Après sa condamnation: L’engagement de Komi Koutché ne faiblit pas

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Quelques jours après sa condamnation par la Cour de répression des infractions économique et du terrorisme (Criet), l’ancien ministre de l’Economie et finances sous Yayi Boni s’est prononcé depuis les Etats-Unis, son pays d’asile. Dans son adresse, Komi Koutché a exprimé son inquiétude face la gestion que fait le gouvernement béninois, de la pandémie qui décime les populations du monde et contre laquelle les dirigeants des pays du monde prennent des mesures hardies de protection et d’accompagnement des populations. Il se dit cependant serein face à la condamnation de la Criet. Peignant un tableau sombre de la gestion du Bénin par Patrice Talon, l’ancien argentier national invite tous ceux qui croient au combat pour la libération du pays par la résistance, à se joindre à lui pour la poursuite de la lutte.

Béninoise et Béninois. Chers compatriotes, je voudrais en ce moment spécifique où l’humanité tout entière fait face à l’une des épreuves les plus rudes de l’histoire vous adresser de loin où je suis poussé à être, ma proximité priante. Je voudrais également vous dire, que le Covid-19, est une véritable 3e guerre mondiale qui se joue sous nos yeux. Mais une guerre pas comme les deux premières guerres mondiales. Une guerre asymétrique, dans la mesure où l’ennemi n’est pas visible. Mais une guerre aussi plus complexe que les deux premières guerres mondiales, parce qu’il n’y a pas une partie avec laquelle il faut négocier le cessez-le-feu. Mais vous pouvez négocier le cessez-le-feu avec vous-mêmes. Et négocier le cessez-le-feu avec vous-mêmes consiste à observer les gestes barrières, édités  par l’Organisation mondiale de la santé. C’est le moment de pouvoir féliciter certains gouvernements africains, qui ont donné le bon exemple, en prenant la crise très au sérieux et en prenant des mesures hardies, pour pouvoir circonscrire sa propagation et pouvoir l’étouffer. Des États-Unis où je vous parle, devenu depuis quelques semaines, le siège délocalisé du coronavirus, je peux vous dire, qu’en ce qui concerne notre pays le Bénin, la situation est plus que critique. Loin des chiffres qui nous sont annoncés, dans la réalité aujourd’hui par expérience et pour ce qui s’est passé dans les autres pays et ce que je vois  là où je suis ici aux États-Unis, le nombre de cas au pays, pourrait être peut-être de 10 ou 20 cela. Cela voudrais dire que chacun dans son vécu quotidien, doit pouvoir se donner la responsabilité et le devoir de pouvoir se dire que le virus peut être partout et peut provenir de partout. Il faut donc cher compatriotes, faire en sorte que  vous puissiez résolument et avec la plus grande discipline, combattre ce virus en négociant le cessez-le-feu avec vous-mêmes. Chers compatriotes, ma présente adresse se fait  au lendemain de ce qu’il convient d’appeler communément l’affaire Komi Koutché. Cette affaire qui s’est illustrée depuis 4 ans comme une véritable chasse à l’homme, et dans laquelle j’ai décidé  de franchir toutes les étapes, non seulement en éprouvant ce qu’est devenu le système judiciaire de mon pays, mais aussi en éprouvant la bonne volonté et la bonne foi des responsables de notre pays depuis 2016, en ce qui concerne la lutte contre la corruption, m’a permis et vous a d’ailleurs permis aussi, de pouvoir déduire les leçons qui sont les vôtres. Comme vous le savez,  sans surprise aucune, la nuit du 3 au 4 avril 2020, la sentence tant attendue est tombée. J’ai été condamné à 20ans de prison, pour détournement.  Détournement dans une affaire qui a été connue partout dans le monde. Curieusement j’ai été acquitté pour les infractions de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et de capitaux. Ce qui est curieux,  c’est que jusqu’aujourd’hui, aussi bien mes avocats, que ceux qui étaient présents dans la salle, ne sont pas capables de me dire combien j’ai détourné. Et si je ne me suis pas enrichi illicitement, les produits du détournement sont allés où ?

