire l’erreur de penser que notre résultat à la CAN fait de nous une grande nation de football. C’est un résultat ponctuel. Il reste le travail de fond.

Depuis votre retour au pays, vous avez eu le temps d’observer le fonctionnement et l’organisation du sport au Bénin. Quels sont vos constats sans langue de bois ?

Je ne peux pas parler de toutes les Fédérations parce que je n’ai pas la prétention de toutes les maîtriser. Je commence à découvrir la Fédération d’athlétisme. Je commence à découvrir depuis quelques mois celle du basket-ball. Je rencontre un certain nombre d’acteurs pour mieux comprendre comment les choses fonctionnent et comment on peut les améliorer. Là où j’ai un peu plus de connaissance, c’est dans le football. Je dirai qu’on a un chef de l’Etat qui veut faire jouer au Bénin la Ligue des Champions, voire la Coupe du monde. Il y a des raisons structurelles sur lesquelles on est en train de travailler de manière à les changer. C’est la règle. Pour rendre ce football professionnel, il faut permettre à des investisseurs de venir mettre de l’argent. Et qu’ils soient sûrs d’en gagner. Pour qu’ils gagnent de l’argent, il faut travailler sur un certain nombre d’axes dans chacun des clubs mais aussi au niveau de la Fédération. Il faut qu’on soit capable de fournir des spectacles de qualité qui soient vendables. On a des clients qui sont intéressés par le produit football mais aujourd’hui, le produit football n’est pas un produit de bonne qualité. Il faut le reconnaître. Pour çà, il faut qu’on travaille sur le long terme, la formation de nos jeunes. Si on ne forme pas les jeunes, on ne pourra pas avoir un football de qualité. Si on n’a pas un football de qualité, on ne pourra pas le vendre et si on ne vend pas, on n’aura pas d’argent. On sera toujours obligé de dépendre de l’Etat et si on veut avoir un football professionnel, on ne doit pas dépendre de l’Etat. L’Etat, c’est son rôle de créer les conditions pour que le business puisse se faire. (…) C’est la raison pour laquelle je dis que pour arriver à jouer la Ligue des champions, voire la Coupe du monde, il faut qu’on se structure. Avec un chef de l’Etat qui a une volonté de faire bouger les choses, on sera obligé d’y arriver.

 

Transcription : Abdul Fataï SANNI

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