Covid-19 et fermeture des écoles: Abandons, grossesses et mariages précoces : ça inquiète !

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Bien que l’option de la fermeture des établissements scolaires soit indispensable pour freiner la propagation du coronavirus (Covid-19), il n’est pas exclu que des conséquences fâcheuses en découlent. Outre le taux d’abandon, les filles sont plus que jamais exposées aux grossesses et mariages précoces. Des leçons tirées de l’épidémie d’Ebola aux solutions proposées par l’Unesco, les gouvernants doivent prendre leurs responsabilités…

 

Les conséquences de la fermeture des écoles seront plus catastrophiques pour les filles que pour les garçons, selon des estimations de l’Unesco et de Plan International.  En effet, en raison de la pandémie de la Covid-19, l’Unesco estime que plus de 89 % sont actuellement déscolarisés du fait des fermetures d’écoles. « Cela représente 1,54 milliard d’enfants et de jeunes inscrits à l’école ou à l’université, dont près de 743 millions de filles. Parmi ces filles, plus de 111 millions vivent dans les pays les moins développés du monde, où il est déjà extrêmement difficile d’obtenir une éducation », selon une publication de la directrice générale de Plan international, Anne-Brigitte et Stefania Giannini, sous-directrice générale de l’Unesco pour l’éducation. Alors que l’on s’inquiète déjà des conséquences économiques avec le coronavirus, plusieurs familles dans les pays pauvres pourraient ne plus pouvoir faire face aux frais de scolarité de leurs enfants. Et les premières victimes restent toujours les filles qui risquent d’être contraintes au mariage tandis que d’autres s’en sortiront avec des grossesses précoces. Même si de nombreuses filles poursuivront leur cursus scolaire une fois que les portes des écoles rouvriront, d’autres n’y retourneront jamais plus. C’est une évidence. Toute chose qui mettrait en péril des progrès réalisés en matière d’éducation des filles. En réalité, l’école permet de protéger les filles des grossesses et des mariages précoces. Dans de nombreux cas, les abandons scolaires étaient dus à une augmentation des responsabilités domestiques et familiales ainsi qu’à une réorientation vers des activités génératrices de revenus, selon l’Unesco.

« Plusieurs études ont révélé que les fermetures d’écoles aggravent la vulnérabilité des filles face aux abus physiques et sexuels commis par des camarades et par des hommes plus âgés, car les filles sont souvent seules à la maison et sans supervision. De nombreux cas de rapports sexuels monnayés ont également été signalés, tandis que les filles et leurs familles peinaient à pourvoir à leurs besoins fondamentaux. À mesure que les soutiens de famille périssaient à cause du virus Ebola, réduisant à néant les moyens de subsistance, nombreuses sont les familles qui ont décidé de marier leurs filles, espérant, à tort, que cela leur procurerait une certaine sécurité » renseigne Plan international et l’Unesco. En référence à la crise Ebola, les grossesses d’adolescentes auraient augmenté jusqu’à 65 % dans certaines communautés pendant la crise Ebola. Une situation qui serait liée au fait que les filles ne bénéficient plus de l’environnement protecteur assuré par les écoles.

Des solutions proposées:  la balle dans le camp des gouvernants

 

Des leçons tirées de la récente crise Ebola, des approches de solutions sont préconisées pour protéger les progrès réalisés. D’abord, il faudra mobiliser les enseignants et les communautés afin de mettre en place des méthodes inclusives d’enseignement à distance et les inciter à renouveler leur appel à la poursuite des investissements en faveur de l’éducation des filles. Ensuite, il faudra également tenir compte de la fracture numérique entre les genres et surtout protéger les services essentiels. C’est-à-dire, associer plusieurs secteurs pour garantir des services sociaux alternatifs et proposer un soutien par téléphone, par messagerie (texto) ou par d’autres formes de média. Plus important, inclure les jeunes dans l’élaboration de stratégies et de politiques relatives aux fermetures d’écoles et à l’enseignement à distance en fonction de leurs expériences et de leurs besoins. La garantie du retour à l’école s’impose. Cela implique de tenir compte des filles enceintes et des jeunes mères qui sont souvent confrontées à la stigmatisation et à des lois discriminatoires en matière de réintégration scolaire les empêchant de poursuivre leurs études. De toute façon, les gouvernants béninois, africains et d’autres pays du Sud devront se hâter de prendre leurs responsabilités.

Aziz BADAROU

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