Coronavirus: L’Afrique face à la pandémie le lundi 13 juillet

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L’Afrique comptait 594 925 cas de coronavirus confirmés ce 13 juillet. Le virus a déjà coûté la vie à 13 249 personnes sur le continent selon le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique. Les pays les plus touchés par la pandémie sont l’Afrique du Sud (276 242 cas et 4 079 décès), l’Égypte (82 070 cas et 3 858 décès), le Nigeria (32 558 cas dont 740 décès).

 

  • Rétablissement du couvre-feu et de l’interdiction de la vente d’alcool, en Afrique du Sud

Deux mois après les avoir levées, Pretoria a décidé de réimposer ces mesures de restriction le 12 juillet, devant la propagation de l’épidémie (entre 12 000 et 14 000 nouveaux cas chaque jour depuis le 9 juillet).

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a précisé que l’interdiction de la vente d’alcool doit permettre d’éviter des accidents et ainsi ne pas « surcharger » les établissements hospitaliers. Les visites familiales sont par ailleurs interdites, tout comme les déplacements entre 21h et 4h du matin.

Devant la flambée des cas de coronavirus, l’Afrique du Sud rétablit le couvre-feu sanitaire

Le chef de l’Etat a également averti que l’Afrique du Sud pourrait enregistrer entre 40 000 et 50 000 décès liés au Covid-19 d’ici la fin de l’année 2020, selon les dernières projections des scientifiques.

Toujours en Afrique du Sud, le nombre de journalistes en activité a été divisé par deux ces trois derniers mois, selon une estimation de l’ONG Sanef (South African National Editors’ Forum). Seulement 2 500 d’entre eux continueraient de travailler dans le pays selon cet organisme de défense de la liberté de la presse.

Après plus de quatre mois d’arrêts, la ligue professionnelle sud-africaine de football a annoncé le 13 juillet le redémarrage du championnat de première division. Selon les plans de la Premier Soccer League, les rencontres se dérouleront intégralement dans la province du Gauteng, pourtant considérée comme l’épicentre de l’épidémie dans le pays. La date officielle de la reprise reste encore à confirmer, mais l’objectif est de terminer la saison d’ici fin août.

  • À Madagascar, deux parlementaires décédés

Un député et un sénateur ont succombé au Covid-19, a annoncé le président Andry Rajoelina dans une allocution télévisée le 12 juillet. Vingt-cinq autres parlementaires ont également été contaminés.Le chef de l’Etat malgache a appelé ses concitoyens à la « responsabilité » alors que la Grande Île fait face à une flambée des contaminations au coronavirus ces derniers jours (+435 cas entre le 12 et le 13 juillet, record de nouveaux cas en un jour). Le 6 juillet, les trois millions d’habitants de l’Anamalanga, région de la capitale Antananarivo, ont dû se confiner de nouveau en raison des nouveaux cas recensés.

Le président Rajoelina en appelle à la «responsabilité» des Tananariviens reconfinés

Par ailleurs, l’Institut national de la statistique a débuté une enquête sur l’impact du Covid-19 sur les conditions de vie des ménages malgaches. Depuis les premiers cas de coronavirus, l’application de mesures sanitaires restrictives a bouleversé le quotidien des Malgaches que ce soit dans les régions confinées ou non. Pertes d’emplois, insécurité alimentaire, hausse des prix… Une première enquête qui sera renouvelée tous les mois jusqu’à la fin de l’année.

Si la capitale est retournée au confinement depuis un peu plus d’une semaine, l’enquête révèle que 60% des ménages malgaches n’ont pas pu le respecter lors de sa première instauration à la fin du mois de mars. Principale raison : le besoin de travailler pour se nourrir. Une famille sur 10 a fait face à une perte d’emplois depuis le début de l’épidémie et près de 65% d’entre elles ont accusé une diminution de revenus. Les salariés les plus touchés par le chômage : ceux des zones urbaines travaillant dans la restauration et l’hébergement et les transports.

En milieu rural, le vol de récoltes et de bétails est en hausse. Les aides sociales des autorités sous forme de distributions de vivres ou d’argent pendant cette période n’ont pas permis de soutenir durablement les Malgaches. Alors la stratégie adoptée par les ménages pour faire face à ces baisses de revenus considérables et à l’augmentation des prix : ne plus manger à sa faim. Plus de la moitié ont indiqué avoir dû réduire leur nombre de repas par jour et 5% d’entre eux n’ont pas mangé pendant une ou plusieurs journées entières dévoile l’étude.

