Boycott des communales: Azannai entre échappatoire et bonne foi

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Le parti Restaurer l’espoir de Candide Azannai est hors course pour les communales. Cette décision prise par le Bureau exécutif national a surpris plus d’un du fait que le parti a, après toutes les démarches, pu entrer en possession de son récépissé définitif. Mais à y voir de près, le refus d’aller aux élections n’est pas du tout anodin. Il trouve son justif soit dans la difficile équation des 10%, la question du financement de la campagne, soit dans l’envie de clouer le bec à ceux qui voient Azannai comme l’indic du pouvoir au sein de l’Opposition.

 

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Les raisons évoquées par le parti Restaurer l’espoir sont claires. Les communales n’ont aucun enjeu national pour le parti dans la mesure où les lois qui l’organisent violent l’essence même de la démocratie. Elles sont non égalitaires car elles viennent à la suite des élections législatives exclusives qui ont généré des violences meurtrières. Dans ces conditions, pour le parti de Candide Azannai, y participer serait une caution à la forfaiture électorale, une profanation de la mémoire des victimes innocentes tuées les 1er et 2 mai 2019 à Cotonou et à Kandi. Vu sous cet angle, et quand on sait quelles ont été les revendications de l’Opposition tout au long de la crise post-législative, lesquelles revendications sont noyées dans les mesures d’apaisement prises à la faveur d’un dialogue tout aussi « exclusif », on peut dire que la démarche qu’il convient à l’Opposition, la vraie, c’est le boycott des communales de mai 2020. Mais il n’y a pas que ça.

Echappatoire ?

Tout parti politique qui désire participer aux communales doit prendre en compte la question des 10% au plan national.  Article 184 du Code électoral: « Seules les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à l’attribution des sièges ». Cette disposition crée une nouvelle donne dans le paysage politique national. Il faut avoir désormais une envergure nationale avant d’aller à l’attribution des sièges. A l’état actuel des choses, quel parti peut se targuer de réussir ce pari, à part peut-être les Fcbe, le Br et l’Up ? Que cela soit le Prd, l’Udbn, Moele-Bénin et les autres, ce n’est pas évident. Encore moins pour le parti Restaurer l’espoir qui n’a pas d’ancrage dans les 77 communes du Bénin. Les seules fois où le parti de Candide Azannai a réalisé un meilleur score, c’est quand il est allé en alliance et cette performance n’a été réelle qu’à Cotonou. Dans ces conditions, par quel miracle le parti peut espérer avoir 10% au plan national ? Quand on ajoute à cela, la question de financement qui reste une équation difficile pour tout « vrai » parti d’opposition dans le contexte actuel, renoncer à ces élections est la décision la plus sage que pourrait prendre Restaurer l’espoir.

 

Une preuve de bonne foi…

A chaque sortie médiatique, Candide Azannai ne cesse de marteler sa foi pour une opposition radicale au régime de la Rupture. Mais à chaque fois, une certaine opinion émet des réserves. Cette opinion va jusqu’à évoquer la thèse d’ « espion » au profit du pouvoir de la Rupture. Maintes fois, Candide Azannai s’en est pris à ceux qui véhiculent une telle idée. Le refus d’aller aux élections n’est-elle pas une réponse à ces personnes ? Supposons un instant que le parti va aux élections, et comme on s’en doute, ne réussit pas à avoir les 10%. Ni Re, ni Fcbe encore moins le Prd, l’Udbn et Moele-Bénin n’ont les 10%. Du coup, seuls les partis Br et Up se retrouvent à l’attribution des sièges. Les détracteurs de Candide Azannai pourraient revenir à la charge, l’accusant d’avoir fait le jeu du pouvoir et de conduire l’Opposition à l’abattoir. Ce serait à coup sûr de l’eau au moulin de ceux-là qui n’ont jamais cru à la sincérité de Candide Azannai. Alors, quelle meilleure profession de foi que de boycotter ces élections tout en exigeant le rétablissement de la démocratie, de l’état de droit et des libertés publiques ? Conclusion, entre échappatoire et refus de cautionner la forfaiture, Azannai a trouvé le juste milieu. N’est-ce pas ce qu’on appelle faire d’une pierre, deux coups ?

B.H 

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