Karfa Diallo au sujet du plaidoyer sur le texte de loi sur la traite: « Cette loi permettra à la jeunesse africaine d’être consciente de sa valeur »

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Le Sénégalo-français Karfa Diallo vit depuis 24 ans en France précisément à Bordeaux, une ville profondément marquée par l’histoire de l’esclavage. Ayant fait un tour en terre béninoise pour commémorer avec toute la communauté le mois de l’histoire de l’Afrique, l’activiste parle de l’objectif de sa descente.

 

Matin Libre : Vous êtes à Cotonou pour émettre un plaidoyer visant à déclarer l’esclavage comme un crime contre l’humanité à travers des textes de lois. Quel est le réel mobile d’une telle initiative ?

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Karfa Diallo : Fondamentalement ce projet émane de notre expérience à Bordeaux. C’est l’expérience d’une diaspora africaine en France qui subit le racisme. Une diaspora qui n’est pas reconnue dans ses droits fondamentaux d’être, dans ses droits à la mémoire. Et il a fallu se battre pour que les européens puissent reconnaitre et respecter notre histoire, notre mémoire et notre sacrifice. Et en France on a pu avoir une loi qui a été votée en 2001 et qui déclare la traite négrière et l’esclavage comme un crime contre l’humanité.  Une reconnaissance qui est extrêmement importante et qui a des effets concrets et réels. Ce n’est pas que du symbole. Puisque par la loi il était question qu’on mette en place une véritable politique de lutte contre le racisme, une véritable politique d’intégration. C’est cette expérience qui nous a permis en 2010 de nous adresser au Sénégal dont je suis d’origine, pour dire mais on ne comprend pas, comment l’Afrique peut être aussi oublieuse de l’histoire de l’esclavage alors qu’elle a vu des centaines de millions de ses fils arrachés à tout jamais? Dans ce sens nous avons réussi à convaincre l’Etat du Sénégal sous l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade qui a contribué à voter cette loi en son temps. Et cette loi a maintenant presque dix ans au Sénégal et a également une de commémoration chaque année. Poursuivant cette campagne de plaidoyer, nous sommes allés en Guinée pour porter les mêmes doléances. Et c’est dans cette même veine que nous sommes venus au Bénin qui représente pour nous la Mecque de l’histoire de l’esclavage. C’est l’un des rares pays de l’Afrique de l’Ouest le plus marqué par cette histoire de l’esclavage. D’où l’urgence et une évidence de venir ici porter ce même plaidoyer. Parce que le Bénin, depuis un certain, est à l’avant-garde du combat pour restaurer la dignité de l’Afrique dans  les mémoires. On sait que le Bénin est pionnier dans la réclamation des biens culturels pillés sur les côtes de l’Afrique. C’est alors que nous avons pensé que si le Bénin pouvait voter cette loi, cela donnerait plus de force au continent d’une manière générale. Cette loi  permettra à la jeunesse africaine d’être consciente de sa valeur.

Propos recueillis par TG

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