Message à l’occasion de la Célébration de la journée de l’OOAS

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L’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), l’institution en charge des questions de santé de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) fête ses 33 ans de création ce 9 juillet 2020.
Depuis sa création en 1987 et la nomination de son premier directeur général en 2000, l’OOAS travaille en étroite collaboration avec les ministères de la santé des 15 États-membres de la CEDEAO, ainsi qu’avec toutes les parties prenantes, les partenaires, le secteur privé, les organisations de la société civile et la communauté en général, en vue de faire avancer l’agenda sanitaire dans la région. Depuis les avancées réalisées en ce qui concerne les programmes nationaux de vaccination, les investissements faits dans le domaine des stratégies de prévention du paludisme, jusqu’aux efforts herculéens déployés, qui ont permis de vaincre Ebola en passant par les excellentes initiatives prises en matière de santé et droits sexuels et reproductifs visant à améliorer la transition démographique dans notre région, ces collaborations constituent le fondement de l’ensemble des succès obtenus depuis des années en dépit des défis sanitaires récurrents qui existent dans la région.

Au moment où nous célébrons cette année, la Journée de l’OOAS, notre région n’est pas épargnée par la pandémie de COVID-19 qui fait actuellement des ravages dans le monde. Les enseignements tirés de l’épidémie d’Ebola et l’appui de nos partenaires à travers divers programmes de renforcement de la sécurité sanitaire ont permis à l’espace CEDEAO d’avoir une architecture en matière de surveillance et de préparation aux épidémies en meilleure posture qu’auparavant, face à l’actuelle pandémie de Covid-19. En effet, tous les pays avaient déjà mis en place des institutions nationales de santé publique pour coordonner la préparation et la réponse aux épidémies, s’étaient déjà mis en réseau à travers l’OOAS et son agence, en l’occurrence, le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO (CRSCM). Par ailleurs, un réseau régional de laboratoires de référence avait déjà été mis en place avec l’appui de l’OOAS ainsi que des politiques et plateformes régulières et formelles de communication pour assurer la transparence, l’alerte précoce, le soutien des uns aux autres et le respect et la confiance mutuels entre les États-membres.
Depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’infection à Covid-19 comme étant une urgence de santé publique de portée internationale, l’OOAS oeuvre sans relâche pour appuyer la région et assurer la protection de nos populations, en coordonnant la communication et la collaboration, d’une part, entre les États membres et d’autre part, entre la région et ses partenaires, tout en appuyant les États membres de façon individuelle, en fournissant des équipements médicaux essentiels, notamment des kits de tests de diagnostic, ainsi qu’à travers des formations en ligne pour renforcer leurs capacités, des conseils de santé publique, de même qu’à travers le financement ciblé d’ activités spécifiques afin d’aider à aplatir la courbe de cette pandémie. Toutefois, l’ampleur et la nature de la pandémie ont révélé des faiblesses au niveau de nos systèmes de santé, qui sapent les efforts déployés dans le cadre de la réponse à cette pandémie. Ces faiblesses sont mises en évidence au niveau des infrastructures, des ressources humaines, des équipements de diagnostic, et en termes d’infrastructures ou centres de prise en charge, de capacité de production, en particulier de médicaments et de vaccins, ainsi qu’en termes de déficits au niveau de l’engagement communautaire requis pour juguler avec efficacité la pandémie de COVID-19.
Cette pandémie nous offre donc l’occasion à la fois d’appréhender nos insuffisances, mais aussi de nous résoudre à mieux faire. Nos dirigeants et leurs populations ont dû endurer beaucoup de peines en n’ayant qu’à faire avec les mêmes infrastructures, et utiliser les mêmes ressources sanitaires avec tout ce que cela comporte comme difficultés. Nous pouvons donc nous engager à briser l’étau de l’inadéquation du financement de la santé, de la négligence des ressources humaines pour la santé et de la faiblesse des systèmes de santé à travers une implication innovante du secteur privé, des organisations de la société civile et des régimes communautaires d’assurance maladie universelle. Nous devons rétablir la confiance auprès de nos populations et engager les leaders communautaires et religieux dans les efforts de renforcement de l’adhésion du public aux mesures de distanciation physique et d’hygiène personnelle qui sont indispensables pour arriver à bout de la pandémie en cours. La responsabilité nous incombe, en tant qu’individus, d’assurer notre propre protection et celle de nos familles et proches afin de d’endiguer rapidement la transmission du virus au niveau communautaire. En ce jour de la célébration de la journée de l’OOAS, je voudrais lancer un défi à chaque citoyen de l’espace CEDEAO, afin chacun fasse un pacte avec 10 de ses amis ou membres de sa famille, d’observer scrupuleusement les mesures d’hygiène personnelle, les gestes barrières, d’avoir des attitudes et comportements responsables, et de sortir en public toujours muni de son masque facial ainsi que de s’encourager mutuellement à respecter ce voeu pendant cette pandémie. Vous serez émerveillés de la rapidité avec laquelle cette pandémie va diminuer au sein de votre communauté.
L’OOAS encourage les gouvernements à poursuivre les interventions visant à atténuer l’impact de la pandémie sur les populations vulnérables, à préserver la fourniture des services de santé essentiels, en particulier en faveur des femmes, des enfants, des personnes âgées et des populations marginalisées, et à récompenser les services dévoués et altruistes de tous les agents de santé qui sont en première ligne dans la lutte contre cette pandémie, en l’occurrence les médecins, les infirmiers ou infirmières, les personnes chargées de la recherche des contacts, les agents de laboratoire, les volontaires ainsi que leurs familles respectives. L’OOAS continuera à oeuvrer de concert avec les ministres et les experts nationaux de tous les États membres de la CEDEAO, le Centre africain de contrôle des maladies, le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, et avec tous nos partenaires envers qui nous sommes reconnaissants pour leur leadership, afin de poursuivre les efforts de collaboration dans la région,
Enfin, je voudrais remercier les autorités de tous les États-membres de la CEDEAO pour leur appui total et indéfectible à l’OOAS dans la réalisation de son mandat d’intégration régionale à travers la santé, ainsi que le Président et le gouvernement du Burkina Faso pour sa cordiale hospitalité présente et future en tant que pays de siège de l’OOAS. Il nous reste encore beaucoup à faire, cependant, j’ai la ferme conviction que l’OOAS, en tant qu’institution de la CEDEAO en charge des questions de santé continuera à servir la région de manière honorable dans notre marche pour passer d’une Communauté des États à une Communauté des peuples.

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Vive la CEDEAO ! Vive l’OOAS ! Vive l’intégration régionale !
Je vous remercie.

Prof. Stanley OKOLO
Directeur Général de l’OOAS

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