Covid-19/Mesures sociales du gouvernement: Appel pour sauver les enseignants des établissements privés

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Depuis Mars 2020, nos différents Etats sont confrontés à la crise de la Covid-19 avec pour conséquence la mise en berne des activités sur tous les plans. (écoles, administrations, entreprises, etc.). Prenant des mesures pour faire face à cette menace et surtout arrêter la propagation du virus, le Gouvernement du Bénin, sur plaidoyer fort de la Fédération des associations des parents d’élèves et d’étudiants, du Directeur de l’enseignement catholique et avec la pression populaire, a ordonné le 30 Mars 2020, la fermeture des écoles, touchant ainsi des milliers d’apprenants et d’enseignants du primaire et du secondaire. Bien qu’applaudie de tous, la fermetures de ces écoles a impacté les progrès en cours de réalisation dans le secteur éducatif. De ce fait, exacerbant les inégalités sociales dans l’accès à une éducation continue et de qualité.

 

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C’est le lieu de saluer cet élan innovateur des acteurs qui ont su s’adapter à la situation en mettant sur place un dispositif de formation à distance pour les élèves confinés, avec ou sans l’utilisation des technologies numériques. Cependant, les inégalités subsistent encore.  La dernière borne n’a toujours pas été atteinte par les initiatives innovantes. Des milliers d’apprenants n’ont pas pu profiter de ces opportunités du fait de la vulnérabilité économique et sociale de leurs parents. L’accès au téléphone, à la télévision et même à la radio restant encore un luxe que beaucoup de familles ne peuvent s’offrir.

Dénuement des enseignants

A cette vulnérabilité des parents, s’ajoute celle des enseignants qui ont vu leurs établissements fermés. Cette crise touche de plein fouet les enseignants des écoles privées et confessionnelles. En effet, depuis cette mise en congés forcés décidée par le gouvernement, les instituteurs des établissements privés et confessionnels se retrouvent dans une situation délicate. Ils ont assisté à une interruption brusque de leurs activités et donc la disparition de leur revenu. Les parents d’élèves, dans le contexte socio-économique qui est le nôtre n’ayant pas soldé la scolarité de de leurs enfants, beaucoup de chefs, fondateurs d’établissement se trouvent dans l’incapacité de faire face aux charges salariales du personnel depuis environ trois (3) mois. Cette suspension brutale des cours dans les écoles a visiblement précipité les enseignants des établissements privés vers une situation précaire. Les établissements privés ne vivant que des frais de scolarité, les enseignants ne peuvent donc pas être payés. C’est le désarroi total dans le monde de ces enseignants qui sont aujourd’hui dans un dénuement sans pareil.

L’enseignant (avant tout un chef de famille), a du mal à assumer ses charges familiales (jouer son rôle, payer le loyer, subvenir aux besoins sanitaires de ses enfants). Au-delà des contraintes sanitaires qu’impose le virus de la Covid-19, il semble atteint également par ceux de la faim et de l’indifférence totale. L’heure est grave. Il faut agir !

L’Education : un secteur malheureusement oublié

Aux termes du Conseil des ministres du mercredi 10 juin 2020, le Gouvernement du Président Patrice Talon a pris des mesures sociales pour soutenir les entreprises et les couches les plus touchées par la crise sanitaire relative à la pandémie du coronavirus, et aussi soutenir les secteurs de l’économie fortement impactés par la pandémie. Environ 44.000 personnes dont 13.614 qui exercent dans le formel, 15.585 qui exercent dans l’informel  seront touchés par les mesures sociales individuelles. A ces mesures s’ajoutent celles dédiées aux hôtels, aux restaurants, aux agences de voyages qui vont bénéficier quant à eux du remboursement à hauteur de 70%, des charges salariales et impôts liés aux salaires pour une période de 03 mois. En outre, le gouvernement prendra en charge l’intégralité de leurs factures d’eau et d’électricité pour une durée de 03 mois. On aurait pu abondamment applaudir ces mesures si elles ne comportaient pas une dose d’injustice. Il est difficile de comprendre que les acteurs du secteur de l’hôtellerie, les transporteurs, les artisans, les servantes des bars et des restaurants soient soutenus avec une telle générosité et qu’à ce jour l’enseignement privé soit toujours considéré comme un secteur non prioritaire. L’enseignement privé et les enseignants en général, restent l’épine dorsale de notre système éducatif. Cette discrimination à l’endroit de cette noble profession doit être réparée dans les meilleurs délais.

Mettre fin à l’injustice

L’une des tâches prioritaires de nos Etats devrait toujours être de garantir la disponibilité de ressources humaines qualifiées, bien préparées et prêtes pour assurer la mission de l’éducation des enfants. La crise de la Covid-19 nous a montré que le financement et le soutien dans les secteurs de la santé et de l’éducation doivent être renforcés. Il est nécessaire d’assurer un encadrement et de fournir des ressources financières/matérielles aux enseignants. Il est donc impératif que le Gouvernement prenne des mesures fortes pour mettre fin à cette injustice manifeste vis-à-vis des enseignants et du secteur privé en particulier. Mon vœu est que des initiatives sociales fortes soient diligentées en soutien aux écoles privées. C’est une obligation morale et un indispensable pour la bonne gouvernance. Il est donc impérieux d’établir un dialogue avec les promoteurs, chefs d’établissements et le personnel de ces établissements en vue de trouver des solutions justes et équitables mettant les enseignants à l’abri de cette vulnérabilité. Nous ne devons laisser personne de côté dans cette lutte. De notre conscience individuelle, une solidarité collective est vivement souhaitée.

 

Loukman Tidjani

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