Climat : Les enjeux de la Cop25

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Dans un an, les parties signataires de l’Accord de Paris devront relever leurs ambitions climatiques pour espérer rester sous un réchauffement global de 2°C, voire 1,5°C. À un an de cette échéance décisive, ils se retrouvent à Madrid jusqu’au 13 décembre pour se réengager dans l’Accord de Paris et régler les derniers aspects techniques de sa mise en œuvre afin que la Cop 26 de Glasgow soit un succès.

 

L’objectif de la Cop25 est de passer aux étapes suivantes du processus Onu Changements climatiques, qui sont cruciales. L’un des objectifs clés définis après l’adoption des directives de mise en œuvre de l’Accord de Paris, conclu lors de la Cop24 en Pologne, est d’accomplir plusieurs tâches pour la réalisation intégrale de l’accord de Paris sur le changement climatique. La cop25 doit donc sonner le rappel des troupes avant 2020, année décisive pour l’action climatique.  C’est en effet à Madrid que les quelque 200 pays signataires du texte vont devoir unir leurs forces pour sauver un accord dont les objectifs semblent aujourd’hui difficiles à atteindre et ainsi assurer le succès de la Cop 26 de Glasgow. Pour l’instant, 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements d’ici 2020. Mais il s’agit de pays en développement, d’Etats insulaires et de pays les moins avancés. Ils ne représentent que 8 % des émissions mondiales, selon les experts. « Du côté des pays du G20, qui comptent pour 80 % des émissions mondiales, il n’y a aucune annonce concrète » regrette Lucile Dufour, responsable des politiques internationales au sein du Réseau Action Climat.

Selon une autre étude de la plateforme Action on climate together, publiée début novembre, parmi les 184 contributions nationales (Ndc) soumises à la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique (Ccnucc), seules 19 % affichent un objectif de plus de 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2030. Et 65 % des contributions sont insuffisantes, parmi lesquelles celles de la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Mexique et la grande majorité des pays africains et asiatiques. L’Union européenne, dont la nouvelle commission vient d’être approuvée, est très attendue.

 

L’Afrique pour une agriculture « climato-intelligente »

 

L’Afrique participe à la (Cop25) avec l’intention de demander plus de fonds de transition dédiés à une agriculture « climato-intelligente ». Alors que l’insécurité alimentaire du continent est aggravée par le changement climatique, trois pays, la Somalie, le Tchad et la Tunisie, ont rejoint, mardi 5 novembre, la coalition de 35 pays africains (sur 54), baptisée fondation Aaa (pour Adaptation de l’agriculture africaine) lancée par le Maroc en 2016 pour porter les intérêts de l’Afrique et de son agriculture dans les négociations à la Cop. Pour sa part, la Communauté économique des Etas de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) entend dynamiser les flux de financements climat au profit de l’Afrique de l’Ouest. Selon un rapport sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris en Afrique de l’Ouest, le besoin financier cumulé pour les 17 pays de la région (espace Cedeao, Tchad et Mauritanie), nécessaire à la mise en œuvre de leurs engagements climat à l’horizon 2030 s’élève au moins à 337 milliards USD. Elle organise donc à la Cop25, deux side-events : l’un  pour présenter son initiative ouest-africaine pour une agriculture intelligente face au Climat et l’autre pour présenter le mécanisme financier au bénéfice des acteurs agricoles de la région et de susciter l’intérêt des potentiels investisseurs, l’objectif de mobilisation étant fixé à 80 millions USD sur la période 2020-2027.

 

Thomas AZANMASSO

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