Covid-19: Notre peuple périra par notre inconscience et notre insouciance individuelle et collective

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La COVID-19 est une pandémie. Une pandémie est une épidémie qui s’étend sur un ou plusieurs continents. Une épidémie est une propagation subite et rapide d’une maladie infectieuse, par contagion, à un grand nombre de personnes d’une région.

Jugeons-en nous-mêmes!

Mi-décembre 2019, c’est dans la ville de Wuhan en Chine central, à des milliers de kilomètres du Bénin, que cette épidémie de coronavirus s’est déclarée. Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 février, l’épidémie est requalifiée en pandémie. Aujourd’hui, l’infection s’est étendue à tous les pays et territoires du monde et la barre des 10 millions d’infections pour environ 500 000 morts est atteinte ce week-end. L’Afrique compte un total 380 000 cas confirmés à la date du 29 juin 2020, pour plus de 9 664 décès, avec plus de 181 000 guérisons. Il faut le répéter : le virus de la Covid-19 voyage très vite, à une vitesse exponentielle !

Le 16 mars 2020, le Bénin a annoncé son premier cas de contamination. Le 6 avril 2020, notre pays a enregistré son premier cas de décès. Pour se prémunir du nouveau coronavirus, des mesures sont recommandées dans tous les pays du monde. Il s’agit des « gestes barrières » : Se laver très régulièrement les mains (avec du savon ou du gel hydroalcoolique) ; tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ; utiliser des mouchoirs à usage unique puis les jeter immédiatement ; saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades ; conserver au moins un mètre de distance avec les autres personnes, porter un masque lorsqu’on doit se retrouver dans un espace en contact avec d’autres personnes.

En sus de ces mesures générales, le 17 mars, en vue de freiner la propagation de cette maladie, le gouvernement du Bénin a instauré un cordon sanitaire, fermé les écoles, ordonné la fermeture des bars restaurants et buvettes, interdit la célébration du culte religieux, des célébrations de tous ordres, la circulation au bus et minibus sur tout le territoire nationale, le port de masque dans l’espace public est obligatoire. A la veille des élections communales, et pour faire vivre la population qui commençait à ressentir le poids de l’arrêt de leurs activités économiques, le cordon sanitaire a été levé et les mesures de restrictions assouplies. Les cours ont repris dans les établissements, les bus et minibus sont autorisés à circuler, les cultes religieux également. Mais, il a été rappelé aux transporteurs de véhicule en commun de faire respecter la distanciation sociale d’au moins un mètre entre les passagers, le port obligatoire  de masque, l’interdiction de tous rassemblements, le lavage régulier des mains.

Qu’est-ce qu’on observe dans la réalité ?

Des citoyens, des plus insoupçonnés (ceux que nous appelons les intellectuels parce qu’ils sont à l’école) aux citoyens lambda (nos parents analphabètes), continuent de se rassembler pour festoyer. Le port de masque est comme un luxe. Ceux qui en portent sont moqués et traités comme des gens venant d’une autre planète. Et ceci s’observe même dans des administrations publiques comme privées. Des citoyens négligent de se laver les mains. Dans des administrations, même quand le dispositif de lavage des mains est présent, des usagers passent à côté et continuent leur chemin. C’est seulement après rappel qu’ils vont se laver les mains, avec nonchalance. Depuis plus de quatre mois que le virus est apparu dans notre pays, tout béninois, “intellectuel ou analphabète” a déjà vu ne serait-ce qu’une fois un dispositif de lavage des mains et sait à quoi cela sert. En voyant un dans lieu, se laver les mains devrait être un réflexe. Partout, on voit encore des personnes côte-à-côte sans masque. Des rassemblements continuent sans aucun respect de la distanciation sociale.

