Bénin/Élections des maires sur fond de division Bohicon-Cotonou : le monstre à 4 têtes !

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Les jours passent, mais le scénario persiste. Démarrée le jeudi 28 mai 2020, l’installation des nouveaux conseillers communaux et municipaux suivie in situ de l’élection de l’exécutif  à la base se poursuit dans les communes. Cependant, le constat qui se dégage est que, si à plusieurs endroits, les préfets ont pu installer les conseillers, le report de l’élection suite aux blocages enregistrés ici et là les premiers jours, n’a pas, pour autant, changé. Au contraire, ça se corse. Une trentaine de maires déjà élus avec leur équipe, mais une vingtaine d’élections reportées. Les cas Bohicon et Cotonou sont édifiants.

Quatre camps se disputent le poste de maire dans la ville vitrine du département du Zou : Bohicon. D’un côté, ceux qui sont favorables à une candidature féminine : celle de Élisabeth Agbossaga qui n’est pas une novice au sein du conseil communal. D’un autre côté, ceux qui sont acquis à la cause de Rufino d’Almeida, directeur de cabinet du ministre du Plan et du développement. Loin de ces deux camps, il y a les soutiens au conseiller Armand Gansè, directeur général de la Sogema (Société gestion des marchés autonomes). Et ce n’est pas tout ! En fin de semaine écoulée, un quatrième camp s’est annoncé dans une déclaration accompagnée de communiqué final, autour de la candidature de Modeste Germain Bokossa Yaou. Quatre candidatures pour un fauteuil ! Et dire que les quatre candidats sont tous issus du même parti politique, le Bloc Républicain qui totalise 20 sièges contre 9 pour l’Union progressiste, ces deux partis issus des entrailles du pouvoir en place. Ces candidatures suscitées à tout-va par de petits groupes au sein des conseillers élus échappent souvent au parti et bouleversent le choix du candidat unique pressenti au poste de maire par les responsables du parti et certains conseillers. La preuve, pour l’élection du maire et de ses adjoints qui devrait avoir lieu hier lundi 1er juin, le préfet a clairement signifié que la liste de candidatures aux différents postes, qu’il a reçue et transmise aux responsables du parti majoritaire BR pour avis, n’a pas eu de suite. En tout cas, jusqu’à hier, le préfet Firmin Aimé Kouton du département du Zou n’avait aucun retour de la hiérarchie du parti. N’est-ce pas la preuve qu’ils sont dépassés par les clivages et clans entre « fils et fille » de la même famille politique ?

Presque pareil à Cotonou…

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Osons le dire, le cas Cotonou n’est pas encore tranché. Pour ne pas dire que tout n’est pas rose dans la capitale économique. Le moins qu’on puisse dire est que l’unanimité n’est pas encore faite autour du maire sortant de Bohicon, transféré sur Cotonou et qui a réussi à se faire élire conseiller municipal. Candidat le plus en vue au poste de maire de la ville vitrine du Bénin, Sètondji Luc Atrokpo devra faire face à des coéquipiers ou co partisans qui caressent le même rêve, mais en silence, sans battage médiatique. Des indiscrétions citent trois autres conseillers du même parti Union progressiste dans la course. Il s’agit de Gatien Adjagboni,         Arlette Bello Saïzonou et du maire par intérim sortant, Isidore Gnonlonfoun. Est-ce pour d’abord aplanir les divergences  entre les quatre acteurs et les petits groupes qui portent chacun d’eux que la liste de candidatures de l’UP, parti majoritaire, n’a pas été communiquée au préfet du Littoral par intérim, hier lundi à l’élection ? L’on est tenté de répondre par l’affirmative. Jusqu’à quand le suspense sera-t-il maintenu pour que les communes concernées vivent ces élections ? Bien malin qui pourra le dire.

Pour rappel, à Cotonou, sur les 49 sièges que compte le conseil communal, l’UP en a raflé 30 contre 19 pour le BR.

 

Jacques BOCO 

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