Les organisations communautaires font la différence dans la riposte au VIH

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Les communautés ont toujours joué un rôle important dans la riposte au VIH. Les gens se rassemblent, s’organisent, disent la vérité au pouvoir et réclament leur droit à la santé. Pour les personnes les plus vulnérables au VIH, il n’est pas exagéré de dire que les communautés font souvent la différence entre la vie et la mort.         

 

Pour les jeunes femmes et les jeunes filles et pour les groupes marginalisés et vulnérables de personnes telles que les hommes gays et d’autres hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les personnes transgenres, les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues, les prisonniers et les migrants, la voie de la santé n’est pas toujours aussi claire qu’elle devrait l’être. La stigmatisation et la discrimination, les lois répressives, l’ignorance et même la haine peuvent tous empêcher les personnes vulnérables d’accéder à la prévention, au traitement et aux soins vitaux.

C’est là que les communautés interviennent souvent. Les communautés de personnes vivant avec le VIH, de groupes marginalisés et vulnérables, de femmes et de jeunes dirigent et soutiennent la prestation de services de VIH, défendent les droits de l’homme et plaident pour l’accès aux services essentiels. Ils se battent tous les jours pour garder les gens au centre de la prise de décision et de la mise en œuvre et aider à s’assurer que personne n’est laissé de côté.

Les femmes et les filles sont l’épine dorsale du soutien aux soins dans leurs familles et leurs communautés, fournissant un travail non rémunéré et souvent sous-évalué dans la prise en charge des enfants, des malades, des personnes âgées et des personnes handicapées et soutenant des systèmes de soutien social fragiles. La participation et le leadership des communautés de femmes sont essentiels à la riposte au VIH et nous devons les soutenir et tirer parti de leur potentiel.

Les services communautaires soutiennent souvent les systèmes de santé publique fragiles en comblant les lacunes critiques ; ils sont dirigés par des femmes et d’autres populations marginalisées ou les entretiennent fortement ; ils offrent des services qui complètent les soins cliniques et ils étendent la portée des soins de santé à des groupes qui, autrement, passeraient à travers les lacunes.

Par exemple, au Bénin l’Observatoire Communautaire de Traitement conduit par le Réseau Béninois des Associations de Personnes Vivant avec le VIH (REBAP+) a permis d’améliorer les services VIH offerts sur les sites pilotes, notamment la disponibilité permanente des réactifs de dépistage et la demande de charge virale passée de 0% à 36% en 2 ans. Aussi les organisations de populations clés (PS, HSH et UDI) sont actives pour fournir à leurs pairs des services de Communication pour un Changement de Comportements en matière de VIH et de distribution de préservatifs et lubrifiants à leurs communautés. Dans le même ordre d’idées, les membres d’organisations de jeunes, formés au dépistage du VIH, appuient aux cotés des agents de santé les campagnes de dépistage du VIH dans les écoles à travers tout le pays avec plus de 5000 élèves dépistés dont 04 révélés positifs en 2018.

À une époque où la réduction du financement met en péril la viabilité des services de lutte contre le VIH, l’activisme communautaire demeure essentiel. En effet, une plus grande mobilisation des communautés est nécessaire de toute urgence et les obstacles qui les empêchent de fournir des services et de chercher des fonds doivent être démantelés. Les communautés doivent avoir l’espace et le pouvoir d’exprimer leurs demandes et d’écrire leurs propres solutions.

En 2016, les dirigeants mondiaux ont signé la Déclaration politique des Nations Unies sur l’élimination du sida, qui reconnaissait le rôle essentiel que jouent les communautés dans la défense des droits, la participation à la coordination des ripostes au sida et la prestation des services. De plus, ils ont reconnu que les réponses communautaires au VIH doivent être redimensionnées et qu’ils doivent s’engager à ce qu’au moins 30 % des services soient dirigés par la communauté d’ici 2030.

La plupart des pays sont loin d’atteindre cet engagement et là où l’investissement dans les communautés fait le plus défaut, les progrès sont souvent plus faibles dans la lutte contre le VIH et d’autres problèmes de santé.

Les communautés sont prêtes à jouer leur rôle dans l’édification de sociétés plus saines et plus résilientes, mais elles ont besoin de notre soutien. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrons les communautés, reconnaissons le rôle essentiel qu’elles jouent dans la riposte au VIH et engageons-nous à tenir les promesses qui leur sont faites.

 

Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA 

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