Banalisation et déni de l’existence d’une maladie pourtant dangereuse

Face à ceux qui alertent et rappellent l’observance stricte des gestes barrières, certains répondent que c’est en faire trop que parler du nouveau coronavirus. Ils avancent même que le paludisme ou d’autres maladies tuent plus que le coronavirus. Et c’est vrai. Le paludisme fait effectivement plus de morts que la Covid-19. Il détruit la population africaine depuis des décennies sans susciter autant d’intérêt que le coronavirus. Tout cela est vrai. Mais, contrairement à la Covid-19, le paludisme n’est pas contagieux. On n’attrape pas le paludisme en fréquentant un malade du paludisme. Le malade du paludisme n’est pas contraint à l’isolement. La Covid-19 elle, elle est une maladie à part, une maladie dangereuse. Elle se transmet d’homme à homme, par voie respiratoire, lors d’un contact étroit avec un malade à moins d’un mètre à travers des gouttelettes projetées par la toux ou l’éternuement. Le malade du coronavirus est isolé et contraint à vivre seul sa maladie. Autre caractéristique de la Covid-19, sa durée de vie ! Dans les micro-gouttelettes en suspension dans l’air, le virus peut être détecté 3 heures après leur projection. Plus simplement, un malade qui éternue ou tousse sans se protéger la bouche, comme il est recommandé, diffuse autour de lui ces fameuses gouttelettes… infectées pendant trois heures. Concernant les surfaces, la Covid-19 résiste 4 heures sur du cuivre, 24h sur du carton et jusqu’à 2 ou 3 jours sur du plastique ou de l’acier inoxydable. C’est pour cette raison qu’il est recommandé de se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon. Parce que dans nos déplacements, nous touchons des surfaces qui pourraient être infectées. C’est cela qui justifie d’ailleurs la nécessité de désinfecter régulièrement des surfaces comme les poignées de porte, les boutons d’ascenseur ou encore les bureaux d’entreprises à l’eau de javel ou de l’eau et savon.

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Toutes ces considérations nous imposent de la prudence et le lavage régulier des mains. Ce n’est pas de la paranoïa. Car, la Covid-19 n’a pas de visage. On ne peut savoir qui en est infecté ou pas. D’où l’obligation pour chacun de porter nécessairement un masque lorsqu’on va au contact d’autres personnes.

Notre peuple périra à cause de notre inconscience individuelle et collective

Quand l’OMS avertissait les pays d’Afrique, les Africains voyaient un plan ourdi pour dévaster l’Afrique. Le 18 mars, c’est-à-dire deux jours après l’annonce officielle du premier cas au Bénin, le Directeur général de l’OMS, l’éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus appelait les pays d’Afrique à se réveiller. Ce jour-là, nous n’étions qu’à 200 000 cas dans le monde. « L’Afrique devrait se réveiller, mon continent devrait se réveiller », suppliait-il. Avant d’ajouter, « Ce coronavirus constitue une menace sans précédent. Mais c’est aussi une occasion sans précédent de nous rassembler contre un ennemi commun, un ennemi de l’humanité ». Poursuivant ses supplications, il renchérissait : « Dans d’autres pays, nous avons vu comment le virus s’accélère après un certain seuil. Donc le meilleur conseil à donner à l’Afrique est de se préparer au pire et de se préparer dès aujourd’hui ». Visionnaire, il recommandait de « dépister tous les cas suspects et de les isoler. Pour contrôler et mettre fin aux épidémies, les pays doivent tester, isoler et suivre les contacts. S’ils ne le font pas, les chaînes de transmission vont continuer » à exister et « resurgir une fois que les mesures d’éloignement physique seront levées ». Après ses déclarations de l’éthiopien, les partisans de la théorie du complot ont crié qu’il est complice d’un plan qui vise à envahir le continent africain. Certains ont même expliqué que l’Occident est jaloux du faible nombre de cas d’infection et de morts du coronavirus en Afrique.

Où en sommes-nous aujourd’hui?

Nous devons vivre avec la Covid-19. Nous devons continuer de vaquer à nos occupations. Sans activité, de quoi vivre. Le gouvernement a levé le cordon sanitaire. Les restrictions sont allégées. La vie a repris son cours … normal ! Et nous avons tôt fait de croire que le mal est derrière nous. Erreur !