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  • Plus de cas de guérison que de nouvelles contaminations au Gabon

Lors d’une conférence de presse lundi, le comité de pilotage de la lutte contre la pandémie a annoncé que le pays avait atteint le pic au mois de mai. Sur 50 000 tests de dépistages effectués, 5 942 se sont révélés positifs. 55% des cas sont guéris.

Le Dr Guy Patrick Obiang Ndong, porte-parole du comité de lutte contre la pandémie est apparu devant la presse pour annoncer de bonnes nouvelles. « Le pic a été atteint au mois de mai, le nombre de cas positifs n’augmente plus et a plutôt tendance à diminuer. Au mois de mai, nous avions en moyenne 183 hospitalisations par mois, et en juin, nous avons une moyenne de 82 hospitalisations par mois. »

Le cas zéro a été enregistré au Gabon le 12 mars. Lente au départ, l’évolution de la pandémie a explosé fin avril pour atteindre le record de 1 931 cas confirmés le 23 mai. Actuellement il y a plus de personnes guéries que des nouvelles contaminations.  Mais attention, le virus, qui a tué 46 personnes, n’a pas été vaincu, prévient le Docteur Obiang Ndong. « L’épidémie n’est pas terminée, le virus continue de circuler de manière active dans la communauté, il faut continuer à sensibiliser, à travailler. »

Libreville envisage de mettre fin à la réquisition de certains hôtels où sont hébergés les cas suspects. Les CHU vont progressivement reprendre une activité normale. Les bars, les motels et les lieux de cultes restent cependant fermés.

  • Le président du Sénat et le ministre de la Ville ivoiriens infectés

Le président de la chambre haute ivoirienne, Jeannot-Ahoussou Kouadio, a été diagnostiqué positif au Covid-19 le 12 juillet, après des examens médicaux en Allemagne où il poursuit son traitement, selon un communiqué du Sénat.

Le ministre ivoirien de la Ville François Amichia a également contracté le virus. « François Amichia a été testé positif et s’est mis en quarantaine. Son état est stable. Le ministre rappelle à tous la nécessité de respecter les mesures barrières », indique le texte. À la date du 12 juillet, la Côte d’Ivoire comptait 12 766 cas confirmés pour 84 décès.

  • Fin de quarantaine pour Macky Sall au Sénégal

Le chef de l’État sénégalais était confiné depuis le 24 juin, après avoir été en contact avec une personne testée positive au Covid-19. La présidence précise le 10 juillet que Macky Sall « a été suivi très régulièrement durant ces 15 jours » et que « les résultats des derniers tests sont restés négatifs ».

  • Au Maroc, un million de Tangérois de nouveau confinés

La décision des autorités marocaines a été prise le 13 juillet après la découverte de foyers de contamination dans la ville de Tanger, au nord du pays. « Les transports publics seront suspendus, les cafés, centres commerciaux, marchés et espaces publics fermés, et les contrôles renforcés, afin que les habitants ne quittent leurs domiciles qu’en cas de nécessité extrême », a précisé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Une demi-douzaine de villes du royaume restent soumises à des restrictions en raison de l’apparition de foyers épidémiques, principalement en milieu professionnel. C’est notamment le cas de Safi, où un foyer épidémique a été détecté dans une conserverie de sardines début juillet.

  • Au Kenya, le phénomène des enfants-mendiants s’intensifie avec la fermeture des écoles

C’est l’un des dommages collatéraux de l’épidémie au Kenya. Avec la fermeture des écoles en vigueur depuis le 15 mars dans tout le pays, la capitale Nairobi a vu une augmentation de la mendicité infantile, comme le rapporte notre correspondant sur place Sébastien Nemeth.

Les écoles ne rouvriront qu’en janvier 2021, au plus tôt, comme l’a annoncé le président Uhuru Kenyatta le 7 juillet. Plus de 17 millions de jeunes scolarisés sont actuellement privés d’éducation dans le pays. En raison de cette année blanche, le ministre de l’Education George Magoha a demandé aux écoles de rembourser les frais de scolarité aux parents d’élèves.