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Je ne voudrais pas m’attarder sur ce que tout le monde sait déjà. Mais je voudrais simplement vous dire, 20 ans de prison, ça comporte le chiffre 20. Et pour le régime de la rupture, le chiffre 20 est un symbole. 20,  c’est le nombre d’années pour lequel tous les responsables de partis politiques, obligés à rentrer dans les deux blocs paternalistes du chef  de l’État, se sont engagés à renoncer à toute organisation politique et à leurs partis politiques. 20 ans également, c’est le standard de condamnation des opposants les plus menaçants. Il est clair qu’il y a un tableau de bord de la rupture, qui trouve son fondement dans le chiffre 20. Mais 20 ans, seul le maître du temps sait ce qui peut se passer. Et ceux qui ont donné l’ordre de prononcer cette condamnation de 20 ans et ceux qui ont été les metteurs en scène, et ceux qui ont été les exécutants, seul ce maître du temps, sait ce qui adviendra de leurs vies, avant que cette échéance n’arrive. Mais je suis convaincu que beaucoup de choses auront évolué dans la planification qui est faite et qui a conduit à cette condamnation. Pour moi, ce n’est une condamnation de surprise, parce que le processus continue, parce que je m’y attendais.  Le processus continue parce que j’ai décidé d’éprouver le système judiciaire du pays. J’ai donné l’ordre à mes avocats, d’aller en appel. Je peux déjà vous dire que je n’attends rien de cet appel, dans la mesure où déjà, c’est le président de la composition qui a connu de l’affaire, qui est aussi le président  de la chambre d’appel de la Criet. Il est clair qui ne se dédira pas. Même si par acrobaties, il se fait qu’il ne se met pas dans la composition qui va connaître du dossier en appel, c’est à lui d’affecter à qui il veut, pour avoir le résultat qu’il a an déjà proclamé en première instance.   Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, que quelqu’un qui  dans le cadre de ce même dossier, l’a connu à certaine étape, se retrouve ailleurs. Joseph Djogbénou, qui était le ministre qui a initié la poursuite, s’est retrouvé la cour constitutionnelle et n’a pas hésité à faire un revirement honteux de juriceprudence.  Ce dossier ne nous apprendra plus rien. Observez aussi que dans ce même dossier, entre autres sanctions, il est décidé la confiscation de tous mes biens. Même ceux que j’avais déjà avant de commencer par exercer des fonctions publiques. Je ne suis pas surpris simplement parce que avant même que l’audit du Fonds national  de la microfinance ne commence, avec l’aide de proches, tous mes biens avaient déjà été inventoriés. Le mot d’ordre c’est de bannir définitivement Komi Koutché de la terre Bénin. Une terre pourtant sur laquelle, le Tout-puissant créateur l’a établi. L’homme dit, il faut le bannir. A vous mes porches qui vous préoccupez de cette situation, je voudrais dire ce qui suit. Il y a 24 ans lorsque j’arrivais à Cotonou pour la première fois, j’étais venu avec 2 pantalons et un sac de voyage déchiré. Si après 24ans, j’ai pu avoir ce que le plus fort décide de prendre aujourd’hui, c’est Dieu qui a donné, c’est Dieu qui aura repris. Tant que j’aurai la vie, je continuerai et tant que Dieu continuera à me donner le souffle, je continuerai. Je voudrais en cela vous remercier, pour vous qui m’avez personnellement appelé, en offrant de l’asile dans mon propre pays à mes enfants qui sont dans ma demeure à Calavi, je voudrais vous remercier et vous dire, je ne vous mettrai pas en danger. Je sais déjà, le nombre de personnes, le nombre d’innocents qui ont déjà fait les frais de cette chasse à l’homme, dont je suis victime. Je ne vous mettrai pas dans ce danger-là. Mais je sais qu’à la fin du rouleau, la vérité va triompher. Parce que le plus fort, ne sera jamais autant fort que Dieu. Je voudrais finir sur ce point, en levant quand-même quelques points d’équivoque. Vous savez, loin de me faire du mal, c’est une procédure qui m’a rendu service. Cette procédure a permis à ceux qui sont mes persécuteurs de se rendre compte que, je suis loin d’être ce qu’ils pensent. Pour moi, toute la vie est un projet. Et dans ma conception de la vie comme un projet, chaque journée est une vie entière qu’il faut remplir et accomplir. Je n’ai donc pas peur de demain.

