Présidentielle 2021/ Après Koutché: Plus rien n’arrêtera la galaxie Talon

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Komi Koutché s’est vu affliger, samedi 04 avril 2020, à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de près de 22 milliards, entre autres. C’est ainsi la résultante du procès intenté contre lui par l’État béninois, pour “détournement de deniers publics et abus de fonctions”. Seulement, cette condamnation à l’allure d’un feuilleton mexicain  qui intervient après celles de   Sébastien Ajavon et de Lionel Zinsou, tous éventuels challengers de taille pour la présidentielle de 2021, entonne le requiem de toute opposition pure à la galaxie Patrice Talon, pour le compte de cette randonnée électorale.

 

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Et de trois pour la vraie Opposition béninoise. Après Sébastien Ajavon condamné à 20 ans de prison pour “trafic de drogue”, Lionel Zinsou de 4 ans d’inéligibilité et 6 mois de prison avec sursis, c’est désormais clair pour le cas de Komi Koutché. « 20 ans de réclusion criminelle, 500 millions de F Cfa d’amende, confiscation de ses avoirs en banque et biens immobiliers, 21 milliards de F Cfa réclamés à lui et à d’autres et ce, à verser solidairement à l’Etat béninois à titre de dommages et intérêts et mandat d’arrêt international  ». C’est ainsi ce qui attend l’ancien argentier national du dernier gouvernement de Boni Yayi. Ceci, dans le dossier de “détournement de deniers publics et abus de fonctions”, lorsqu’il dirigeait le Fonds national de la microfinance (Fnm). Pour y arriver, le chemin a été long tant pour l’État béninois, que pour le mis en cause. Des décisions de justice bafouées par l’État béninois aux mandats d’arrêts au forceps en passant par l’irrégularité des procédures, tout a été mis sur pieds pour que seule la version d’un camp triomphe sur la vérité voulue de tous dans cette affaire, teintée au départ d’une ligne très brisée. Et à l’arrivée, l’objectif de condamner Komi Koutché quelles que soient les circonstances a été atteint. D’autant plus qu’il a écopé de la peine maximale au cours de ce procès fade et désintéressé, l’on pourrait tenter de dire que cet objectif est même plus que atteint. Et en cela, ce n’est pas Komi Koutché seul qui sort pour l’heure perdant. L’Opposition béninoise, celle vraie et de souche pure en pâtisse aussi. Il suffit de regarder de près 2021, pour s’en convaincre. En effet, après avoir été fragilisées par les différentes réformes politiques initiées à tort ou à raison par Patrice Talon et les siens à l’Assemblée nationale, les différentes formations politiques de cette Opposition à défaut d’être déchiquetées et réduites à néant, ont vu leur notoriété et reconnaissance légales disparaître. Pis, les élections législatives non inclusives d’avril 2019, ont définitivement troué ces partis politiques opposés au régime. Malgré même le fait que le nouveau code électoral en son article 132 exige de tout candidat à la présidence et vice-présidence au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires, cette Opposition n’a pu cette fois-ci se faire dignement représenter aux communales et municipales à l’instar des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), dont nul n’ignore la vraie destination. A cette étape où tout était déjà difficile pour les potentiels candidats de l’Opposition de challenger pour cette présidentielle, il fallait un dernier coup de massue, pour empêcher définitivement toute velléité d’idées contraires et/ou critiques envers le régime de Patrice Talon, à cette présidentielle. Et cela n’a pas raté. Puisque après leur condamnation, Sébastien Ajavon et Lionel Zinsou, réunissant tous les critères de potentiels candidats sérieux et populaires, sont dès lors out et par ricochet hors de ce jeu électoral à venir. Étant le seul à encore détenir un casier judiciaire vierge après l’élimination sur tapis de ces deux autres Opposants de taille, Komi Koutché n’a donc pu se soustraire à la règle. Par sa condamnation donc, plus rien ne reste à cette Opposition quant à 2021. À l’opposé, le terrain est plus que jamais fertile à la mouvance au pouvoir. Car, en l’absence d’un adversaire  sérieux, Patrice Talon et ses affidés pourront se permettre tous les jeux politiques à cette élection. Ainsi, plus personne du moins de l’Opposition ne peut encore faire obstacle à cette galaxie dans sa reconquête de ce pouvoir d’État, pour une seconde fois.

Janvier GBEDO (Coll.)

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