‘’Emprunter pour payer les dettes’’: L’option du gouvernement contraste avec les réformes

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Le Ministre de l’économie et des finances Romuald Wadagni était face aux députés lundi 29 juin 2020, au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Ceci, dans le cadre du débat d’orientation budgétaire sur les projections économiques et budgétaires du projet de loi des finances, exercice 2021.  Au cours de sa présentation, l’argentier national a exposé entre autres aux élus parlementaires, les tenants et aboutissants de la politique économique et sociale du Bénin sous la Rupture, sans oublier de lever un coin de voile sur le Document de programmation budgétaire et économique (Dpep) pour une période donnée et les Documents de programmation pluriannuelle des dépenses (Dppd). Par cette occasion, Romuald Wadagni n’a pas manqué de vanter la crédibilité du Bénin auprès de ses bailleurs ; quant au remboursement de ses dettes. « (…) Quand vous voyez, en 2018, il y a une grosse dette qui est rentrée, mais personne ne constate la dette qui sort. Donc il faut raisonner en termes de net et l’évolution nette parce que bien souvent, nous faisons des opérations pour améliorer la qualité  de notre dette. Nous allons chercher de l’argent moins cher, pour rembourser les dettes qui sont là et qui sont chères (…) » a-t-il mentionné. Cette déclaration passée inaperçue dans l’opinion justifie en quelque sorte la présence permanente et inexpliquée du Bénin sur le marché financier, à la recherche de prêts. Seulement, même si le pays cherche à être un bon élève dans le remboursement de dettes, cette option préconisée par le régime actuel qui consiste à contracter de nouvelles dettes pour régler celles anciennes, contraste avec toutes les prouesses vantées çà et là, sur sa situation économique. Car d’ordinaire, le baromètre le plus solide, fiable et élégant qui met même le commun des mortels d’accord sur la solidité d’une économie ou celle d’une nation, c’est que cette dernière rembourse ses prêts avec les richesses produites, et non par d’autres prêts. Cette logique est si vraie et patente qu’elle s’applique même aux économies les plus informelles. Où vont alors les richesses produites par le Bénin si elles ne servent pas à payer les dettes ni à financer les grands projets du pays ? Si malgré toutes les restrictions, les taxes et les autres réformes économiques auxquelles les béninois sont soumis depuis  quatre années ne permettent même pas au pays de régler ses dettes ni de décoller financièrement, il est encore plus difficile de jurer, sans avoir péché, sur la santé financière de fer du pays, vue par ses dirigeants. Autrement, les emprunts tous azimuts auxquels les populations s’habituent depuis quelques années se justifient peu-à-peu et à coup sûr, ne s’arrêteront de sitôt. Au-delà, ce choix des dirigeants actuels même s’il est beaucoup plus raccourci, est si singulier et isolé qu’il laisse perplexe sur la vraie situation économique du pays.

 

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M.M

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