Bénin/Difficultés dans l’élection des maires: La Mouvance se tire une balle dans les pattes

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Commencée le jeudi 26 mai 2020, l’élection des maires connaît des fortunes diverses. 26 maires sont déjà élus et une vingtaine de mairies sont dans une situation de blocage, faute de consensus au sein même des partis qui ont obtenu la majorité absolue. Du coup, pour arrêter la saignée, les élections de maires sont suspendues, le temps que le Parlement vote en urgence une loi interprétative et complétive de la loi N°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral. Ce qui a été fait hier, mardi 2 juin 2020.

Une semaine avant, mardi 26 mai 2020, Matin Libre titrait en manchette : « Election des maires et respect des textes : La ‘’volonté’’ de Talon à l’épreuve du terrain ». https://urlz.fr/cPNN. 48h avant le démarrage des installations et élections des maires, le quotidien de Bar-Tito avait tiré la sonnette d’alarme sur le fait que dans plusieurs communes, il y avait des velléités de substitution de conseillers au poste de maire. A ce fait qui pouvait constituer un blocage, et donc, mettre en péril l’appel au respect de l’article 189 du code électoral lancé par le chef de l’Etat, s’est ajouté une certaine indiscipline de groupe chez les trois partis admis au partage des sièges. Au sein même des partis ayant obtenu la majorité absolue, d’autres candidatures viennent mettre en difficulté le choix du parti. Ces dissensions à l’interne, qui font blocage au choix des maires sont la preuve que face à leurs ambitions, les conseillers, pourtant soutiens du chef de l’Etat dans la plupart des cas, n’ont que faire des consignes de Talon, une fois sur le terrain.

Alors, le code électoral est devenu le bouc émissaire. La plénière d’hier, qui devrait être consacrée à l’examen du projet de loi de règlement définitif du budget de l’Etat gestion 2017, a été utilisée pour le vote en urgence d’une loi interprétative et complétive de la loi portant code électoral.

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Or, dès le vote de cette loi en 2018 sous la 7e législature, des voix s’étaient levées pour attirer l’attention sur son caractère crisogène. L’Opposition et la société civile avaient appelé le Parlement et l’exécutif à revoir certaines dispositions qui, dans la pratique, risquaient de porter entorse à la paix, à la cohésion nationale. Même ceux qui ont voté la loi n’y comprenaient pas grand-chose puisqu’ils sont allés chercher l’interprétation de certaines dispositions à la Céna ou en saisissant la Cour suprême. Tous les appels pour corriger le tir n’ont abouti à rien. On a foncé droit dans le mur avec des arguments du genre : « la loi est dure mais c’est la loi ». Conséquence, des Législatives non inclusives avec son lot de violences. Novembre 2019, après un dialogue politique, le code électoral a subi sa première modification.

Aujourd’hui, incapable de faire régner la discipline au sein des formations politiques sortis des entrailles du chef de l’Etat et mis sur pied au forceps, le seul recours trouvé, c’est une seconde modification de la loi, la deuxième en l’espace de 8 mois. Ainsi donc, la loi pouvait être modifiée pour éviter l’exclusion de l’Opposition et son cortège de violences lors des Législatives à polémique ? La Rupture se fait prendre à son propre piège.  Définitivement, cette loi portant code électoral est mauvaise. Or,  on ne corrige pas une loi mauvaise, on l’abroge, disait François Mitterrand. Et déjà, de nouvelles dispositions font polémiques.

 

M.M

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