C’est lorsqu’on a peur de demain, qu’il vous passe dans l’idée, de procéder à des actions qui ne sont pas des actions orthodoxes, pour vous garantir un hypothétique lendemain. J’en n’ai pas peur de demain et chaque jour que Dieu fait, j’essaye de remplir ma journée comme toute une vie entière. Ceux qui ont côtoyé ma vie quotidienne,  savent que j’ai été éduqué pour gagner ma vie à la sueur de mon front, du travail et rien que du travail bien fait. Et ceux qui m’ont côtoyé dans mes différentes positions professionnelles, savent qu’il ne m’est jamais passé par l’esprit, une quelconque idée de procéder par quelque moyen que ce soit, pouvoir dérober un seul franc de l’État. Et ceux qui ont été payés pour faire des témoignages en charge, en contrepartie de leur liberté, et même ceux qui ont connu de ce dossier, savent que le verdict qui est prononcé, s’est basé sur du faux. Et je me réjouis qu’il n’y ait pas d’éléments nouveaux, par rapport à ce qui a été connu, par une justice internationale, comme celle  de Madrid, comme les éléments qui ont été connus par la chambre légale de Interpol, qui tous deux, ont conclu qu’il s’agit d’une persécution politique. Et d’ailleurs la sentence en témoigne. La loi dit clairement, quand quelqu’un détourne, on dit qu’est-ce qu’il a détourné, à quelle occasion il l’a fait, quel est le montant détourné ? Toutes choses qui ne sont pas communiquées jusqu’aujourd’hui. La magie aidant, comme ça s’est toujours illustré dans ce dossier, il est évident que avant que ça n’arrive en appel, ces montants peuvent être et établis. La sentence demande qu’on arrache tous mes biens, au détriment même du fait que la loi dit que, pour confisquer les biens, c’est les biens qui proviennent des fruits du délit qui sont concernés. Mais puisque la sentence ne peut pas identifier clairement le délit,  le mieux c’est de dire, notre objectif étant de le bannir, il faut pouvoir tout prendre. Ce n’est pas grave. Ils ont fêté, ils ont bu du champagne, en disant mission accomplie. J’ai aussi fêté, j’ai aussi bu du champagne, en disant, je remercie Dieu, de leur avoir montré, que quand on est dans le faux, on fait toujours un processus éprouvant. Jamais, aucun processus judiciaire au Bénin, n’aurait demandé autant de manipulations de textes,  autant de vote de lois et de prise de lois pour aboutir à la fin.  Mais je voudrais les rassurer que cette fin là c’est le commencement de tout. Parce qu’au moment où ils ont cru avoir accompli leur mission et sont en train de sabler du champagne, c’est en moment-là exactement sue Dieu lui met son horloge en marche. Je voudrais donc vous remercier pour vos soutiens et vous rassurer que, en lieu et place de toute la communication qui vous est faite, moi Komi Koutché, je n’ai que deux maisons dans  ma vie. Pas que je ne pouvais pas construire plus. Mais j’ai été éduqué dans la modestie. Je n’ai pas été éduqué dans l’extravagance. Je connais ce que c’est que l’utilité et ce qui dépasse déjà les bornes de l’utilité, ne fait plus partie de mon éducation. Si j’ai de l’argent construire 13 immeubles, je construits deux. Celui qu’il le faut à Cotonou, celui qu’il me faut au village et le reste j’investirais dans des salles de classe. C’est comme ça que je suis utile à ma communauté. Mes deux maisons, même des gens qui sont avec le chef de l’État, savent quand est-ce que les ai construites. La maison de Calavi, comme ça été d’ailleurs démontré à Madrid, a été construite depuis des années. Ma fille aînée qui a bientôt 18 ans, est née dans cette maison. Ça figure clairement dans son acte de naissance. Ma maison du village a été construite bien avant 2006. Ça a servi de siège de campagne pour Yayi Boni en 2006. Je ne dis pas tout ceci pour me justifier pour des choses au vous connaissez déjà. Mais je voudrais déjà rassurer, ceux dans la tête de qui, il y a eu le moindre doute, qu’il ne doit pas avoir de doute. Ce qui importe pour moi, c’est ce que je sais que je suis, que ceux qui me connaissent savent que je suis et ceux qui me connaîtront, découvriront que je suis. Ce n’est pas ce que mes détracteurs veulent que je sois, et travaillent à construire que je sois, c’est le plus important. Le deuxième  point d’équivoque que je voudrais lever, c’est cette affaire de comptable, abondamment relayée. Je voudrais vous dire ceci. Comme je l’ai répété tantôt, le travail bien fait et le dur travail pour gagner sa vie, l’honnêteté ont toujours été mon leitmotiv.

