Assemblée nationale: Le trop plein se vide

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(Signes de fin de régime ou pure comédie ?)

La lune de miel qui a régné depuis lors entre Patrice Talon et ses députés, semble se muer en une lune de fiel. La docilité et l’approbation de la politique gouvernementale, laisse place peu à peu à la contestation. Signe d’une fin de régime ou bien les ambitions politiques aiguisent des appétits? Dans ce contexte où tout semble filer entre les doigts des députés à l’Assemblée nationale, des langues se délient au sein même de la coalition formée par le chef de l’État et les députés, tous favorables à sa politique on ose même dénoncer un Parlement monocolore. Et c’est le député Arifari Bako qui a jeté le pavé dans la marre.

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La contestation

Au cours des discussions particulières lundi dernier en plénière sur l’examen de la proposition de résolution portant révision du Règlement intérieur de l’institution, les débats ont achoppé sur l’article 24 qui traite des groupes parlementaires. Le texte stipule à l’article 24, que « les députés s’organisent en groupe parlementaire par parti politique ». Aussi, est-il dit qu’un député membre d’un groupe parlementaire ne peut aller s’associer à un député membre d’un autre groupe parlementaire. Selon le texte, il n’est plus de députés apparentés à un groupe parlementaire. Ce qui n’était pas du goût  de certains députés dont entre autres, Augustin Ahouanvoébla, Assan Séibou, Abdoulaye Gounou, Benoît Dègla, Nassirou Bako Arifari, pour qui, l’on ne saurait transposer l’organisation interne d’un parti politique à un groupe parlementaire soit-il, constitué des députés de ce parti politique même si les réformes politiques au Bénin visent à avoir des partis politiques d’envergure nationale et forts. Le député Nassirou Arifari Bako, aura été plus explicite dans les arguments avancés pour ne pas faire du Parlement béninois, un prolongement des partis politiques. Pour Nassirou Bako Arifari, la disposition du Règlement intérieur relative à la constitution des groupes parlementaires ne devrait connaître aucun changement. « …L’article 24.1 dit que les députés s’organisent en groupe parlementaire par parti politique. Il faut simplement ramener l’ancienne formulation que nous avons sur le tableau : les députés peuvent s’organiser par groupe parlementaire par affinité politique…» a-t-il martelé. Selon l’Universitaire, les partis politiques sont considérés lorsqu’il s’agit des régimes parlementaires, c’est-à-dire des régimes où c’est la majorité parlementaire qui dirige le gouvernement ou dans quelques cas de régime semi-parlementaire. « Nous sommes dans un régime présidentiel total. Evitons de créer des précédents qui puissent nous amener à des problèmes plus tard (…). L’article 24.4 dit qu’un député qui n’appartient à aucun groupe parlementaire est un non-inscrit. S’ils sont non-inscrits, des députés peuvent être une catégorie de parias au sein de l’hémicycle et constituer une masse-critique à un moment », poursuivra-t-il.

Des signes avant-coureur ou pure comédie ?

Nassirou Bako Arifari n’a fait qu’exprimer ostensiblement  Le trop plein général. Exacerbé certainement par les derniers développements de l’actualité, le Sociologue a voulu se démarquer du jeu politique qui  se joue actuellement au Bénin. « Ne prenez pas le modèle que nous avons aujourd’hui, excusez-moi le terme, un Parlement monocolore et penser que les choses seront toujours ainsi… », a-t-il averti. Après les compromis qui ont présidé à la gestion des affaires politiques (avec le vote de plusieurs lois qui fâchent) au sein de la République, place à la contestation et à la remise en cause de l’édifice dont on a participé à la construction. Une attitude inhérente à toute fin de régime où chacun cherche à se repositionner est-on tenté de dire. Sinon quel crédit peut-on accorder aux déclarations du parlementaire quand on sait que tous les moyens sont bons en politique pour prouver sa bonne foi et donner l’apparence de l’écoute des préoccupations du peuple ? L’indignation des caciques du régime, au-delà de la réalité qu’elle exprime, n’est-elle pas de la pure comédie organisée pour endormir le peuple? Bako semble avoir pris conscience certes du danger qui guette la démocratie béninoise et l’affirme ainsi publiquement en dépit des pressions auxquelles il pourrait être soumis, mais l’ont pourrait s’interroger également sur le timing.

 

  M.M. 

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