Communales au Bénin/ Loi interprétative votée précipitamment: Ce que craignait le Pouvoir

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 (Au-delà de la pagaille qu’on veut enrayer)

A travers une loi complétive et interprétative, les députés ont encore retouché le 2 juin 2020, le nouveau le code électoral en vigueur au Bénin. A les en croire, cet acte qui est intervenu en plein processus électoral va désormais permettre aux communes et municipalités dans lesquelles l’élection des Maires est en souffrance, de pallier ce blocage. Seulement, ce qu’on refuse d’admettre ou d’évoquer de sitôt, c’est que les nouvelles dispositions apportées au code enterrent définitivement toute velléité de parrainage par les Maires, des candidats en 2021, allogènes aux partis politiques de ces édiles.

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Dix articles du code électoral ont été retouchés et complétés par le législateur. En somme, trois changements majeurs dans l’élection des Maires seront dorénavant d’actualité à travers les articles 189 et 190, si la loi parvient à être promulguée par le Chef de l’Etat après la vérification de sa conformité à la constitution, par la haute juridiction. D’abord, lorsqu’un parti détient la majorité absolue, il pourra former l’exécutif communal et juste transmettre la liste directement au préfet qui installe l’équipe. Ensuite, au cas où aucun parti n’a la majorité absolue pour designer à lui seul le Maire et ses Adjoints, les partis politiques représentés essaient de trouver un accord de gouvernance partagée, tout en le notifiant au préfet qui l’entérine. Enfin, au cas où ils n’arrivent pas à s’entendre pour constituer une majorité afin de former l’exécutif communal, le vote intervient et ce, sous  la supervision du Préfet.

Ainsi, avec ces nouveaux réajustements, la quarantaine de communes qui peinait à designer et/ou élire son exécutif communal, soufflera un ouf de soulagement. Car, les élections étant à la base de ce blocage observé, sont désormais mises au frigo. Alors que les affidés de la mouvance au pouvoir se félicitent de cette exhibition qu’ils prennent pour un dénouement heureux de cette situation qui ralentit la fin du processus électoral, d’autres voix s’élèvent dans le rang de la Société civile voire de l’Opposition,  pour dénoncer une manipulation de trop de la loi, à des fins personnelles. Pendant que la majeure partie de l’opinion se cantonne à un ‘’changement des règles du jeu en cours du jeu’’, un autre schéma semble se dessiner à travers cette attitude des députés. Et c’est un des leurs, précisément Abdoulaye Gounou du Bloc républicain (Br), qui a, au cours de son passage sur l’émission 5/7 du matin de la Télévision nationale hier mercredi 3 juin 2020, levé un coin de voile sur cet autre état de chose. A écouter le député, c’est parce que certains éventuels candidats à la présidentielle de 2021 et 2026 sont à la recherche de parrainages au niveau des Maires, que la pagaille liée au blocage de l’élection de ceux-ci s’observe dans plusieurs communes. Car selon son raisonnement, les campagnes électorales ont déjà été faites autour des probables futurs Maires et de ce point de vue, rien ne saurait expliquer à par les parrainages, ce bazar. De ce fait, il pense même que la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pourra designer directement son Maire à Parakou, et sanctionner le conseiller indélicat. Quand on sait que cet exemple du député n’est qu’une raison de plus pour justifier à tort ou à raison cet agissement du Parlement à travers cette loi complétive et interprétative, tout semble indiquer que le bon prétexte est trouvé. Sinon qu’en un mot, au-delà de la pagaille qui est mise devant pour manipuler le code électoral à nouveau, la véritable crainte de la mouvance est que le contrôle des mairies lui échappe en majorité, en cas donc  de parrainage. Puisque, de façon indirecte, ces partis de la mouvance supposent que l’émergence des Maires non désignés par eux est une bombe à retardement, prête à exploser en 2021. D’où, avec ces compléments à la loi, tous les prochains Maires seront soumis plus que jamais. Ainsi, cette loi à défaut de régler le problème en suspens, vient répondre directement à Théophile Yarou, probable candidat du parti Fcbe à la présidentielle de 2021,  à l’instar d’autres qui espéraient une dissidence des Maires de la mouvance avoir leur parrainage pour 2021. En clair, à travers cette nouvelle loi, les députés de la mouvance viennent de faire d’une pierre, deux coups.

J.G

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