Le comptable dont on parle, n’est pas un collaborateur. C’est mon fils comme tout le monde l’appelle, c’est mon garçon aîné. C’est mon cousin, c’est moi qui l’ai élevé. C’est lui qui s’occupe des affaires privées de ma femme et de moi-même. Il n’était pas comptable avant de faire tout ça. Il est devenu directeur comptable du Fonds national de la microfinance, plusieurs mois après mon départ.  Contrairement à beaucoup d’autres Béninois, qui ont été  pressurés, étouffés comme ça dans l’œuf, ce dossier est connu à l’international. Et je m’attendais à ce que le pouvoir pour une fois, restaure sa crédibilité, mais comme l’objectif est clair, il se poursuit. Mais cet objectif n’arrête rien, en ce qui concerne mon engagement. C’est cela en ce qui concerne ce dossier.

Le Bénin, 4ans après, donne à réfléchir. Il y a quelques jours, nous avons fêté les 4 ans, chacun en fonction  de la position dans laquelle il se trouve. Mais la principale question que nous devons nous poser, c’est qu’est-ce que notre Bénin n’est devenu, 4 ans après. Bénin, 4 ans après, peut être comparé à supermarché,  tombé sous le contrôle de braqueurs, qui tirent sur tous les propriétaires qui bougent et qui ne laissent passer que les propriétaires qui sont prêts à aller remplir leurs camions amenés pour emporter l’objet du crime. C’est comme ça  que nous pouvons caricaturer notre pays, aujourd’hui. Le Bénin, 4 ans aujourd’hui, c’est un Bénin dans lequel, la plus grande richesse, l’édifice démocratique est complètement détruit, à commencer d’abord par le système judiciaire, qui a complètement déchiqueté  notre première richesse qui était la diversité culturelle et l’unité nationale. Et pour vous en donner les preuves, je vous citerai juste à titre indicatif, quelques chiffres que je demande qu’on démente. Est-ce que vous savez que depuis 2016, chers compatriotes, 99,2% de tous ceux qui ont été envoyés en prison, sont soit du rang de l’opposition, ou des gens qui ne sont pas engagés dans la politique, mais qui ont une voix discordante. Tenez, 100% des acquittements, des déclarations de non-lieu, ou de déclaration d’incompétence, ou de libération pour diverses raisons,… bonne conduite en prison, ces 10% sont soit, des gens proches de la mouvance, ou des gens rentrés là-bas comme de l’opposition ou une voix insoumise et qui prennent l’engagement à l’intérieur de la prison de sortir pour chanter les louanges du pouvoir. Ce n’est ça notre Bénin et ce n’est pas ça le Bénin qui va garantir l’avenir de nos enfants. Le Bénin également, c’est désormais le pays dont la police et l’armée lui sont volées. C’est sous le Bénin depuis 2016, que nous voyons une police, qui créé un groupement tactique d’intervention, dont la mission est de faire des combats de localité. Ça veut dire quoi ? En lieu et place du maintien de la paix,  de la protection des populations et du maintien de l’ordre, notre police désormais, fait des combats de localité,  contre la population qu’elle est censée protéger, c’est cela notre police.  Et c’est là aussi, l’une de mes leçons dans  ce parcours. J’ai réussi à éprouver, la volatilité de ce que peut être le cadre béninois. Et nous devons travailler à minimiser les risques d’implosion de notre société. Je crois en la culture démocratique et je crois en ce que, c’est dans le dialogue des idées, que nous pouvons trouver nos solutions. Nous devons donc avoir le courage, malgré le risque d’oppression qui existe sur le terrain,  de pouvoir sortir ces réalités, pour qu’enfin, les gens, même s’ils se refusent d’admettre l’évidence aujourd’hui, regardent là où ils sont en train de conduire le pays.  