Mort du franc CFA: Moïse Kérékou, l’inspirateur de la nouvelle Afrique

641

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Annoncée samedi soir par le président Alassane Ouattara, la disparition du franc Cfa au profit de l’Eco est pourtant le résultat d’une longue lutte dans laquelle plusieurs personnes ont joué des rôles déterminants. En dehors des pourfendeurs attitrés et affichés de la Françafrique, il y aussi des inspirateurs qui, par leurs réflexions et leurs idées, ont été les précurseurs de ce changement. Moïse Kérékou en fait partie.

On ne l’a toujours pas vu au front des contestations anti-Cfa ou sur les plateaux des chaînes de télévision des diatribes contre la monnaie coloniale. Pourtant Moïse Kérékou a été, à tout point de vue, un précurseur du processus d’effondrement de la monnaie imposée à l’Afrique depuis les indépendances. Son rôle ne fût pas celui des pourfendeurs ordinaires ou des leaders qui, en quête de popularité, envahissent les médias pour dénoncer le franc Cfa. Il était de la lutte mais à  un niveau où il est moins visible que son compatriote activiste Kèmi Séba. Dans un récent dossier intitulé « Afrique-France : le grand malentendu », l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique N°3073 le classe dans la catégorie des « inspirateurs » pour avoir contribué à travers ses écrits, ses interventions dans les ateliers , les conférences internationales pour une nouvelle relation France-Afrique plus égalitaire, une coopération sans animosité qui permet à l’Afrique de s’épanouir, de privilégier sa construction et d’ouvrir sur le monde. Son livre « Union Africaine et le processus d’intégration » publié aux Editions canadiennes Fitila est un chef-d’œuvre qui prône un afro-optimisme basé sur l’intégration économique. Dès que cette décision a été rendue, il a réagi sur sa page facebook, s’est réjoui de cette décision en même temps qu’il s’inquiète de la non prise en compte de la convertibilité de la nouvelle monnaie en des devises étrangères comme le livre Sterling, le dollar, le Yuan ou le Dinar. « Tant que je ne peux pas changer mon ECO en livre Sterling, en Yuan chinois ou en Dinar koweitien, et que je dois toujours transiter ou faire escale en Euro, le problème persiste. Car quelqu’un ou un groupe à travers sa monnaie contrôle toujours et a un œil sur mes opérations et peut décider du jour au lendemain de me priver de sa plateforme de transit. Dans ce cas, comment je me rends ou j’opère avec le reste du monde ? Il ne faut pas donner le mouton et garder en même temps la corde », a-t-il déploré.

Désigné « Homme du mois » par le magazine féminin Amina, l’ambassadeur Moïse Kérékou qui possède de solides relations au Moyen Orient, dirige un fonds d’investissement créé par la diaspora africaine afin d’aider les jeunes entrepreneurs du continent. Il a reçu en Mars 2019 le prix Turgot du livre économique de la francophonie. Panafricaniste et humaniste,  président du Mouvement pour la relève(MPR), Moïse Kérékou a aussi écrit un dernier livre intitulé «  le manifeste de la relève » paru en 2016 aux éditions Fitila et dans lequel, il fait un bon diagnostic du sous développement, fait des propositions et demande aux africains de se libérer de la pauvreté mentale.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise les cookies pour améliorer votre expérience. Êtes-vous d'accord ? Vous pourrez le désactiver à tout moment. Accepter Lire la suite