Entretien avec le promoteur du Tic2f: «…Faire du Bénin, le pays où se révèlent les talents de demain», dixit Mounirou Daouda

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Du 6 au 12 avril 2020, le 10e chapitre du Tournoi international des centres de formation de football (Tic2f) va réunir plusieurs jeunes joueurs au Bénin. Dans ce cadre, dans un entretien qu’il nous a accordé, le promoteur Mounirou Daouda fait le bilan des neuf dernières éditions avant de lever un coin de voile sur les innovations qui caractérisons des 10 ans du tournoi. Lisez-plutôt !!!

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D’où est venue cette inspiration d’organiser le Tic2f

En 2011, nous avons souhaité offrir un cadre d’expression aux jeunes footballeurs évoluant dans les centres de formation. A l’issue du premier tournoi expérimental soutenu par l’international Abou Maïga, de nombreuses personnes ont salué l’initiative et nous ont encouragés à la poursuivre.

 

Quels étaient les objectifs du départ et sont-ils atteints ?

Le premier objectif est de permettre aux centres de formation de football béninois de se jauger. Il est largement atteint. Le deuxième est de faire du Bénin le pays où se révèlent les talents de demain. Le Tic2f est devenu l’un des meilleurs tournois internationaux pour les centres de formation en Afrique noire. Le Bénin peut en être fier. Enfin, il s’agissait de faire le marketing du footballeur africain. Cet objectif est largement atteint également. Les chiffres en attestent.

 

Après 9 ans d’expérience, quel bilan peut-on faire?

En 2019, à l’issue de la 9e édition, nous avons eu 9 invitations pour des jeunes footballeurs béninois, maliens, Nigérians, ivoiriens. 6 ont déjà fait leurs essais en Europe de septembre à novembre 2019. Certains repartiront, d’autres n’ont pas le niveau. 3 sont en attente de leurs visas pour des essais en janvier et février. En 9 éditions, nous avons ainsi obtenu plus de 20 invitations pour des essais en Europe. 6 joueurs ont signé un contrat professionnel en Europe. Nous pouvons citer les Béninois Charbel Gomez et Youssouf Assogba évoluant à Amiens Sc en France. Le malien Boubacar Konté, passé par l’Etoile de Mandé, élu meilleur espoir et meilleur joueur Tic2f en 2017 et 2018 est à Sarpsborg au Danemark. Les Nigérians Babatundé Piponsu de 36 Lions, finaliste en 2016, évoluant au Portugal, Attah Kadiri de Sunsel FC, meilleur buteur Tic2f 2018, sont désormais à Ostersunds en Suède. Alhassan Yussuf, Prix Spécial Tic2f en 2018 avec FC Hearts, évolue depuis un an à Göteborg en Suède également.

La 10e édition est déjà dans les esprits. Quelles seront les innovations pour marquer cette édition ?

Du 6 au 12 avril 2020, le Bénin, au lieu de présenter 3 équipes, n’en aura qu’une seule cette fois-ci. Ce sera une sélection issue du Tournoi d’évaluation du Ministère des Sports. Le tournoi se jouera avec 10 équipes. La tendance est que ce soit 10 pays différents. C’est difficile à faire, mais pas impossible. Les recruteurs veulent voir des matches de grande qualité avec une très bonne intensité. Nous passons donc à 4 matches de groupes par équipe. Ensuite, en 2020, nous avons 3 parrains. Jimmy Adjovi-Boco, Japhet N’Doram et Mikaël Silvestre. Ces trois font un bel alliage entre l’Afrique, sa diaspora et son histoire. Ce sont 3 personnalités de référence du football mondial. Nous avons également prévu de nombreux échanges entre nos parrains et différents acteurs du football béninois.

Quels sont les centres qui ont déjà annoncé leur participation ?

Nous pouvons annoncer l’Académie des Etoiles de Libreville au Gabon (une première). Outre la sélection des académies béninoises, FC San Pedro de la Côte-d’Ivoire, FC Mbarakou du Mali, Clique Sports du Nigéria (vainqueur en titre), As Révélation du Burkina Faso. Pour les 4 places restantes, nous avons une longue liste d’attente et les académies inscrites sont en train de remplir les formalités et fournir les garanties de leur sérieux.

Après 9 ans de parcours, quel joueur aviez-vous placé et dont vous êtes fier du travail  ?

On ne peut en ressortir un seul. Aujourd’hui, ils sont déjà 6 en Europe comme nous l’avons détaillé et croyez-moi, d’autres émergeront encore et feront parler d’eux.

Pourquoi le footballeur béninois a du mal à s’imposer une fois hors du Bénin et que faut-il faire ?

Il dépend du travail de tous les acteurs. De la base au sommet et du sommet à la base. C’est dans les deux sens. Nous avons besoin de former les acteurs sur la durée. Il n’y a pas de miracle en sport. Les compétitions des jeunes doivent devenir des institutions au même titre que le championnat national. La formation des formateurs est une clé. Le talent existe partout au monde. La différence se fait au niveau des systèmes de détection et de formation. Enfin, il y a l’éducation au sens large du jeune footballeur. A 15 ans, ils sont géniaux, à 20 ans, ils sont en échec. Entre-temps, il y a donc eu des mauvaises passes. Il faut améliorer l’environnement global que constituent les coaches, les kinés, les responsables administratifs, les parents, les professeurs, les managers etc.

L’acte 10 du Tic2f est déjà là, quelles sont vos relations avec la Febefoot et le ministère des sports ?

Nous pouvons toujours compter sur la Fédération béninoise de football. Sans ses arbitres, il n’y a pas de match. Le Président De Chacus nous soutient chaque année depuis son élection et même avant celle-ci. Pour sa part, le Ministère des sports nous a toujours soutenus. Au Bénin, 90% des terrains appartiennent à l’Etat et en les utilisant, nous bénéficions déjà du soutien de l’Etat. En 2019, nous avons franchi un nouveau cap avec le Ministère des Sports à travers la Direction de la formation sportive avec la participation de Kalala de Djougou au Tic2f comme vainqueur du tournoi des centres de formation du Mjsl. En 2020, c’est une sélection issue du tournoi Mjsl qui va représenter le Bénin. On est donc en parfaite harmonie avec le Ministère des Sports.

Un mot pour clore cet entretien…

 

En organisant 10 éditions de suite, nous avons prouvé que rien n’est impossible au Bénin quand on se donne tous la main. Nous remercions tous ceux qui nous ont toujours accompagnés et nous promettons de faire rayonner encore plus les talents africains et béninois à travers le Tic2f. Je vous remercie.

Propos recueillis par : Abdul Fataï SANNI

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