La Covid-19 est bel et bien encore là, et plus que le 16 mars 2020. Le Bénin a atteint aujourd’hui 1187 cas confirmés, parmi lesquels 323 sont guéris et 845 encore sous traitement, avec 19 décès ! C’est déjà trop. Et vu le rythme d’augmentation des cas et des décès ces derniers jours, le pire est à craindre. Le 31 mai, le Bénin comptait encore 232 cas confirmés pour 3 décès. En un mois, ces chiffres sont multipliés par 5 pour les cas d’infection et par 6 pour le nombre des morts. Dans exactement un mois, où en serons-nous, si nous continuons de transporter le virus ?

Se reprendre avant la catastrophe

Est-ce possible de freiner cette propagation exponentielle et d’éviter que le nombre de morts s’accroisse?  La Covid-19 voyage vite et très vite certes ! A la vitesse d’un train à grande vitesse même.

Mais, elle n’a ni de pieds ni de mains. Ce sont nous les humains qui sommes ses transporteurs. Nous sommes face à un choix : vivre ou périr.

Parmi les mesures barrières, laquelle est compliquée ? Bien sûr, nous sommes un peuple chaleureux aimant les contacts physiques. Comment saluer un proche sans lui serrer la main ou lui faire une accolade ? Ce n’est pas une habitude ça ! Mais, pour continuer à se saluer, pour continuer à célébrer les retrouvailles avec nos proches et amis, il faut vivre et pour vivre face au coronavirus, il faut respecter les gestes barrières. Oui ! C’est tout à fait nouveau pour nous tout ce que la Covid-19 nous impose.

Si nous voulons périr ou voir périr nos proches, continuons de fouler aux pieds le respect des gestes barrières, continuons d’aller au contact d’autres personnes sans masque, ne lavons pas régulièrement nos mains, serrons les mains à nos proches et serrons-les fortement dans nos bras. Nions que la Covid-19 existe ou prétextons qu’elle n’est pas encore près de nous. Brocardons les personnes qui respectent les gestes barrières et répétons à qui veut nous entendre que les occidentaux complotent contre l’Afrique. Nous réussirons ainsi à faire voyager plus rapidement la Covid-19 et à atteindre le plus grand nombre de personnes. Lorsque nous aurons suffisamment servi de vecteur à sa propagation, nous pourrons enfin rire, jouer, nous retrouver seuls.

Mais, si nous voulons vivre, et c’est un devoir pour nous de vivre, chacun, pris individuellement doit jouer sa partition pour freiner la propagation du virus. Si mon vis-à-vis ne voit pas l’utilité de porter un masque, moi j’en porte. Si mon vis-à-vis insiste pour me serrer la main ou me faire une accolade, je lui rappelle calmement que je veux continuer de le voir pour des années encore, et donc qu’on se saluera lorsque nous aurons la certitude que le faire ne comporte plus de risque lié à la Covid-19. Dans un service, si un usager entre sans masque, je lui rappelle que je ne peux le recevoir.

Les responsables étatiques et privés doivent obligatoirement mettre à la disposition de leurs employés les moyens nécessaires pour se protéger de la maladie. Il doit être fait obligation à toutes structures d’installer le dispositif de lavage des mains et d’interdire l’accès à tout usager sans masque.

Sinon, notre peuple périra de notre inconscience individuelle et collective. Aucun complot extérieur ne pourra nous atteindre s’il n’y a pas de complice à l’intérieur. Ne soyons pas responsables de la contamination de quelqu’un.

Non découragé par les commentaires des partisans de la théorie du complot, le Directeur général prévient encore : « La pandémie de coronavirus continue de s’accélérer et les effets de la crise générale qu’elle provoque se feront sentir sur des décennies. (…) L’accélération de la transmission a entraîné une recrudescence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus ». Il aura joué sa partition. Jouons la nôtre et mettons fin à la propagation de la Covid-19 !

Tandjiékpon MICHOAGAN

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