Taxes abusives et faux frais dans le transport: Marie-Louise Bidias et Affisou Anorin ont présenté leurs résultats

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La série de restitution des résultats des enquêtes réalisées par des journalistes sous la direction de la Maison des Médias, dans le cadre de la phase 2 du Projet « Pour des Médias plus professionnels au Bénin », financé par Open society initiative for west Africa (Osiwa) se poursuit. Marie-Louise Félicité Bidias de ‘’Mayro Magazine’’ et Affisou Anorin de ‘’La Presse du jour’’ ont respectivement planché sur : « Gares routières au Bénin : Des taxes abusives collectées en toute impunité » et « Bénin : Le transport routier toujours au rythme des faux frais ». C’était hier, mardi 19 mai 2020 à la Maison des Médias à Cotonou.

Marie-Louise Félicité Bidias justifie le choix de son sujet par le constat issu de la série d’échanges qu’elle eus au cours de l’année 2019 avec certains conducteurs de véhicules de transport de minibus et de petits véhicules,  faisant état de corruption flagrante dans la collecte des taxes de la mairie et des cotisations syndicales, faite de manière abusive. Des taxes qui seraient perçues à chaque chargement de véhicule dans les gares routières au Bénin. Elle s’en est émue et a décidé de révéler au grand jour, la face cachée de ces systèmes de collecte des taxes sur les gares routières au Bénin. Selon sa présentation, la loi attribue aux communes, la charge de la réalisation, l’entretien et de la gestion des gares routières, des embarcadères et des parkings”. Il ressort donc de l’enquête, le constat d’une gestion opaque des collectes de taxes aussi bien dans les gares routières au Bénin, que des cotisations syndicales perçues par les associations syndicales au sein des gares et dont les tickets sont authentifiés dans les mairies. L’Association des conducteurs et transporteurs du Bénin (Actb), estime que la collecte de ces cotisations syndicales n’est pas réglementaire et ne doit aucunement être perçue à chaque chargement de véhicule. De leur côté, révèle la conférencière, le Collectif des syndicats de conducteurs et transporteurs du Bénin (Cosycotrab)  justifie par contre cette collecte de fonds, tout en signifiant, entre autres, que c’est la lettre circulaire de mise en œuvre des modalités pratiques de la nouvelle formule de gestion des gares routières au Bénin, émise le 05 avril 2005 par le ministère de l’Intérieur, de la sécurité et la décentralisation qui le leur autorise. Suite à l’enquête, certaines mairies ont pris des dispositions en vue de la réglementation. Au terme de ses travaux, elle recommande une harmonisation dans l’application des arrêtés municipaux, la limitation de la prolifération des gares routières privées  et la suspension des activités syndicales sur les gares routières.

 

Faux frais dans le transport routier

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Dans ses investigations, Affisou Anorin est parti de l’hypothèse de départ selon laquelle au Bénin, il n’est pas possible de circuler sur les axes routiers « sans que les policiers, douaniers, gendarmes…ne vous fassent la poche ». A l’en croire, des témoignages recueillis font état de ce que pour quitter Malanville et venir à Tokpa avec un chargement d’oignon à bord d’un camion Titan, il faut prévoir jusqu’à 400.000 F de frais de route.  Au terme de ses investigations, il en vient au constat  qu’avec les réformes, la corruption rythme toujours avec le quotidien des usagers de la route au Bénin, cependant, pas avec la même ampleur que par le passé puisque, reconnaît-il, les barrières sauvages qui étaient érigées ont pour la plupart disparu, surtout du côté des policiers. Le respect des normes communautaires est devenu un fait. Mais au niveau des douaniers, tel n’est pas totalement le cas, déplore le conférencier, car pour lui, sur l’axe Cotonou-Kraké, (moins de 30 Km), il y a pas moins de trois postes de douane. Ce qui selon sa présentation est contraire aux dispositions du décret N° 2013-546 du 24 décembre 2013 qui limite à 01, le nombre de poste de contrôle sur cet axe routier. Le comble, dénonce Affisou Anorin, c’est la présence des « Klébés » ou « arracheurs de billets », dans le jargon des fraudeurs. Ils sont chargés de percevoir l’argent de la fraude pour le compte des douaniers qui ne veulent pas prendre le risque d’être pris en flagrant délit de corruption. Du rapport 2017 de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les corridors de l’Afrique de l’Ouest, il ressort que le nombre de postes de contrôle aux 100 Km est fluctuant mais reste globalement supérieur à la norme communautaire qui est de 3 postes de contrôle le long des corridors. Ceci dans tous les pays de l’Uemoa, à l’exception du Bénin qui respecte désormais cette norme.

 

Th. A.

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