Répression pour port obligatoire de masque: Priorité à l’amende de 6000Fcfa ou à la santé des populations?

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En ce temps de la pandémie du coronavirus, il est un fait que les déplacements sont réduits au strict nécessaire ; les entreprises, elles, périclitent ; des employés se sont vus simplement éconduire, d’autres leur salaire réduit ; les commerçants crient à la mévente ; la population à l’estomac dans les talons au point où d’aucuns, pour leur alimentation quotidienne par ces temps n’ont d’autres choix que de prendre du gari (farine de manioc) au risque de subir les affres de l’hémorroïde. Face donc à ce tableau, est-ce la bonne stratégie pour amener le peuple béninois à épouser la réforme sur le port obligatoire de masque ? Booster  les caisses de l’Etat en cette période ne s’apparente-t-il pas à un crime ? Sur quoi d’ailleurs se base-t-on aussi pour fixer les différents prix des amendes ? Pistes cyclables et couloirs de circulation (27 000 F Cfa), port de casque (10 000 F Cfa plus frais de fourrière), immatriculation des motos (6000 F Cfa plus frais de fourrière 1500 voire 2000) ; d’où provient cette fixation tous azimuts des prix ?

Mieux, l’obligation faite par la police républicaine du port de masque sur toute l’étendue du territoire national est rendue publique lundi 27 avril 2020 pour prendre effet le lendemain soit mardi 28 avril. A-t-on suffisamment pris la peine de bien sensibiliser la population notamment celle qui n’était pas concernée par le cordon sanitaire à cet effet pour un début si musclé de la répression ?  Dans cette lutte contre le coronavirus, quelle place donne-t-on aux affiches ? Nul n’ignore, en effet, leur rôle pour transmettre un message. En réalité, il est manifeste que même les affiches pouvant servir pour la sensibilisation de ce mal, afin d’éveiller la conscience collective sont rares dans nos villes et rues, sur nos artères en paradoxe flagrant avec ce qui s’observe depuis le lancement de la campagne électorale pour les communales et municipales de mai prochain.

Pour le cas d’espèce, pourquoi ne pas prévoir par exemple au niveau de chaque poste de police un lot de masque et contraindre les contrevenants à l’acheter ? Pourquoi ne pas simplement permettre à ceux qui l’ont mal porté de bien le faire ? L’argument maladroitement lâché par certains pour justifier cette répression qui n’a de nom que sous nos cieux, est qu’un individu qui conduit une moto doit disposer de pouvoir d’achat d’un masque. Est-ce à dire qu’au Bénin tous ceux qui conduisent de moto en sont-ils les proprios ? Aussi, telle qu’elle se mène cette répression par la police républicaine pour réduire la transmissibilité du virus, ne faut-il pas davantage s’en inquiéter ? Eu égard à ce qui s’observe aux postes de police en général et que vient soutenir le témoignage supra, supposons que celui qui conduit la moto est infecté par le virus et donc que sa moto représente un danger. Au contact direct de celle-ci avec leurs mains, ces agents ne s’exposent-ils pas ? Pis,  à force aussi d’enlever les masques, pour parler ou pour répondre à un appel alors qu’on n’est pas seul, de quoi se protège-t-on au final ? Pendant ce temps, le Président de la République, vu comme la toute première ‘’affiche’’ sensibilisatrice dans cette réforme de port obligatoire de masque, étant le 1er Béninois, s’en prive derechef.

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Les zémidjans souffrent le martyr

Ils sont les plus éprouvés en ce temps de répression. Pour un oui ou un non, leurs motos sont saisies. Il aura suffi pour ces infortunés, que leurs clients n’aient pas porté de masque pour que ceux-ci en payent les frais. Quelles que soient les raisons, la police, elle, ne veut ni entendre ni comprendre. La loi reste la loi. Pourtant, on peut essayer d’analyser des paramètres. Morceau choisi : «Quand je l’ai pris, il avait bien porté son masque…», se justifiait un conducteur arrêté. «… En chemin, mon portable a sonné et en voulant répondre, j’ai enlevé le masque », renchérit le client.  Bref, dans cette affaire de répression, on peut faire mieux. A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles.

 

Cyrience KOUGNANDE

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