Bénin/Participation aux élections communales: Opposition : entre euphorie et incertitude

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Les élections communales approchent à grands pas et c’est l’effervescence dans les chapelles politiques. Contrairement aux dernières législatives où la bataille était réduite aux seuls partis créés par Patrice Talon, certains partis de la mouvance et d’autres de l’opposition radicale, comme modérée ayant obtenu leur certificat de mise en conformité sont dans la course. Pour sa part, le chef de l’Etat se veut rassurant, quant à la tenue d’élections libres, transparentes et ouvertes à tous. L’heure est donc à la mobilisation pour la victoire au soir du 17 mai 2020, date prévue pour la tenue des communales. Seulement, si certains se réjouissent de pouvoir participer enfin aux élections après les déboires d’avril 2019, où plusieurs partis politiques se sont vu empêchés de prendre part aux élections, faute de reconnaissance légale de leur parti, il n’en demeure pas moins que des inquiétudes demeurent quant à la participation effective et à l’issue du scrutin. Face au régime de la rupture, certains se veulent être prudents pour avoir été échaudés pendant les législatives. En effet, alors qu’aucun texte de la République ne l’a prévu, la cour constitutionnelle avait exigé quelques mois avant les élections, l’octroi par le ministre de l’intérieur, d’un certificat de conformité, préalable à toute reconnaissance légale des partis politiques au Bénin. Les critères de délivrance de ce qui était devenu le précieux sésame pour l’entrée en lice étaient si corsés, que ce sont les seuls blocs du chef de l’Etat qui ont pu remplir les formalités pour l’obtenir. Ce qui pour l’opinion est un facteur limitant, une astuce pour empêcher la compétition. Par ailleurs, bien qu’ayant obtenu ledit certificat, certains partis politiques se sont vu écartés du fait des fautes qualifiées de « majeures » par la Commission électorale nationale autonome (Céna). Le Parti du renouveau démocratique (Prd), bien que soutenant les actions du chef de l’Etat n’a pu prendre part à la course, du fait des doublons de candidatures avec un autre parti favorable à Patrice Talon. Ce qui était interprété comme la sanction du pouvoir contre Adrien Houngbédji, président du parti, pour s’être retiré de l’un des blocs auxquels il appartenait pourtant à la création. Aujourd’hui encore, quand bien même le chef de l’Etat ne cesse de clamer à qui veut l’entendre, la transparence des élections communales, des doutent persistent. Les déclarations de Patrice Talon sont mises en doute au point où des démissions de militants sont enregistrées en cascade des autres partis vers les deux blocs.

Autant que les législatives, les communales demeurent une élection stratégique du fait de l’introduction dans le code électoral, du principe de parrainage des candidats à la présidentielle par les élus. L’enjeu est de taille et au-delà du simple contrôle de gestion des communes, il faut désormais s’assurer du soutien des maires pour prétendre postuler au poste du président de la République. Vu la tendance actuelle, avec l’obtention du certificat de conformité par la Fcbe et la participation du Prd à la course, d’aucuns s’interrogent sur la nouvelle trouvaille de Patrice Talon pour une victoire écrasante. Bien qu’engagées sur le terrain pour préparer le scrutin, les personnalités politiques n’appartenant pas aux deux blocs ne s’illusionnent pas.  Même si le scrutin se déroule en toute transparence et en toute objectivité, les inquiétudes demeurent. Au-delà du vote à exprimer par les électeurs, qui pourrait ne pas être favorable au pouvoir, l’exécutif n’a-t-il pas d’autres plans pour s’assurer le contrôle des mairies pour la prochaine mandature ?

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Th. A.

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