« Corruption, terreau de la transhumance » et « Soupçons de rétro-commissions au Fac »: Flore Nobimè et Fortune Sossa divulguent leurs enquêtes

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Dans la droite ligne de la divulgation des résultats des enquêtes qu’un pool d’une dizaine de journalistes a réalisées sous la direction de la Maison des médias, deux autres journalistes étaient face la presse, jeudi 14 mai 2020. Il s’agit de Flore Nobime qui a travaillé sur « Passage des éleveurs nomades dans les champs : la corruption, terreau de la transhumance » et son confrère Fortuné Sossa qui s’est intéressé au Fonds des Arts et de la culture avec des soupçons de rétro-commissions qui entourent l’attribution de ce fonds à des projets d’artistes.

Pour Flore Nobimè, depuis décembre 2017, le gouvernement a pris plusieurs décisions dont celle de « limiter les déplacements de troupeaux à la latitude de la commune de Dassa-Zoumè » et d’ « interdire l’arrivée des troupeaux vers la région méridionale où les dégâts humains sont plus graves ». Mais malgré la prise de ces décisions renforcées ces deux dernières années par d’autres mesures, confie-t-elle, on n’a pas cessé de parler de transhumance dans cette région avec son cortège de drames. Et dans la région Agonlin où son travail a été réalisé, la journaliste enquêteur soutient, sur la base des données collectées, que le passage des éleveurs nomades dans les champs s’y déroule sur fond de corruption. « Nous avons pu recueillir le témoignage du maire de Covè qui, d’après ce qu’il nous a confié, a subi des pressions de certains chefs de village afin d’accueillir des transhumants dans sa commune. Il existe aussi des cas de fraude avec des passages de troupeaux qui se font nuitamment moyennant le paiement d’une somme de 50.000 francs par troupeau à Covè. Cette somme est perçue par des réseaux d’intermédiaires. Il est à noter que la règlementation en vigueur au Bénin interdit le pâturage et les déplacements nocturnes des bêtes », expose-t-elle. Flore Nobimè, dans la livraison de ses résultats, poursuit : « Pour ce qui est de Covè, l’idée de taxer le passage des troupeaux émane de l’Association des producteurs victimes de la transhumance. L’initiative, qui d’ailleurs ne répond à aucune logique n’a pas prospéré et les 130.000 francs collectés auprès des éleveurs étaient, au moment de la réalisation de notre enquête, au commissariat de Covè. Sur le terrain, un éleveur béninois nous a confié la mésaventure de son pasteur bloqué avec son troupeau dans une commune du Zou. Alors qu’aucune taxe n’a été instituée, le chef de ce village dont nous taisons le nom a exigé le paiement d’une somme de 60.000 francs avant de laisser le troupeau poursuivre son itinéraire ». Elle ajoute pour finir, « Nous avons aussi noté la présence décriée des intermédiaires encore appelés démarcheurs ou facilitateurs qui continuent de défier les textes. Inconnus dans les rangs des acteurs officiellement impliqués dans la gestion de la transhumance, ils continuent de profiter illégalement et impunément de l’activité en usant de chantage, d’extorsion de fonds, de rackets. On notera aussi le mutisme des victimes, qui en développant une attitude de non-dénonciation, nourrissent le fléau ».

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Le dossier du Fonds des arts et de la culture…
Fortuné Sossa qui est allé sur cette piste a révélé que de son enquête, il ressort deux sortes de rétro-commissions qui seraient perçus à partir des projets financés par le Fac. « Il y a ceux qui postulent avec leurs projets directement à qui est exigé des rançons ; mais en dehors de ceux-là, il y a les projets pour lesquels il est fait appel à des porteurs ». Le journaliste enquêteur a déclaré que la plupart des acteurs culturels interviews ont affirmé avoir été rançonnés pour bénéficier de subventions du Fac. « En résumé, pour bénéficier de financement, il faut accepter le deal, accepter de rétrocéder un certain pourcentage afin d’avoir l’avis favorable et obtenir le chèque », renseigne Fortuné Sossa au cours de la conférence de presse. Cependant, dans le souci du contradictoire, il dit s’être rapproché du directeur général du Fonds et d’un membre du Conseil d’administration de la structure qui ont rejeté ces allégations. Toutefois, le membre du Ca du Fac aura fait observer, selon le journaliste enquêteur, qu’ « il arrive que des acteurs proposent au préalable un certain pourcentage, craignant de ne pas être financés ».
« Pour des médias plus professionnels au Bénin ». C’est l’intitulé du projet d’enquête porté par la Maison des médias et financé par Osiwa. Pour cette deuxième édition, une dizaine d’enquêtes ont été produites et publiées dans des journaux et médias en ligne. L’objectif est d’amener les journalistes béninois à être davantage professionnels dans l’exercice de leur métier et à s’intéresser plus à ce genre journalistique.

JB

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