Rupture de contrat des enseignants, aspirants et réquisition d’enseignants : Mahougnon Kakpo, pour achever ou sauver l’école béninoise?

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Si depuis des décennies, l’école béninoise souffre de plusieurs maux et serait même agonisante avant l’avènement de la Rupture, elle semble plus que jamais au bord du gouffre depuis 2016 notamment avec des réformes encore loin de solutionner ses problèmes. De la réforme des aspirants à la rupture de contrat des enseignants reversés en 2008 sans oublier la réquisition des enseignants pour enseigner une matière dont ils n’en ont pas la compétence, le Conseil national de l’éducation non fonctionnel, le ministre Mahougnon Kakpo ne semble pas détenteur des remèdes pour l’école béninoise…

 

Pendant que des milliers d’aspirants au métier d’enseignant recrutés et déployés dans les établissements scolaires se plaignent de n’avoir pas perçu de salaire depuis la rentrée des classes soit depuis environ trois mois, des enseignants contractuels reversés en 2008 viennent d’être remerciés. Par décision année 2019 N° 621 MESTFP du 24 decembre 2019, il a été procédé à la rupture de leur contrat de travail pour avoir décidé de ne pas participer à l’évaluation diagnostique et intellectuelle, organisée par le gouvernement. Chose curieuse, la présente décision intervient à un moment où les gouvernants peinent à combler le déficit criard d’enseignants dans les établissements scolaires. Et le dernier rapport de l’Union nationale des associations des parents d’élèves et étudiants du Bénin (Unapeeb) en dit long. C’est une évidence que les activités pédagogiques tournent au ralenti pendant que le gouvernement se targue de la réforme des aspirants pour combler le vide sans succès. Une réforme qui d’ailleurs n’est même pas appréciée par les bénéficiaires, les enseignants vacataires. Ces derniers n’ont pas manqué de se faire entendre pour dénoncer le fait qu’ils soient davantage enlisés dans la précarité alors qu’ils plaidaient pour de meilleurs conditions. Quant aux enseignants reversés de 2008 dont les contrats ont été rompus, il importe de se demander si le ministre de l’enseignement secondaire a cerné tous les contours d’une telle décision dans le contexte actuel. Certes, le gouvernement avait menacé de sévir contre les « boycotteurs » de l’évaluation diagnostique mais on s’attendait plutôt à ce que le gouvernement sauve les meubles. Car dit-on, des circonstances exceptionnelles appellent à des mesures exceptionnelles voire des concessions. A présent, le pire est là et l’école béninoise pourrait croupir davantage sous le poids des réformes et décisions inopportunes. La meilleure décision n’était sûrement pas celle-ci. Et comme conséquence immédiate, le gouvernement procède à la réquisition d’enseignants d’histoire-géographie et d’anglais pour dispenser les cours de français dans les établissements scolaires. Une décision visiblement incompréhensible quant on sait combien le gouvernement de la Rupture s’investit dans la qualité de l’offre éducative au Bénin. Que peut-on espérer des enseignants déployés pour dispenser une matière dont ils n’en ont pas les compétences? La ruine de l’école béninoise semble dès lors inévitable. Et comme pour sceller le sort de l’école, le Conseil national de l’éducation n’est toujours pas fonctionnel depuis des mois. Comment peut-on comprendre que l’institution chargée de l’orientation et de la mise en oeuvre des politiques de l’éducation n’existe que de nom jusqu’à ce jour? Les ministres en charge de l’éducation méritent-ils de poursuivre l’aventure aux côtés du Chef de l’Etat qui veut poser des actes forts dans tous les secteurs avec l’éducation comme priorité? Loin d’être un oiseau de mauvais augure, il faut avouer qu’ils sont en train de faillir et il importe que les meubles soient sauvés à temps afin que l’école béninoise ne connaisse une mort prématurée.

 

M.M

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