►A lire aussi : Au Kenya, la fermeture des écoles jusqu’à la fin de l’année, est un défi pour les familles

  • Au Nigeria, les médecins de Lagos en grève pour réclamer plus de moyens

Les médecins de la plus grande ville du pays ont entamé une grève de trois jours le 13 juillet pour réclamer de meilleures conditions de travail, en pleine pandémie. Ils protestent contre la décision du gouvernement de l’Etat de Lagos de ne pas leur octroyer des primes de risques.

Dans un communiqué, le patron de l’ordre des médecins de Lagos, Oluwajimi Sodipo, a également dénoncé le non-paiement de « deux mois de salaires aux docteurs qui travaillent dans des centres de traitement du Covid-19 ».

Les praticiens demandent aux autorités de fournir des équipements de protection aux personnels soignants, mais aussi de les dépister aussi tôt que possible. Plus de 800 membres du personnel soignant ont été infectés par le Covid-19 au Nigeria, selon le NCDC, le Centre de contrôle des maladies du pays.

  • Au Soudan du Sud, démissions de personnels soignants sous la pression familiale

Au moins quatre infirmières et quatre hygiénistes ont quitté leur poste ces derniers jours après avoir contracté le coronavirus la semaine dernière. Une situation dénoncée le 13 juillet par le professeur Mayen Machut Achiek, porte-parole de la commission de lutte contre le Covid-19 dans le pays. « Ils ont fui sous la pression de leurs familles alors que le nombre de morts de la maladie est en pleine augmentation », a-t-il expliqué.

Le professeur Achiek a promis la distribution de matériels de protection pour les personnels soignants les plus exposés. L’ONG International Medical Corps fait également face à des défections au Soudan du Sud : 11 membres de son personnel médical ont démissionné selon un responsable de l’organisation, en raison de la stigmatisation sociale.

  • La Guinée équatoriale se procure 1 000 doses de Remdesivir

Les autorités de Malabo ont affirmé le 12 juillet avoir acquis des doses du seul médicament à avoir démontré son efficacité pour traiter le coronavirus.

L’annonce du gouvernement équato-guinéen intervient quelques jours après que Donald Trump a déclaré avoir préempté 92% de la production de Remdesivir prévue de juillet à septembre. Le président américain avait alors fait craindre une pénurie mondiale de ce médicament généralement utilisé pour traiter les malades atteints de fièvre Ebola. Le pays d’Afrique centrale affiche un total de 3 071 cas positifs, dont 51 décès.

  • À Bissau, réouverture des lieux de cultes

Le gouvernement bissau-guinéen a autorisé le 10 juillet la réouverture des lieux de cultes, les rassemblements notamment les mariages, baptêmes et autres cérémonies traditionnelles. La mesure est soumise au respect strict de gestes barrières. Le pays compte 1 842 cas confirmés de Covid-19, dont 26 mortels.

  • L’Afrique de l’Ouest en récession en 2020

La Banque africaine de développement estime que le PIB va se contracter d’au moins -2% cette année en Afrique de l’Ouest en raison de l’épidémie, selon un rapport publié le 10 juillet. La croissance de la zone était initialement évaluée à +4%. Les pays qui dépendent de la production de pétrole ou du tourisme vont faire face à un accroissement de leur dette publique selon la BAD.

  • La BDEAC débloque 90 milliards de FCFA d’aide contre le coronavirus

Le conseil d’administration de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale a exprimé le 11 juillet son inquiétude face à la propagation de l’épidémie de Covid-19 parmi ses six Etats-membres (Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad). Le financement de la BDEAC est destiné, entre autres, à l’équipement des hôpitaux publics.

  • La phase finale de la Ligue des Champions de la CAF n’aura pas lieu à Douala

Les autorités camerounaises ont finalement décidé de décliner, le 13 juillet, l’organisation des demi-finales et de la finale de la compétition de football en raison de l’évolution de l’épidémie.

La Confédération africaine de football avait désigné Douala, et le stade de Japoma (50 000 places), pour accueillir la finale de la Ligue des Champions au mois de mars.

Par ailleurs, la Confédération africaine de football a justifié l’annulation de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, prévue en 2020, par la recrudescence de l’épidémie.

 rfi.fr

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