Le Bénin, depuis 2016, c’est également, un Bénin à une économie particulièrement extraordinaire. Un Bénin dans lequel nous avons une croissance économique astronomique, mais qui curieusement est une croissance économique inversement querellée avec les réalités de la vie quotidienne des populations. Sinon comment comprendre que nous puissions avoir une croissance économique de plus de 7% et que jusqu’à l’heure où nous parlons, alors que tous les pays de la sous-région ont pris des mesures hardies, contre le coronavirus, en sachant bien-sûr que le coronavirus n’est pas qu’une crise sanitaire,  mais une crise sanitaire qui va déboucher sur une crise humanitaire, qui débouchera sur une crise économique et qui impactera dans la durée même nos interactions sociales. Combien de mois vous faut-il pour croire encore que même le cousin avec qui vous restez dans la même maison, vous ne pouvez pas lui serrer la main, au risque d’attraper le coronavirus. Il restera dans nos mémoires, le risque de pouvoir contracter le virus, même avec nos plus porches, si nous nous rapprochons d’eux, même après le passage du virus. Et le virus affecte même les grandes puissances. Le coronavirus, c’est la preuve de l’impuissance  des grandes puissances. Qu’en est-il déjà des sans puissance que nous sommes et que dans ces conditions, le pays le plus performant en matière de croissance économique de la sous-région que nous sommes, ne puisse pas être en mesure, de dégager même 500 milliards FCfa, pour aller au secours des bonnes dames, pour obliger les conducteurs de taxi-moto à rester à la maison ne serait-ce que pour un mois, pour obliger les bonnes dames qui se côtoient à millimètre près chaque jour pour survivre à rester à la maison,  rien que pour circonscrire le mal, je pense que  c’est une  croissance vraiment extraordinaire. Si elle existe, elle est extraordinaire. Et  comme je vous l’ai dit, c’est une croissance à laquelle je ne crois pas. C’est des chiffres arrangés. Mais comme on ne peut pas parler, quand vous parlez vous allez en prison ou bien on vous donne 20 ans de prison, la situation est- comme ça, mais il existe des réalités qu’on ne peut pas démentir. On peut empêcher les gens de parler, mais on ne peut pas empêcher certaines réalités de révéler ce qui est. Et c’est pourquoi je voudrais inviter les autorités de notre pays, à revoir leur copie. Cela parait fondamental. Parce que le Bénin est en train d’aller vers la ruine. Si la tendance se poursuit, il arrivera un moment où, notre pays sera incapable de faire face à un certain nombre d’obligations essentielles. C’est cela la vérité. Et c’est ce que nos devanciers ont refusé en allant à la conférence nationale de 1990. Mais puisque le Bénin est devenu aujourd’hui un pays d’esclaves, où pour jouir du bien le plus commun au monde qu’est la liberté, il faut d’abord chanter les louanges du chef, tout le monde voit, tout le monde sait, mais, personne ne peut dire. Ou si vous voulez dire, il faut dire ce que le chef aime entendre. Mees chers compatriotes, l’heure est grave il n’y a plus d’autres solutions que de sauver le Bénin. Et pour sauver le Bénin, cela appelle le sacrifice de tous. Nous ne devons pas avoir peur à être condamné même à mort. Dans notre pays des ont été condamnés à mort. Ils sont là aujourd’hui. Le plus important, c’est que vous sachiez ce que vous êtes en train de faire et ce que vous cherchez pour le pays. A ceux qui croient encore en la libération de notre pays par la résistance, je voudrais une fois encore ici vous demander de laisser tomber les calculs individuels, c’est de la pire stupidité, que de penser qu’on peut