Bénin/Participation des partis politiques aux communales de 2020: Les Fcbe, comme au dialogue politique

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A contrario, des Législatives exclusives, les élections communales et municipales de mai prochain seront ouvertes à l’Opposition. Tel est le veut du chef de l’Etat. Mais de quelle Opposition s’agit-il ? Avec le parti Fcbe, tout est visiblement réuni aujourd’hui pour que les communales se passent comme le dialogue politique d’octobre 2019. Et pour cause…

 

Seul parti politique d’envergure se réclamant de ” l’opposition dure” à vouloir participer aux communales, les Fcbe n’ont pas fini de lutter contre le virus de la division qui ronge le parti depuis l’organisation d’un congrès en catimini par certains ténors du parti. Congrès à la suite duquel l’administration Talon a fini par leur donner le récépissé qui les avait empêchés d’aller aux élections législatives en 2019. Même après la réconciliation conduite par Boni Yayi, la question de ” participation saine ” du parti aux prochaines communales reste problématique. La volonté exprimée par l’autre camp d’aller au congrès avant les communales divise. Les nouveaux ténors, considérés avant la réconciliation comme des traîtres et proches du pouvoir, rejettent une telle proposition. Pour eux, pas de congrès avant l’installation des conseillers communaux qui seraient élus. Ce bras de fer pourrait persister jusqu’aux élections. Si tel était le cas, l’aile Paul Hounkpè, nouveau secrétaire exécutif et détenant les documents du parti qu’elle refuse de transmettre au président d’honneur et leader charismatique Yayi Boni, pourrait présenter la liste au scrutin. Exactement comme ce fut le cas en octobre dernier quand le gouvernement du président de la République, Patrice Talon, avait organisé un dialogue politique auquel Paul Hounkpè et compagnie ont pris part, alors que la veille le mot d’ordre du parti était le boycott. Les Fcbe pourraient alors aller aux communales sans l’onction de Boni Yayi qui incarne le vrai visage de l’Opposition face au régime en place.

Les scénarios plausibles

Si le parti se présentait à ces communales sans que le congrès ne soit organisé, ce serait certainement contre la volonté de l’aile dure qui désavoue les ténors détenteurs des documents. Ce serait également contre la volonté de l’ancien chef de l’État, leader charismatique du parti qui veut d’ailleurs se retirer momentanément à cause de la position de ses anciens ministres Paul Hounkpè, Théophile Yarou et compagnie.

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Au cas où ce malaise ne serait pas réglé dans un bref délai avant les élections communales, la thèse de la paternité du parti pourrait amener les deux camps devant les tribunaux, comme c’est le cas pour la Rb et le Psd. La conséquence, le parti serait privé de toute participation à une élection tant que l’affaire de la paternité n’est pas vidée par la justice. Ce serait une bonne affaire pour le pouvoir qui aurait déjà prouvé sa bonne foi à l’opinion nationale et internationale en faisant preuve d’ouverture et en prenant des mesures pour faciliter une large participation à une douzaine de partis politiques. La Rupture servira à l’opinion l’argument de crise interne qui n’a rien à avoir avec le gouvernement.

Le même argument sera valable au cas où, malgré la dissension, le parti arriverait à prendre part à ces élections mais n’obtiendrait pas les 10%, soit parce que les populations auraient compris que Yayi Boni n’a pas cautionné la liste.

Mais au cas où, malgré tout, le parti va aux élections et obtient les 10% de suffrages exprimés au plan national avec à la clé des conseillers communaux ou municipaux élus et 16 au moins des mairies contrôlées, l’enjeu de parrainer un ticket présidentiel candidat serait là. Les éventuels maires Fcbe dont Yayi n’aurait plus le contrôle pourront-ils réellement parrainer contre le pouvoir ? Difficile de le dire puisque dans l’opinion ils ne seraient pas vus comme des Fcbe bon teint. N’est-ce pas là aussi l’objectif de l’aile qui souhaite la tenue du congrès deux semaines après l’installation des conseils communaux ?  Sinon, si l’objectif est vraiment de sceller la réconciliation, pourquoi refuser que le congrès se tienne avant l’élection ? Cela ne cache-t-il pas un non-dit ?

Dans l’un ou l’autre des scénarios, le cas Fcbe pour le parrainage d’un duo présidentiel de l’opposition en 2021 reste hypothétique. Sauf cataclysme.

M.M

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