Décès de l’ancien président de l’Olympique de Marseille: Le témoignage de Franck Simon de France Football

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Le monde du football français voire africain et mondial a perdu l’un de ses fils. Il s’agit de l’ancien président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf. Dans la nuit du mardi 31 mars 2020, le Franco-sénégalais n’est pas sorti vainqueur de son duel sanitaire face au Coronavirus qui a malheureusement eu raison de lui. Une énorme perte pour le football africain quand on sait que l’homme était un maillon essentiel de l’avenir footballistique de plusieurs joueurs africains. Lisez à ce propos, le témoignage du journaliste français de France Football, Consultant Canal+ Sport Afrique, Franck Simon. Dans ce témoignage, il a dans un premier, fait part de son sentiment quand il a appris la triste nouvelle avant de parler de l’homme, feu Pape Diouf…

 

«C’est évidemment avec une affine tristesse que j’ai appris hier soir (mardi 31 mars, ndlr), la disparition de notre grand-frère Pape Diouf. Une disparition qui m’a  fait couler des larmes tout au long de la soirée. Des larmes qui n’étaient pas feintes parce que c’est quelqu’un que j’ai infiniment apprécié déjà avant même de commencer ma carrière de journaliste. J’admirais en lui l’agent qui s’occupait des Basile Boli, Abédi Pélé, Joseph Antoine Bell, Marcel Dessailly. C’était quelqu’un qui a su défendre bec et ongles les grands joueurs africains ou d’origine africaine dans le championnat de France. Il était le premier de son genre, de cette catégorie. Ce qui m’a aussi marqué, c’est la création de l’hebdomadaire le Sportif. Lui, l’ancien journaliste, il a laissé en 1991 le titre le Sportif quelques mois avant la Coupe d’Afrique des Nations au Sénégal. Je n’étais qu’un jeune journaliste débutant en France et j’avais eu connaissance du lancement de ce titre dirigé par Mamadou Doukoumé et je m’étais empressé de m’abonner. Je n’avais pas beaucoup de revenus mais je m’étais abonné pour pouvoir suivre ce titre où Arsène Wenger était chroniqueur. C’était aussi l’œuvre de Pape dans son pays le Sénégal où il avait lancé cet hebdo qui était extrêmement bien écrit avec beaucoup de qualité. J’ai gardé d’ailleurs ma collection précieusement parce que c’est quelque chose que j’ai aimé. Ça a accompagné cette Coupe d’Afrique des nations au Sénégal et c’est seulement quelques années plus tard (quand j’ai commencé par travailler 1990) que j’ai eu à le croiser, et pouvoir échanger avec lui. Ce que j‘aime chez Pape, c’est sa qualité d’orateur, son extrême élégance, sa courtoisie avec les gens. C’est aussi quelqu’un extrêmement structuré, très discipliné dans sa pensée et grande fermeté dans ses propos. Il sait très bien défendre ses idées. Et puis, j’ai eu à l’interviewer à l’occasion de débat pour France Football où on a eu des réflexions générales sur le football africain. Il était toujours très pertinent dans ce qu’il racontait, très piquant aussi. Il faisait partie de ceux qui écornaient ces derniers temps la gouvernance actuelle de la Confédération africaine de football. Il ne s’en cachait pas. J’ai rarement évoqué avec lui Olympique de Marseille parce que, ce n’est pas un club que je suivais pour France Football. J’ai aussi eu la chance, le privilège de le croiser lors de mes déplacements en Afrique. Je l’ai croisé sur le continent au Cameroun, souvent en Côte-d’Ivoire. Il aimait la Côte-d’Ivoire et on a eu l’occasion de se retrouver dans un cadre un peu plus privé que celui entre journaliste. Et puis, depuis 2018, et mon arrivée dans le petit cercle des consultants de l’émission Talent d’Afrique, on s’était retrouvé sur certaines émissions et j’appréciais toujours plus le personnage Pape. Moi, je ne l’appelle pas Président mais Pape tout simplement. Je crois qu’il connaissait mon amour immodéré pour le continent africain et le football africain. Nous avons cette passion en commun et j’avais vraiment du plaisir à partager ces quelques heures sur les plateaux de Talent d’Afrique en particulier. Sa disparition me cause grande peine comme elle cause une grande peine partout en Afrique et même en France. Il y a eu des réactions très importantes. Au moment même où je vous parle, il y a des larmes qui montent parce qu’évidemment c’est quelqu’un qui aura beaucoup compté dans notre football français depuis la fin des années 1980 et un grand personnage qui nous a quittés. Merci Pape ! »

Propos recueillis par : Abdul Fataï SANNI

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