Remplacement tous azimuts des Ca: La loi interprétative déjà éprouvée

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En plein processus électoral, les députés de la huitième législature ont été amenés à relire le code électoral, débouchant sur une loi complétive et interprétative. Cette   réaction du Parlement faisait suite au blocage relatif à l’élection des exécutifs communaux et municipaux, dans la majorité des communes et municipalités du Bénin. Ainsi, sous cette loi complétive et interprétative du code électoral, toutes les mairies en instance ont pu, au lieu d’une élection, voir leurs maires, les adjoints aux maires et les chefs d’arrondissement (Ca) ; tous désignés par les partis politiques majoritaires dans ces communes. Avec ces désignations sans anicroches contrairement aux élections où les rapports de force étaient parfois mesurées entre challengers, les ténors et affidés de la mouvance ont tôt fait de déclarer la fin du bazar, dans le processus électoral au Bénin. Erreur ! Car, ces prédictions ont déjà après les désignations, fait long feu. Pis, le méli-mélo auquel l’on assiste dans le département du Couffo depuis quelques heures confirme davantage que cette loi requinquée, ne ferme pas toutes les brèches liées à la pagaille parfois observée dans le choix des dirigeants au niveau déconcentré. En effet, aux lendemains de ces désignations à la tête des mairies, le parti Union progressiste (Up) a sauté deux Chefs d’arrondissement nouvellement choisis pour diriger les 1er et 2ème arrondissements de Cotonou. Ceci, sans aucun motif officiel. Même si d’aucuns estiment que les concernés immédiatement remplacés par d’autres conseillers municipaux de la ville ne devraient pas être désignés Chefs d’arrondissement et que c’était une erreur corrigée par le parti, cette attitude demeure moins élégante. Si ces remplacements sont passés comme une lettre à la poste à Cotonou, cette même pratique du même parti cette fois-ci à Toviklin, est sujette à un brouhaha sur fond de menaces. Et pour cause, arguant d’une supposée démission des Chefs d’arrondissement de Houédogli, d’Adjodo et de Toviklin; tous membres du Bloc républicain (Br), le premier responsable de l’Up liste majoritaire dans cette commune a procédé à leur remplacement, par des élus de sa formation politique. Mais subitement, ces trois Chefs d’arrondissement en niant avoir démissionné, refusent de ce fait de céder leurs places et promettent par conséquent de poursuivre en justice, les auteurs de leurs fameuses lettres de démission. Qui pour trancher dans ce cas et comment ? À ces questions, la nouvelle loi ne propose aucune réponse. Par conséquent, le désordre dû à ces remplacements des jours après la désignation des Chefs d’arrondissement, ne prend pas sûrement fin. Ce qu’il convient dès lors de retenir à l’aune de ces conflits, c’est que la loi complétive et interprétative du code électoral est à nouveau éprouvée. D’autant plus que les partis politiques majoritaires ont décidé d’assimiler les communes au gouvernement voire un cabinet, où le chef peut dégommer son subalterne, sans rendre compte à qui que ce soit. D’où, le nouveau code électoral en résolvant certains problèmes patents, a fini par cautionner d’autres, non visibles au départ. Tout ceci, au grand dam de l’esprit de la décentralisation.

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Janvier GBEDO (Coll.)

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