discuter la viande d’un gibier couché au milieu d’un troupeau de lion. Il n’y aura pas de bonheur individuel, soit nous périssons tous, soit nous nous soumettons tous, soit nous réussissons tous. En ce qui me concerne moi, si le but visé à travers ma condamnation, c’est de dire on va le faire taire, c’est même maintenant que ma bouche s’ouvre. Moi je me mets résolument comme toujours, à la disposition de ce combat. Et c’est un combat que je sais que nous ferons, et que nous allons gagner. Parce que le peuple est au-dessus des individus. Observez autour de vous aujourd’hui, la politique sous Boni Yayi avait été de stabiliser la haute classe. Mais de créer une classe moyenne, qui croisse rapidement de sorte à ce que cette classe moyenne qui puise impulser et avoir un effet induit sur la basse casse qui elle-même bénéficie d’un certain nombre de programmes sociaux pour favoriser sa transition vers la classe moyenne. Ceci s’est illustré par plusieurs mesures. On me condamne aujourd’hui pour des microcrédits dont tous les comptes ont été certifiés, connu de la chambre des comptes, certifiés par les bailleurs. Mais depuis 2016, que le gouvernement puisse me dire combien de microcrédits il a placé. Et mieux, c’est qu’il y a eu des détournements massifs, qui ont été notifiés au tout puissant procureur spécial de la République. Quand tu es du bon côté, il n’y a pas de problème. Je reviens donc à ma démonstration, pour dire, que reste-t-il de cette classe moyenne aujourd’hui ? Que reste-t-il de ces populations de la basse classe qui étaient en transition fut-il même par des actions mal organisées vers la moyenne classe. Le coefficient de gini est au Bénin aujourd’hui est l’un des plus spectaculaires possibles. Le bonheur, c’est désormais l’affaire de 200 personnes  au sommet. Quand je dis 200 personnes, c’est députés nommés, ministres, et puis profiteurs d’à côté compris. Les 12 millions de Béninois moins les 200 personnes, on s’en fout. Pour une fois encore je dis, je n’ai aucun problème personnel avec le chef de l’Etat Patrice Talon. C’est vari certains me disent nous n’avons pas compris pourquoi quand il entend ton nom, il devient enragé !

J’ai posé la question à ceux-là quand il entend le nom son fils Leonel, il sourit ou il devient enragé, ils disent on ne sait pas. Je dis c’est sûr qu’il sourit. S’il protège son enfant comme d’ailleurs tous ceux qui sont à son service protègent leurs enfants, et cherche à détruire le pauvre fis de paysans que je suis, je laisse Dieu juger. Il est donc évident que  nous sommes à la croisée des chemins, et soit on accepte de dire la vérité aujourd’hui quel que soit ce que cela nous coute, ou on se tait et ce serait le suicide collectif et pour les opprimés et pour les oppresseurs, et pour les applaudisseurs. Pour vous les millions de Béninois, à qui on a voulu faire du mal, en disant prononcez cette condamnation, pour les démoraliser, je voudrais vous dire restez debout.

Je vous remercie et une fois encore, prions Dieu le Tout-puissant créateur qui es au-dessus de tout et tout ce que chacun de nous adore, qu’il puisse nous préserver de ce grand test auquel il est en train de soumette tout le monde, pour éprouver sa foi et démontrer sa puissance afin que nous ne soyons emportés par les flots du coronavirus.  Et à ceux qui sont déjà tombés par les affres de cette pandémie, nous disons paix à leurs âmes. Béninoises et béninois il n’y a pas matière à désespérer.  Demain sera beau et il le sera. Quant à moi je reste toujours debout, et plus que jamais engagé.

Transcription Thomas AZANMASSO

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